Une affiche touristique en 1920
La roche tremblante (en breton Maen-Dogan, Roc'h-ij, Ar Roc'h 'gren, Roc'h a kren) ou la pierre tremblante de Huelgoat se situe à Huelgoat (en breton "le bois d'en-haut"), dans le Finistère en Bretagne. C’est un tor* de 7 mètres de long pour 3 mètres de hauteur, de 137 tonnes, et qui, de par son érosion, est posée en équilibre et vacille par une simple poussée de la main.
Cette pierre est inscrite à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France pour les pratiques culturelles auxquelles elle donne naissance.
*En géomorphologie, un tor désigne un modelé de déchaussement de blocs ou de rochers dégagés par l'érosion.
La roche tremblante de Huelgoat.
(C'est un énorme rocher qu'il faut faire bouger)
Les gens d’ici s’amusent à raconter qu’en réalité une simple pression de l’index, à un endroit clé, fait l’affaire. Mais ce mastodonte pèse 137 tonnes, mesure 7 mètres de long pour 2,80 de large et 3 de haut. Tous les biceps d’une équipe de rugby n’y suffiraient pas. Obélix lui-même aurait eu une petite suée devant un tel morceau. A Huelgoat, au cœur de la Bretagne terrestre, loin des embruns et des mouettes rieuses, la terre s’est changée en une tempête de pierres. C’était il y a des millions d’années, dans le grand fracas qui souleva le mystérieux pays des monts d’Arrée. Eboulis aux remous qui nous dépassent, ce chaos granitique d’origine volcanique semble appartenir à un monde surnaturel. Alors, comment un simple mortel pourrait-il prétendre faire bouger la Roche tremblante ?
Cette forêt est fantastique. Il y a l’odeur ample des feuilles mortes, la bouffée tonique des fougères, les notes d’humus d’une poussée de champignons après l’averse. Il y a la sérénade des oiseaux, le souffle du vent dans les frondaisons, cette vibration de harpe celtique qu’émettent les feuilles quand elles remuent pour saluer le promeneur. Il y a enfin la musique guillerette de la rivière d’Argent, cours d’eau qui se donne des airs de torrent de montagne, dégringolant du haut du bourg tout proche, sautillant sur les gros galets ronds. [...]
Car, oui, elle bouge ! «Il suffit d’avoir le truc, de savoir se positionner», explique le guide tout en poussant là où il faut, sans se fatiguer, jusqu’à ce que le pachyderme de pierre tangue comme une barque sur la houle… Huelgoat est une forêt d’initiés.
Une autre fable avance que l’amoncellement serait la conséquence d’une bataille entre deux bourgades, Berrien au nord et Plouyé au sud. Les deux camps se haïssaient tant qu’ils se jetèrent des projectiles de plus en plus lourds, lesquels retombaient invariablement sur Huelgoat, à mi-chemin des belligérants.
Un peu plus loin, dans la grotte du Diable une autre légende surgit : «A la Révolution, dans cet antre glacial, se réfugia un sans-culotte que des chouans poursuivaient. Pour se réchauffer, il fit du feu : les flammes projetèrent sur les parois une ombre ressemblant à la silhouette du diable…» De quoi repousser l’adversaire royaliste. Ici, on aime raconter des histoires.
Le soir descend sur Huelgoat.
Il faut rentrer, il ne fait pas bon s'attarder dans cette forêt...