Dimanche 9 juin
La Pentecôte...
Faite pour être vue de loin, cette superbe enluminure peut-être admirée comme un tableau en Sicile.
C'est une belle enluminure tardive d'un grand livre de chœur, antiphonaire ou missel, de la fin du XVIe siècle. Une époque où de plus en plus de livres sont imprimés – l'imprimerie existe alors depuis un siècle. Et où par conséquent l'art de l'enluminure disparaît lentement mais sûrement.
Ce manuscrit est conservé dans la riche bibliothèque de l'abbaye de San Martino près de Monreale, et donc près de Palerme. Il s'agit d'une immense abbaye bénédictine fondée vers 573 par le pape Grégoire 1er, sur une vaste propriété ayant appartenu à sa mère. Elle fut rebâtie au milieu du XIVe siècle, puis encore une fois à la fin du XVIe siècle.
Sur ce livre grand format, de façon à être vu et déchiffré d'un peu loin par plusieurs chantres autour du lutrin, l'enluminure de la Pentecôte est contenue tout entière dans l'initiale S, pour spiritus – le Saint-Esprit – à la messe de la Pentecôte. Les notes carrées que nous apercevons s'appellent des neumes et sont propres au chant grégorien.
La composition de cette lettrine est remarquable et équivalente à un tableau, malgré sa petitesse – une quinzaine de centimètres . Les apôtres sont réunis au Cénacle, dont nous distinguons les fenêtres bien grillagées. Il fait sombre, et le Saint-Esprit survient dans une fulgurance de lumière : une grande colombe d'un blanc immaculé, ailes déployées, qui plonge vers eux dans un flamboiement de rayons dorés.
Des flammes à la fois rouges et or se répandent sur tous les présents. Un dais vert émeraude avec en son centre une tenture brodée de fil d'or se déploie derrière la colombe et derrière la Vierge Marie, qui siège au milieu des apôtres, dans la position d'une femme qui accouche assise.
Ces dais appelés « drap d'honneur » étaient déployés derrière les souverains au Moyen Âge et à la Renaissance. La Vierge est vêtue d'un somptueux voile bleu, peint avec du lapis-lazuli et ourlé d'or, sur une robe violette rappelant la Passion, mais rehaussée d'or pour signifier la Résurrection de son Fils.
Dans l'art occidental, ainsi que sur les icônes coptes d'Egypte, la Vierge figure au centre des apôtres de la scène de la Pentecôte, alors que sur les icônes et fresques orthodoxes elle n'apparaît pas. Les Actes des Apôtres ne la mentionnent pas, disant seulement : « Ils se trouvaient réunis tous ensemble dans un même lieu. » Le miniaturiste n'a représenté que onze apôtres, il a omis Thopmas qui venait déjà d'être élu. Les couleurs flamboyantes elles aussi : orange, vert jade, carmin, vert émeraude...
Même les chevelures des apôtres sont peintes avec de la poudre d'or . Ce kaléidoscope de couleurs exprime la variété des charismes apportés par l'effusion de l'Esprit sur le monde et sur l'Eglise, et l'infinie variété des talents et caractères des milliards d'hommes dans le monde et à travers toute l'histoire.
Marie-Gabrielle Leblanc
Hélas ! Mon séjour chez mon fils est terminé, me voici de retour dans mes pénates.
Ce séjour fut merveilleux comme chaque fois que je me retrouve en famille, la cérémonie de la communion de mon petit-fils était très belle. Après la messe, toute la famille a pu manger au jardin, le temps n'avait pas encore été détraqué par Miguel, mais ce dernier nous a copieusement arrosé et secoué hier.
Livia