« Je vis une foule immense que nul ne pouvait dénombrer ».
(Apocalypse 7, 9)
La Porte du Ciel
Peint par un peintre belge Marcel Hasquin en 1999
Le cercle de lumière, vers le haut du tableau, représente l’entrée au Paradis et le chemin vers la Lumière éternelle : Dieu.
Ce tableau d’une étrange beauté représente à la fois l’entrée des âmes au Paradis et un hommage à la Vierge Marie, appelée dans les litanies « Porte du Ciel » (Janua Coeli, en latin).
En effet, nous croyons qu’elle nous assitera à l’heure de notre mort, ce que nous lui demandons chaque jour dans le « Je vous salue Marie ».
Dans une lumière à la fois dorée et argentée, une âme, au premier plan, est guidée par deux anges gardiens qui la conduisent par la main en lui montrant la direction. Derrière eux, une foule immense d’élus sont en chemin dans un tuyau de lumière, vers l’entrée du Paradis. Ne disons-nous pas dans le Credo que le Christ est « Lumière né de la Lumière » ?
Ruysbroek, un mystique flamand du XIVe siècle, a écrit dans «L’Ornement des noces spirituelles que « Le rayonnement de Dieu est comme un abîme comparable à une immense lumière essentielle ».
Les nombreuses têtes peintes sur la bordure extérieure représentent ceux qui sont déjà morts, et les formes dorées sur la bordure intérieure ceux qui vont bientôt quitter la Terre.
Marcel Hasquin –qui travaille et expose à la communauté des Béatitudes à Mortain (Manche)- a vécu comme d’autres personnes une expérience de mort apparente et de sortie de son corps, il y a trente ans. Il vit un tunnel de lumière, sans savoir s’il était encore loin de la source de Lumière. Il cria « je ne suis pas mort » et revint à cette vie, ce qu’il regretta parfois ensuite tellement ce qu’il avait entrevu était beau.
Il a la certitude qu’il ne s’agissait pas d’un rêve. Une musique extraordinaire et indicible, douce et forte à la fois, le portait et le faisait avancer. Il se sentait aspiré par le tunnel et accompagné par des anges, bien qu’il ne pût les voir. Tout était sombre en dehors du tunnel, qui était un couloir de lumière intense et infinie.
D’autres peintre ont vécu une telle expérience et l’on retranscrite dans des tableaux célèbres. En Hollande, Jérôme Bosch peignit vers 1500 le triptyque des « Visions de l’au-delà » (Palais ducal de Venise), dont le volet droit, « L’Ascension vers l’Empyrée », montre des âmes guidées par leurs anges comme sur l’œuvre d’Hasquin, aspirées par l’intense lumière dégagée par un cylindre aux sphères concentriques.
Et en 1562, dans « La Chute des anges rebelles » (Musée royaux des Beaux-arts, à Bruxelles), le flamand Bruegel l’Ancien fit tomber les anges déchus se transformant en démons du tunnel de lumière du Paradis.
Marie-Gabrielle LEBLANC