La maison des vacances...
Les grands-parents font leur : Rentrée…
Les grandes vacances pour tous… Sauf pour beaucoup de grands-parents. Le mois de juillet sonne pour eux au contraire comme une rentrée scolaire, entre appréhension et excitation. Ils ont préparé leur maison comme un cartable, changer les joints des lavabos comme on répare une vieille trousse, racheté non pas des feutres mais quelques housses de couettes. Avant que la première vague ne déferle.
Quand eux-mêmes rendaient visite à leurs propres aïeules, ils se pliaient aux règles domestiques, on intimait le silence aux enfants turbulents, et nul ne critiquait les conditions de confort parfois sommaires. Les rapports familiaux ont changés, les exigences aussi.
Les grands-parents doivent désormais fidéliser leurs progénitures comme des clients gentils, mais difficiles, qui menacent à chaque instant de passer à la concurrence. Par une qualité d’accueil irréprochable, leurs maisons deviennent des chambres d’hôtes que les enfants, devenus jeunes adultes, soumettent avec une ingénuité cruelle à un classement digne du Gault et Millau : « chez mes beaux-parents, il n’y a pas eu un seul jour de pluie, et nous n’avions pas le bébé dans notre chambre. »
Mon grand-père, ce héros… un héroïsme teinté de doux martyr entre détachement (non, ces traces de semelles pointure 24 sur le canapé ne donneront lieu à aucun commentaire), patience (si la petite classe des 6-7 ans monopolise la conversation à table, en prendre son partie), négociation (si ton frère s’installe cette année dans la chambre avec la salle de bain, elle sera pour toi l’an prochain), ubiquité (comment tout à la fois garder ses petits enfants à la plage et rendre visite à ses propres parents en maison de retraite). Et ce stoïcisme affectueux les honore et nous touche.
Gabrielle Cluzel.
Pour le canapé, j’ai trouvé la parade un ancien jeté de lit le recouvre entièrement (cela n’évite toutefois pas les jets de chocolat, de jus d’orange ou de yaourt à boire), mais les pointures 23 et 24 ne le marquent pas !
Les tables sont recouvertes de nappes en plastique transparent, qui leur évite tous les jets cités ci-dessus…
Les jouets, pour trois âges traînent un peu partout, il faut ouvrir l’œil, pour ne pas vous étaler en posant le pied sur une petite voiture oubliée au milieu du couloir…
Les repas sont très animés, par les trois têtes blondes (chez moi, elles sont vraiment blondes), l’aînée 8 ans, veut manger devant la télé et transporte son assiette qu’elle pose sur une petite table, bien entendu le second 4 ans veut suivre sa sœur, mais réclame un changement de programme… la troisième et dernière, 1 an, cavale dans tous les sens, rentre sous la table pour grignoter de petites miettes de pain qu’elle a égarées en mangeant tout à l’heure…
Il y a beaucoup de mouvements, (courses dans le couloir) beaucoup de palabres, de cris, mais : c’est si triste quand ils ne sont pas là !
Liviaaugusatae