Par Liviaaugustae
Les Nymphes (1878)
William Bouguereau
C'est un vallon sauvage abrité de l'Euxin* ;
Au-dessus de la Source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d'un pied craintif l'eau froide du bassin.
Ses compagnes, d'un bond, à l'appel du buccin,*
Dans l'onde jaillissante où s'ébat leur chair blanche
Plongent, et de l'écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d'un sein.
Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l'ombre.
Le satyre !... son rire épouvante leurs jeux ;
Elles s'élancent. Tel, lorsqu'un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
S'effarouche le vol des cygnes du Caÿstre.*
José-Maria de Heredia
*Euxin :Le Pont (de Pont-Euxin, c'est-à-dire la mer Noire pour les anciens Grecs) est une région historique actuellement située dans le territoire de la Turquie et, selon les limites que lui accordent certains, de la Géorgie.
*Buccin : C'est un coquillage dans lequel soufflent les Nymphes.
*Caÿstre : C'est un fleuve d'Asie Mineure
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