Par Liviaaugustae
Mathile l'Emperesse
(Miniature de la deuxième moitié du XVe siècle, dans le Liber Benefactorum de l'abbaye de St Albans)
Auprès de leur étang, cernés par la majestueuse forêt de Lyons, les ruines de l'abbaye de Mortemer, dans le Vexin normand, semblent battre la mesure d'un éternel présent. C'est en 1134bque ce monastère cistercien fut fondé sous le patronage d'Henri 1er Beauclerc, duc de Normandie et roi d'Angleterre, fils du Conquérant. Vendus comme bien nationaux après 1789, ces bâtiments ont été presque entièrement démolis. Mais la rumeur populaire en fait l'un des lieux les plus hantés de France...
Ainsi on raconte que, la nuit du 1er janvier 1884, le braconnier Saboureau aurait abattu une « garache » - une femme louve aux yeux enflammés – sa propre compagne, métamorphosée par un maléfice. On assure également qu'un chat « goublin », sorte de lutin facétieux, veillerait sur un fabuleux trésor.
Durant la Première Guerre mondiale, des soldats britaniques auraient aperçu, dans l'ancien cellier, les fantômes de quatre religieux massacrés sous la Révolution buvant un vin au goût de sang. En 1921 Les propriétaires de Mortemer, effrayés par de telles manifestations surnaturelles, feront procéder à un exorcisme.
La plus insistante de ces légendes veut que les vestiges de l'abbaye soient visités, chaque année après le 15 août, durant la pleine lune, par le spectre de Mathile l'Emperesse, fille d'Henri Beauclerc, née en 1102, elle épousera tour à tour l'empereur germanique Henri V, puis Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou. Elle transmet la couronne anglaise à son fils Henri II.
On dit qu'elle fut recluse à Mortemer. On dit aussi que quiconque aperçoit cette « Dame Blanche » gantée de noir mourra à coup sûr dans l'année. Les sceptiques répliquent que le cliché de l'apparition, pris en 1994, n'était que le halo d'un projecteur sur le mur de l'église abbatiale.
Quoi qu'il en soit, revenants et autres ectoplasmes sont au rendez-vous, chaque été, pour un spectacle à l'humour sépulcrale !
Philippe Delorme
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