Par Liviaaugustae
Course à pied…
(Image internet)
Courir comme un dératé…
Comme souvent, la langue usuelle a besoin de s’appuyer sur une comparaison pour donner du relief à une formulation banale. « Courir vite » ne retient pas l’attention. « Courir comme un dératé » est beaucoup plus parlant.
Même si on ne sait pas très bien ce que c’est qu’un « dératé », on devine qu’il est mû par la hâte et ne s’arrêtera pas de sitôt.
Pour les anciens, la rate, soumise à l’effort, se dilatait et produisait la douleur que l’on nomme familièrement « point de côté ». Certaines tisanes miracles pouvaient prévenir cette défaillance. Plus tard à la Renaissance, on a voulu aller plus loin en procédant à, sur les animaux au moins, l’ablation de la rate. Les chiens dératés étaient censés pulvériser les records de vitesse, mais ils n’ont survécus que quelques jours après cette opération. Ce qui explique que l’on s’abstînt d’appliquer l’opération à l’homme.
Et l’on conserva, un peu par plaisanterie, la locution « courir comme un dératé », attesté en 1750.
Et nous continuons plus que jamais dans ce monde qui va trop vite, à courir comme des « dératés » !
Liviaaugustae
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