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Le testament de grand-mère...

 

 

 

 

Je tiens à vous préciser que le texte ci-dessous n'est pas du vécu, (je n'avais que 7 ans à la mort de ma grand mère), c'est un texte sorti tout droit de mon imagination, juste pour le plaisir d'écrire et de placer des expressions.

 

Mais je sais par les livres et les films, combien beaucoup d'héritage engendre la violence et parfois même, de la haine entre les membres d'une même famille.

 

Heureusement, chez nous, pas d'oncle gros plein de soupe, ni de snobs arrogants, tout s'est très bien passé à la mort de mes grands parents d'abord et de mes parents ensuite.

 

 

Le testament de grand-mère...

Le testament de grand-mère...

(image pixabay)

 

 

Je m'étais mise sur mon trente et un, mais malgré tout, je n'avais pas le moral au beau fixe quand j'arrivai, chez ma grand-mère, je savais que j'y retrouverai toute la famille et j'étais très intimidée.

Car bien que ces gens soient mes parents, ils gravitaient dans les hautes sphères, le frère aîné de mon père était un gros plein de soupe, gonflé comme une outre, je ne savais pas comment ils allaient me recevoir ? Comme d'habitude ! comme un chien dans un jeu de quille !

J'avais fait un voyage au long cours pour venir à la demande du notaire, car ma grand-mère avait passé l'arme à gauche quelques temps au paravent, j'en avais éprouvé un gros chagrin car je l'aimais beaucoup et elle me le rendait bien, elle l'avait prouvé à plusieurs reprises. Cependant , les autres, que je ne voyais que tous les 36 du mois... me rendais mal à l'aise.

Leur accueil avait été poli, sans grande effusion. Nous nous regardions maintenant en chien de faïence et je ne savais pas quoi dire pour rompre ce silence épais et lourd de non dits et de sous-entendus, ils m'avaient déjà mis carrément sur la touche et j'avais l'impression désagréable de peigner la girafe.

Bien que je me doutais que nous ne bavarderions pas à bâtons rompu, j'essayais, sans grand succès d'ailleurs, de me creuser les méninges pour en placer une et trouver une phrase afin de taper dans le mille pour renouer verbalement avec ces parents si lointains, si snobs et arrogants comme ils l'avaient toujours été avec mes parents, j'en avais déjà ma claque de faire des sourires. Je n'avais qu'une idée derrière la tête, me tirer au plus vite de là.

Je savais depuis que le notaire m'avait appelée, que cette journée allait être une corvée épouvantable, mais inévitable, car ma grand-mère m'avait paraît-il, légué un petit quelque chose, ce n'était pas le moment de faire la fine bouche, j'espérai que ce n'était pas de la roupie de sansonnet car je tirai un peu le diable par la queue et ce petit quelque chose m'aiderait sûrement à joindre les deux bouts. Etait-ce cela qui les chagrinaient tant ? Cependant, il ne fallait pas que que je rêve trop, il ne fallait pas mettre la charrue avant les bœufs... ce n'était peut-être qu'un miroir aux alouettes !

Je décidais donc de coincer la bulle et d'attendre sagement sans me mettre en avant que l'on veuille bien s'adresser à moi... Mais sans qu'ils disent un seul mot, j'en prenais déjà pour mon grade et avais l'impression de passer sous les fourches caudines.

Peut-être qu'entre la poire et le fromage l'atmosphère serait plus détendue, pour le moment je m'ennuyais comme un rat mort.

Sitôt que tout serait terminé je ne comptais pas faire long feu ici, cette journée ne serait sûrement pas de celle que l'on marque d'une pierre blanche, tant elle était lugubre, malgré le soleil qui entrait à flots dans la pièce !

Enfin ! Le repas terminé, nous passâmes au salon, pour la lecture du fameux testament.

Je m'installai tout au fond, de là, je pouvais voir sans être vue pour découvrir le pot au roses.

Le temps était suspendu, on avait l'impression que les assistants retenaient leur souffle, je restais comme deux ronds de flan et faillis tomber dans les pommes. Ma grand-mère ne m'avait pas légué un petit quelque chose, mais un quelque chose très conséquent : sa maison, dans laquelle nous nous trouvions, plus une substantielle somme d'argent.On entendait les mouches voler...

Et bien que chacun avait reçu sa part, une des cousines me foudroyait du regard comme si j'avais fait un casse, les autres changés en statues de sel, restaient là, bouches bées, la mine défaite, abasourdis, immobiles assis de guingois dans leur fauteuil.

Le notaire qui en avait fini avec la lecture, demanda à tout le monde de bien vouloir venir signer les papiers afin que tout soit en règle, il y eut comme un flottement dans l'assemblée, et finalement l'oncle, qui ne se mouchait pas du pied, annonça d'une voix forte : «c'est impossible, ce n'est pas normal nous ne pouvons accepter, mère n'avait sûrement pas les idées claires, elle s'est fait travailler au corps, on lui a extorqué ce testament». il ne voulait pas signer car il désirait réfléchir et relire à tête reposée, afin sans nul doute pouvoir couper les cheveux en quatre et ramener les choses au point où il voulait qu'elles soient! C'est- à-dire tout à son profit. Se tournant vers moi, il me dit : l'affaire n'est pas dans la sac ma petite !

Mais le notaire, que cette rébellion agaçait, affirma que le testament avait été fait dans les règles de l'art il y avait déjà plusieurs mois et grand-mère était aussi saine d'esprit que de corps quand elle était venue à l'étude le lui porter. Il fallait maintenant en finir et signer.

Je commençait à trouver qu'ils exagéraient tous, et sentais la moutarde me monter au nez tandis qu'en moi, bouillonnait une sourde colère . Pourquoi grand-mère n'aurait pas le droit de me gâter ? Mon père l'avait beaucoup seconder à la mort de grand-père et sa bru, ma mère, qui était d'une nature très bonne, l'avait elle aussi aider à surmonter sa peine, elle lui apportait des gâteries, l'emmenait se promener au parc en lui donnant le bras, lui faisait des courses, toutes choses que ne faisaient pas les autres, trop occupés à parader dans le grand monde, a monter à cheval, à jouer au golf ou à voyager...

Je me levais très digne et j'allais signer les papiers que me présentait le notaire, qui me remit les clés de la maison.

Bien que ma mère m'avait dit bien des fois qu'il fallait tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler, je me tournais vers eux, toute peur envolée, ayant réussie à sortir la tête de l'eau et leur dit avec un sourire mi-figue, mi-raisin, qu'ils seraient les bienvenus dans «ma » maison en appuyant fortement sur le possessif et sortis de la maison, la tête haute.

Livia

 

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F
Bravo pour ton écrit Livia, des moments pas facile du tout, j'ai la chance de m'être réconciliée avec mon frère il y a un an mais j'en ai bavé avant !<br /> Bises et douce soirée
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L
C'est très bien dit.
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G
Tout d'abrod <br /> Je te félicite<br />  je t'ai lue avec grand  plaisir , tu traites un sujet tellement possible  dans la vraie vie avec des mots adéquats <br /> Bravo tout simplement <br /> Bonne fin de journée <br />  <br />  
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É
Bonjour Chantal. Un récit bien raconté, avec une profusion d'expressions. Les testaments sont toujours source de conflit dans les familles. Bisous
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L
Un texte qui reflète bien les dissentions qu'on peut trouver dans les familles quand l'argent est en jeu ! (exemple, Johnny...)... <br /> Bravo pour ta prose où tu as faufilé un max d'expressions courantes !<br /> Bisous et bonne journée
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