"La seule église qui illumine est celle qui brûle", commentaire haineux
d'une section "antifa" sur l'incendie de l'université catholique de Lille
au printemps...
Une statue de la Vierge décapitée en Corse juste après…
Une église de Haute-Garonne incendiée le jour de la Pentecôte…
Notre-Dame de Paris…
(image wikipédia)
Aux bâtisseurs de cathédrales
Quand Rome fut lassée de voir se convertir
Ses enfants abreuvés par le sang des martyrs,
On se mit à bâtir de nouveaux édifices
Afin d'y célébrer le divin Sacrifice.
On s'assembla d'abord dans des chapelles basses :
Il fallait pour entrer que les gens se courbassent
Sous des porches épais et chargés de ténèbres
Teintant la liturgie d'une pompe funèbre.
Puis, pour que la clarté pénètre et enjolive
Le sanctuaire, on fit se croiser les ogives,
Et l'on scella le tout par une clé de voûte ;
Et la lumière fut, et la nuit fut dissoute
Par la grande rosace et le feu des vitraux :
Le soleil alluma les piliers magistraux
Et pénétra partout et éclaira le chœur,
La nef et le transept, les âmes et les cœurs !
On décora aussi les immenses portails
Des scènes de la foi, avec force détails :
Le tailleur donna vie aux pierres des linteaux,
Figura saint Martin partageant son manteau,
Et sculpta au-dessus de merveilleux tympans
Représentant la Vierge écrasant le serpent ;
Tandis qu'à l'intérieur la voûte s'étoilait
Et qu'un orgue furieux tempêtait ses couplets !
Puis on coiffa le tout de gigantesques tours,
Qui tutoyaient les cieux et l'aire des vautours ;
On mit à leur sommet des flèches prodigieuses,
Allongeant dans les champs leur ombre religieuse,
Sommant le paysan de craindre le Dieu saint
Et sonnant l'angélus, le glas ou le tocsin,
Annonçant la prière ou la mort ou la guerre
À la foule fidèle et au troupeau grégaire.
Les premiers qui portaient à l'ouvrage leur pierre
Savaient bien qu'ils auraient refermé la paupière
Avant de contempler l'œuvre parachevée
― Tout juste espéraient-ils en voir une travée !
Mais ils mettaient à l'œuvre une foi qui fascine,
Car ils savaient qu'il faut aux rameaux des racines,
Et que dans les nuées, le plus puissant clocher
Ne traverse le temps qu'ancré sur le rocher !
Vincent de Longueville.
Un mot sur le poète
Poète et romancier, Vincent de Longueville conte dans une langue cadencée et pittoresque des histoires tour à tour légères, tendres et profondes pour sourire, s'émouvoir et se
projeter. S'abreuvant aux sources de la fable et de la chanson, il livre au fil de cette mosaïque une réflexion sur la beauté, la malice et la vulnérabilité de la condition humaine,
agrémentée de nombreux clins d'oeil et d'une bonne dose d'autodérision.Vincent de Longueville signe avec Poésie fraîche son troisième recueil, après Petits Récits fabuleux
(Librairie Racine, 2010) et Le Retour du Loup (Librairie Racine, 2015). Il est également l’auteur du conte satirique Butor (Le Texte Vivant, 2017).
Le recueil est titré Poésies fraîches, j'ai acheté cette « poésie fraîche » c'est un délice !
Livia