Début août nous avions un temps épouvantable sur la Bretagne, vent, pluie
– nous avons même eu une tempête appelée Tony qui nous a beaucoup
secoués – et bien sûr le soleil nous avait complètement délaissé, tout le
monde se demandait ce qu’il était devenu, et nous craignions de ne plus
jamais le revoir, son absence m’a inspiré le petit conte ci-dessous.
Mais heureusement, nous avons retrouvé le soleil !
Le concile des dieux
Raphaël
Le soleil ayant disparu, je me demandais où il pouvais bien se cacher, je
décidais donc de grimper sur le Mont Olympe pour demander des explications
aux dieux, en particulier à Apollon puisqu’il était le dieu soleil..
Je parti à l’aube et lorsque j’arrivai là-bas, aux pied de ce Mont, je restais
perplexe… moult question se mêlaient dans ma tête.
Arriverais-je vraiment à grimper sur ce Mont si élevé ?
Si j’y arrivais, qu’allais-je dire à ces dieux – s’ils existaient – que je ne
connaissais en fait que par les livres, d’histoire ?
Et surtout comment me recevraient-ils ? Car nous le savons – toujours par les
livres – ces dieux-là, étaient colériques, jaloux, versatiles et parfois même
méchants et sadiques, à l’image des hommes qui les avaient crées !
J’avais sûrement pris de grands risques, assise sur une grosse pierre, je
réfléchissais, et me demandais s’il fallait monter ou mieux...repartir ?
Mais c’était quand même idiot d’être arrivé jusque là pour flancher !
Je mangeais un sandwich que j’avais pris la précaution d’emporter, et bu un
peu de jus d’orange pour reprendre des forces et rajustant mes lunettes de
soleil, je repris mon bâton et… commençais péniblement l’ascension, me frayant
un passage à travers les petits arbustes qui poussaient là, une caille s’éleva en
courcaillant, (c’est le cri de la caille) elle n’avait pas l’air contente du tout,
avertissait-elle là-haut les dieux, que quelqu’un venait les ennuyer ?
Mais je compris très vite pourquoi elle était si nerveuse, il y avait un nid avec des
œufs sur le bord du sentier et une madame caille était en train de couver, le mâle tournoyait
au-dessus de ma tête toujours courcaillant férocement, et puis brusquement il plongea vers
moi, je compris qu’il voulait m’agresser, alors brandissant mon bâton je le fis tourbillonner
en la menaçant, mais comme l’avenir de ses œufs étaient en jeu, il ne s’arrêtait pas et
plongeant vers moi, me donna un grand coup de bec, il n’allai pas me rejouer « Les oiseaux
d’Hitchcok » ? je me dépêchais de grimper plus haut afin de lui montrer que ses œufs ne
m’intéressaient pas, il tournoya encore quelques instants au-dessus de moi, puis disparut.
Je me reposais un moment à l’ombre d’un petit arbuste, pour reprendre mon
souffle et essuyer la sueur sanguinolente qui me coulait dans les yeux, cette sale
bête m’avait blessée sur le dessus de la tête, je tamponnais la blessure pour
arrêter le sang.
Un bruit de brindilles cassées et de feuilles froissées, attira mon attention et je vis alors une
vipère qui avançait vers moi, je lui donnais un grand coup de bâton, mais...je la ratais elle
s’enfuit dans les broussailles.
Qu’avais-je donc fait à toutes ces bestioles?
Etait-ce les dieux qui me les envoyaient afin que je ne les importune pas? C’était
fort possible, mais arrivée jusque là je n’allais pas rebrousser chemin et continuais donc
la grimpette.
Le soir tombait il fallait hâter le pas afin d’arriver là-haut avant la nuit, et prenant mon
courage à deux mains – si j’en avais quatre je les aurais aussi sollicitées – je continuais à
monter, j’étais presque arrivé, allongeant le pas je
franchis les quelques mètre restant et arrivais enfin tout en haut.
Je m’attendais à trouver au moins un château où Jupiter habiterait, et que nectar et hydromel
couleraient à flot, avec des nymphes, des faunes et des déesses par ci par là ?
Rien! Il n’y avait rien ! Aucun dieu n’habitait là, il n’y avait que des arbres, des halliers et des
arbustes, fréquentés seulement des bêtes et des insectes.
Je ne voulais pas passer la nuit ici, à la belle étoile.
C’est alors je vis au loin une fumée qui s’élevait, je fonçais vers elle, et j’arrivai à
une petite maisonnette, je frappais à la porte, pourvu que ce ne soit pas le loup déguisé en
Mère-Grand qui m’attendais à l’intérieur ?
Mais ce fut une jeune femme aimable et souriante qui m’ouvris, la porte, je lui expliquait que
j’étais perdue et lui demandais si je pouvais passer la nuit chez elle?
Toujours souriante, elle me pria d’entrer et m’offrit de partager son dîner, ce que
j’acceptais avec plaisir, nous mangeâmes donc des tomates, du pain, du
fromage et des fruits accompagnés de lait.
Elle me dit qu’elle élevait des chèvres, qu’elle fabriquait du fromage et cultivait quelques
légumes pour se nourrir.
Après le dîner elle m’installa dans une petite chambre charmante avec de jolis
rideaux fleuris encadrant la fenêtre.
Mais pourtant un sentiment d’insécurité me tenaillait, j’avais sûrement trop lu
de contes qui finissent mal, alors j’installais une chaise sous le loquet de la porte.
Harassée de fatigue, je m’allongeais sur le lit et m’endormis aussitôt.
Quand je me réveillais, il était presque midi à ma montre, le soleil entrait à flots
par la fenêtre, inondant la chambre de clarté, il n’avait donc pas disparu.
Je me levais et allais à la fenêtre, le paysage était splendide la montagne
descendait en pente douce de ce côté et des chèvre broutaient tranquillement, la mer d’un
bleu intense scintillait au loin.
Je décidais d‘aller rejoindre mon hôtesse, mais à ma grande surprise, la maison
était vide, seule la table sur laquelle nous avions dîné, était restée au milieu de la pièce,
avec dessus, du pain du fromage et du lait, où était passer la femme
qui m’avait reçu la veille ?
Je lançais un bonjour à la cantonade, mais seul le vent me répondis, avais-je
rêvé cette femme la nuit dernière ?
Je pris un morceau de pain avec du fromage et quelques abricots, que
j’enfournais dans mon sac et décidais de quitter cette bizarre maison et de
redescendre de cette montagne… était-ce les dieux qui m’avaient quand même
accueillie dans cette petite maison la veille au soir ???
Sans attendre je m’élançais et descendis allègrement la montagne, je ne
rencontrais cette fois ni caille en colère, ni vipère et je m’éveillais… chez moi,dans mon lit
Ouf! ! Ce n’était qu’un rêve !
Je me levais et allais à la cuisine prendre mon petit déjeuner, mais je restais
interdite sur le seuil, mon sac à dos était suspendu au dossier d’une chaise et
les victuailles que j’avais emportées la veille de la maison dans la montagne, s’étalaient sur la
table de la cuisine…
Livia