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L'odorat
« Sur la main de cénabre, une goutte de pluie tomba, chaude, pesante, parfumée comme une goutte de nard, et qui était l'essence même du jour évanoui. »
Georges Bernanos
« La présence d'un père et d'une mère, sous les étoiles de juin, dans l'odeur du foin coupé, demeure l'un des trésors de ma vie. »
Christian Signol
L'odorat, ce sens dont nous faisons un usage modéré au cours de l'année, se libère souvent durant l'été, en même temps que la résurrection des lavandes... Les effluves du souvenir nous montent alors à la tête. N'a-t-on pas tous dans un repli caché du cerveau notre petite madeleine de Proust ?
L'odorat est le sens du contact, de l'intuition et de l'observation,. Ne dit-on pas couramment : "ça sent le roussi", "j'ai eu le nez creux"
"L'odorat, premier sens à s'ouvrir dans le ventre de la mère et dernier à se fermer - capable d'arracher des larmes aux patients dans le coma -, est susceptible de réveiller tous les autres."
Et au cas où l'on douterait de la dimension éminemment spirituelle de l'odorat, il nous suffit de plonger le nez dans les innombrables textes bibliques faisant référence aux parfums, baumes, aromates, encens et beaucoup d'autres senteurs
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Le goût
Déjà Aristote distinguait dans les saveurs le doux, l'amer, l'onctueux, le salé, l'aigre l'âpre, l'astringent et l'acide.
Et l'homme a brodé sur la création pour susciter une formidable diversité alimentaire. Les écrivains savent que le goût si fugace soit-l, ouvre les portes de l'éternité, comme Marcel Proust, dont le goût de sa madeleine nous fait encore rêver aujourd'hui. La madeleine de Proust est plus qu'une figure littéraire, c'est une expérience spirituelle à portée de langue : « Machinalement, je portais à mes lèvres une cuillerée du thé où javais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée de miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la moindre notion de sa cause. IL m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse. »
Tout se passe au niveau des chémorécepteurs situés sur la langue (récepteurs de Vugo).
C'est d'ailleurs un contemporain de Proust, Adolph Fick, qui fixe le postulat selon lequel nos perceptions gustatives sont une combinaison additive des quatre saveurs primaires. Le sucré comme la saccharose (sucre), le salé comme le chlorure de sodium (sel), l'amer comme la quinine et enfin l'acide comme le citron.
A demain pour la suite...