Par Liviaaugustae
Pour écouter La Bagatelle N° 25 en la mineur dite lettre à Elise pendant la lecture, clic sur le lien ci-dessous :
https://www.youtube.com/watch?v=s71I_EWJk7I
Lettre à Elise ?
(image pixabay)
Depuis des décennies, la thèse selon laquelle la Bagatelle n° 25 en la mineur composée en 1810 par Ludwig van Beethoven, connue mondialement sous le titre de La Lettre à Élise (für Elise), n’aurait jamais été dédiée par le compositeur allemand à une personne portant ce prénom. Lorsque la partition originale fut découverte en 1865, 38 ans après la mort de Beethoven, seules les 2 dernières lettres, S et E, de la dédicace étaient en effet lisibles tant le document était en mauvais état.
Selon plusieurs spécialistes, la dédicataire de l’œuvre aurait plutôt été une certaine Thérèse. Il est vrai que Ludwig Beethoven a fréquenté de près son élève Thérèse de Brunswick avec laquelle il eut une relation amoureuse de 1806 à 1808 mais à laquelle il avait déjà dédié sa Sonate n° 24 pour piano, dite À Thérèse. Plus sûrement, on pense à Therèse Malfatti, musicienne autrichienne que Beethoven demanda en mariage, en vain, mais qui se retrouva en possession de la fameuse partition de La lettre à Élise. Mais alors comment Thérèse est-elle devenue Élise ?
Dans son nouveau livre Why Beethoven, Norman Lebrecht, musicologue et créateur du site spécialisé Slippedisc, écrit que le pianiste de Therese Malfatti hérita, à sa mort, d’une partie des documents rares qu’elle possédait, dont la partition de La Lettre à Élise qu’il remit à sa mère biologique. Et ce serait cette dernière, Babette Bredl, qui, lorsqu’elle rencontra à Munich le musicologue Ludwig Nohl, éditeur de l’œuvre en 1867, aurait suggéré le prénom d’Élise comme dédicataire.
Norman Lebrecht soutient que Babette Bredl, qui n’a jamais connu Beethoven, aurait peut-être fait un lapsus en pensant à sa belle-fille Elisabeth surnommée Élise ou délibérément imaginé offrir un morceau de postérité à sa petite-fille prénommée… Élise. Alors Für Élise ou Für Thérèse cette lettre ? Peu importe selon Norman Lebrecht qui conclut avec ironie : « Je pense que Beethoven aurait éclaté de rire devant des universitaires consacrant toute leur carrière à découvrir qui était une Élise qui n’a jamais existé. Tout ça à partir d’un manuscrit retrouvé à Munich, où il n’a certainement jamais mis les pieds, en possession d’une dame dont il n’avait jamais entendu parler ».
Philippe Gault
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