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Littérature

 

 

 

 

 

 

TRACABILITE

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Si une vache britannique n’avait pas, il y a quelques années, perdu la raison, on n’aurait sans doute jamais entendu parler de cette « traçabilité » supposée reconstituer l’historique d’un produit ou d’un individu.

Voilà qu’à cause de cette vache folle, nous nous mettons à douter de tout, pis, de nos propres origines, et nous avons même recours aux tests ADN pour vérifier si on peut appeler son père « papa ».

La suspicion est partout dans l’industrie alimentaire, qui s’y connaît pour faire son beurre, en profite pour nous faire consommer comme elle l’entend en nous invitant à jouer les Sherlock Holmes de supermarchés et à reconstituer la vie de notre steak.

L’animal a-t-il passé sa vie à ruminer ? Etait-il blanc taché de roux, nourri en plein air ? Elevé sous une mère française depuis au moins douze générations ? Et si d’aventure, notre steak a été nourri au biberon, êtes-vous sûr qu’il a bien été « mis en bouteille à la propriété » ?

Bref, la « traçabilité » rend fou et en plus elle se fout de la chronologie qu’elle prend à rebrousse-poil, comme l’a si bien démontré Gustave Courbet avec l’Origine du monde.

J.L. CHIFLET

Extrait de : 99 mots à foutre à la poubelle.

 

 

Mais aujourd’hui, un autre problème s’impose à nous !

Le steak que nous mangeons, est-il correctement mort ?

L’a-t-on tué dans les normes françaises, sans bénédictions, ni back-chiche ?

Et là ! Nous patinons ! PAS DE TRACABILITE !

Alors, la mort dans l’Ame, nous « bouffons » notre steak en faisant confiance à notre boucher… Mais est-ce bien raisonnable ?

liviaaugustae

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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