LE GOUT
DES MOTS.
« QUELQUE
PART: « Il
y a un malaise quelque part. » « Quelque
part, au fond la crise a
du bon. »
J’avoue
que je suis déboussolé par tous ces « quelque
part », prononcés
généralement d’un air pénétré, comme si nous étions au seuil d’une grande révélation !
« Quelque
part », oui,
mais où, au juste ?
Vite un
GPS du « quelque
part » !
Où suis-je, et dans quel état j’erre ? Plus que jamais le flou est de rigueur.
Eh
oui ! Il y a un malaise « quelque
part », mais ne
me demandez surtout pas où. C’est à vous de le deviner.
Vous me
répondrez que vous n’en savez fichtre rien, et que « quelque
part » mon
« questionnement »
vous
met mal à l’aise. Cela peut aller des états d’âmes du participant à une émission littéraire qui affirme que « quelque
part », l’ouvrage
écrit par l’invité remet en question notre mode de pensée, à votre voisin de palier qui vous affirme que « quelque
part », le tri
sélectif, c’est pas évident. A vous de vous engager dans le labyrinthe des circonvolutions cérébrales de l’intéressé, dont « quelque
part »sert
surtout à suggérer la richesse et la complexité… Mais il ne doit pas pleuvoir beaucoup dans « ce
quelque
part », car
c’est un endroit où on ne se mouille pas.
J.L.
CHIFLET
Extrait
de : 99 mots et expressions à foutre à la poubelle.
Là, pour un malaise, il y a un
malaise…
Mais
alors, pas seulement « quelque
part » !
« Quelque
part », en
voilà un autre, que j’exècre !
Chaque
fois qu’on me l’a dit, j’ai demandé d’un air innocent : Mais où donc ?
Et
chaque fois cela n’a pas raté ; cette simple question a déstabilise mon interlocuteur (ice), qui a complètement perdu le fil conducteur de la conversation…
Essayez
donc !
liviaaugustae