LAMBDA.
A la différence de la lambada,
« lambda »
ne se danse pas, sauf si on est un
citoyen lambda
et qu’on a l’habitude de traîner dans les boîtes de nuit.
Comment en est-on arrivé là ?
C’est très simple : comme nous sommes en général assez incohérents, on a attendu que les langues anciennes soient bannies des collèges pour se mettre à parler latin ou grec. Il y a d’abord
eu le « quidam »
emprunté au latin. Puis ce passant anonyme a remonté le temps jusqu’aux calendes grecques pour se transformer en individu « lambda ».
Glati(« pourquoi »,
en grec), nom de Zeus, ne peut-on se contenter de parler français ?
Quia(« parce
que », en latin) ce type « lambda »,
si on l’appelle Monsieur tout-le-monde, on sait de qui on parle ;
idem
(ça aussi, c’est du latin) pour la ménagère « lambda »,
« housewife »
facilement identifiable, surtout si elle est « desperate ».
Et ce citoyen « lambda »
qui ne sait jamais pour qui voter, c’est vous, c’est moi, qui habitons le même quartier « lambda »
et qui faisons partie de ces gens normaux qui n’ont rien d’exceptionnel, et ça, souvent, ça énerve.
Alors, ce « lambda »
dont il est affublé, ne serait-ce pas en fait la meilleure façon de l’envoyer se faire voir chez… les Grecs ?
Jean-Loup CHIFLET
Extrait de : 99 mots et expressions à foutre à la poubelle.