Victor Hugo en 1817, il
a 15 ans. Le titre de « Chevalier du Lys » vient de lui être décerné par Louis XVIII.
Icône
de la gauche, derrière la légende, la République organise des funérailles nationales pour « le poète du peuple ». Le corbillard des
pauvres est suivi par un cortège de plus d’un million de personnes jusqu’au Panthéon. Qui se souvient alors du jeune écrivain chantre de la restauration monarchiste, où il portait en
bandoulière :
« Oh
que la royauté, peuples, est douce et belle » !
Il
dit aussi : « Quand on hait les tyrans, on doit aimer les Rois.
« L’oracle
est enfin entendu
La
royauté, longtemps veuve de ses couronnes
De la
chaîne d’airain qui lie au ciel les trônes
A
retrouvé l’anneau perdu. »
Fils
d’un soldat de la révolution devenu général d’Empire et d’une mère convertie au monarchisme par amour autant que par opportunisme, Victor Hugo est un condensé de toutes les contradictions de
son siècle.
Son
royalisme originel empreint de religiosité est qualifié de «religion de ma mère ». Il a dit : « Parce que ma mère, en Vendée, autrefois, sauva en seul jour la vie à douze
prêtres ».
En
réalité, Victor Hugo ne laisse pas d’être impressionné par son père, image vivante, du géant Bonaparte : « Etant petit, j’ai vu quelqu’un de grand, mon père ».
Surpris
lui-même par ses hésitations et ses revirements, il travaillera à la réécriture de sa propre légende pendant ses dix-neuf années d’exil.