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littérature

 
 
 
 
 
 
LE MALHEUR…
 
 
Vous aurez remarqué que le malheur est tenu pour inévitable, et cela depuis toujours. Voyez ce que dit Euripide dans – L’Enquête - : «  Un homme qui du jour de sa naissance n’aurait pas le malheur mêlé à son destin, cela ne s’est jamais vu. » Ovide, dans les Métamorphoses, ne dit pas autre chose : « Pas d’homme qu’on puisse dire heureux avant qu’il ait quitté la vie et reçu les honneurs funèbres. » Je pense à cette vielle dame dont parle Valère Maxime : trop heureuse jusque là, elle estima prudent de mettre fin à ses jours. Pourtant, n’espère-t-on pas toujours, plus ou moins consciemment, une chance, une toute petite chance d’y échapper ? On n’y croit guère, mais enfin…
C’est Talleyrand qui disait que « les choses ne vont jamais ni aussi bien ni aussi mal qu’on le croit ».
Pour inévitable qu’on le considère, le malheur crée toujours un effet de surprise. Les mots, les images expriment bien cette contradiction vécue : un malheur, « cela arrive » - mais d’où ? Le malheur « vous tombe dessus », d’où l’image de la tuile. Mais de quel toit ? Il vous assène un choc : « c’est un coup dur », mais qui vous a frappé ? On voit nettement ici le trop fameux « problème du mal », que je préfère appeler mystère, vous l’avez deviné…
Lucien Jerphagnon
Extrait de : De l’amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles.
 
 
 
LE CORBEAU DANS L’ANTIQUITE
 
 
 
Le corbeau est l’oiseau d’Apollon, c’est ce dernier qui lui donna sa couleur noir et en fit un oiseau mauvais. Il est donc de mauvais augure chez les Romains, il représente le malheur.
 
« La femme de Pilate lui envoie son serviteur, pour lui demander de ne point s’occuper des « affaires de ce Juste », car elle a vu en rêve un vol de corbeaux »
 
« La femme de Jules César a rêvé aussi de Corbeaux avant l’assassinat de son époux, et le pria de ne pas se rendre au Sénat, le jour des Ides de Mars, mais ne l’écoutant pas, il s’y rendit et mourut sous les coups des conjurés. »
 
 
 
 
 
 
numérisation0001 (2)Détail d’une fresque de la maison d’Auguste, dédié à Apollon, Rome vers 36 avant J.C.
 
(Palatin)
 


 

 

 

 

 

numérisation0001Le corbeau illustration d’Edouard Traviès (1809-1871)

[..] « Partout on le met au nombre des oiseaux sinistres, qui n’ont le pressentiment de l’avenir que pour annoncer le malheur ».

BUFFON

 

 

 

 

 

numérisation0003LE CORBEAU ET LE RENARD

 

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Tenait en son bec un fromage.

Maître Renard, par l’odeur alléché,

Lui tint à peu près ce langage :

Et bonjour, Monsieur du Corbeau.

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Vous êtes le Phénix des hôtes de ce bois.

A ces mots, le Corbeau ne sent pas de joie ;

Et pour montrer sa belle voix,

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l’écoute.

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.

Le Corbeau honteux et confus

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Fontaine.

 

Note de liviaaugustae : Dans cette fable Monsieur de la Fontaine, nous montre un corbeau un peu fat, certes, mais pas très rusé, comme le décrit Buffon, et pas méchant pour un sou ! Cependant, dans l’Antiquité, Apollon lui-même, envoie toujours cet oiseau qui apporte le malheur ! Alors qui croire ? Apollon ? Buffon ? La Fontaine ?

Je vous laisse répondre à cette question…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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