Le soleil se couche sur la Guadeloupe…
TRISTESSE
Comme l'on se sent seul, le soir quand la nuit tombe
Que l'ombre autour de vous fait taire tous les bruits,
Et que le noir silence étreint comme une tombe
Nos cœurs endoloris, tristes et sans appuis !
Qui n'a parfois senti cette extrême détresse
Dont souffre tout notre être à l'approche du soir,
Cette mélancolie intense qui nous laisse
Le corps sans énergie, et le cœur sans espoir !
L'on se sent seul, et comme abandonné du monde,
Et l'esprit tout hanté de fantômes troublants ;
L'on croit ouïr un flot qui grossit et qui gronde
De maux amoncelés, fatals et menaçants !
En vain la nuit se fait sereine et maternelle
Et répand sur nos fronts attristés ses fraîcheurs,
Le grand ciel resplendit de feux, il étincelle.
Sans distraire nos cœurs de leurs mornes stupeurs.
Dominique GUESDE
Un petit mot sur le poète…

Eugène Dominique GUESDE
(1850-1905)
Il est né à Pointe-à-Pitre, il y fait ses études, primaires et secondaires, il obtient le double baccalauréat ès lettre et ès sciences. Puis il part à Paris, où il commence des études de médecine, il habite chez son oncle, le docteur Henry Depaul, Professeur d’obstétrique, membre de l’académie de médecine.
La guerre de 1870 survient et Dominique Guesde, s’engage avec son cousin Amédée Depaul. Ils font campagne sous les ordres du Général Vinoy. Après la capitulation de Paris ils sont renvoyés dans leur foyer comme tous les engagés volontaires.
Il poursuit ses études de médecine avec son cousin Depaul après la Commune et passe sa thèse de doctorat en 1881 sur un sujet d’obstétrique.
Il revient ensuite en Guadeloupe et débutera comme médecin de campagne au Lamentin il épouse sa cousine, qui sera une merveilleuse assistante infirmière fille du docteur Loyseau. Ils habiteront l’aile est de la maison du Docteur Loyseau, et auront 7 enfants 5 filles et 2 garçons. Son auréole professionnel fut éclipsé par la vie et la mort de son oncle et beau-père, qui s’éteignit à l’âge de 82 ans, deux mois avant Guesde, qui mourut lui, à l’âge de 55 ans. […]
Après sa mort fut édité l’ensemble de son œuvre poétique en un recueil intitulé « Guadeloupe ».
Il avait fait de nombreux dessins et aquarelles. Le petit nombre de ceux-ci, sauvé des cyclones, des incendies et de l’indifférence donne cependant une petite idée de la palette de ce poète, amoureux de son île natale…
Illustré par un de ses dessins.
C’est un poète de la Guadeloupe, un « docteur », un savant, un artiste…
En 1983, le Rotary Club de la Guadeloupe a réédité le recueil « Guadeloupe », dont je possède un exemplaire, offert par ma belle-sœur, qui est une arrière petite nièce de ce « bon docteur » que je vais vous faire découvrir au fil du temps…
Liviaaugustae