Par Liviaaugustae
Champs de blé pour le pain des hommes...
(image pixabay)
Panem Nostrum
Il faut, dans la tiédeur estival des jours,
Aimer le blé nouveau sorti des bons labours
Dont les épis égaux penchent leurs têtes mûres.
Houle ou repos ; silence ou concert des murmures ;
Marée où disparaît la motte et le lopin,
Autour de qui le vent fleure déjà le pain,
De par la floraison en masse des fécules,
Sous les ciels envahis du sang des crépuscules,
Des gris troubles de l'aube ou du bleu des midis ;
Puis aimer l'homme, prêtre auguste, tandis
Qu'il courbe jusqu'au sol son échine asservie.
Et mêle sa besogne au grand cercle de vie
Dans l'étreinte du geste intime qui l'unit
A pleins bras, à pleins corps, à ce froment béni
A cette toison d'or dont frissonne la plaine,
D'où naît pour assouvir l'immense faim humaine
Refaire chastement et saintement la chair,
Le pain quotidien qu'enseigna le Pater.
Lucie Delarue-Mardrus
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