Vue des troisièmes loges de l’Opéra
royal avec la colonnade, les arcades des miroirs et les demi-lustres.
Vue de l’avant-scène
avec les deux groupes de colonnes corinthiennes et le fronton orné d’un cartouche portant les armes du Souverain.
(Château de Versailles et Trianon)
Loge de Louis XV à l’opéra royal.
Peintre Claude Joseph Vernet, sous la direction de Jacques Ange Gabriel.
Si Louis XIV ne dérogea presque jamais au cérémonial de cour, Louis XV cultiva quand à lui, une certaine distance avec les obligations de représentation. Pour son opéra, il demanda par exemple à Jacques Ange Gabriel de lui réserver trois loges grillagées, discrètes et confortables où il pourrait assister aux spectacles presque incognito, accompagné de ses intimes et de ses ministres. La grande loge royale prévue ne fut donc jamais réalisée.
Dans l’iconographie de l’opéra, la figure de Louis XV est de même absente. Le Roi, peu intéressé par la glorification de sa personne, était plus sensible aux arts décoratifs auxquels il assignait la fonction de flatter l’esprit et les sens.
Réalisé en 1769 par le peintre Claude Joseph Vernet, le décor des trois loges, qui tiennent plus du boudoir, est ainsi une célébration de la beauté sensuelle sous une forme allégorique.
Entrelacée d’exquises grotesques, la loge du Roi voit des oiseaux picorer à l’embrasure de sa grille, tandis que des sirènes ailées offres des vases et des corbeilles de fruits dans un flot de rameaux fleuris et de rubans.
Dans les deux autres loges des ministres se déploient, sur des motifs de fleurs et de pampres, des bacchantes, bergères, chasseresses, néréides, amazones et autres nymphes à demi nues, qui évoquent les actrices telles qu’on les rêvait.
Louis-Philippe en a été si choqué qu’il les fit recouvrir d’une couche de badigeon. Heureusement, la première restauration de la salle entre 1952 et 1956 à permit de les redécouvrir.
Jupiter, bas-relief décorant
les premières loges,
(bois, dorure, 1770) par Augustin Pajou
(Château de Versailles et de Trianon).
Apollon couronnant
les Arts
(bois, 1770) par Augustin Pajou
(Château de Versailles et de Trianon)