UN PONT
ENTRE DEUX ILES…
Le pont de la GABARRE.
(La
gabarre est une embarcation plate servant au transport des marchandises)
Un
brin d’histoire.
Géographie
oblige, la traversée de la Rivière Salée fut de tout temps un passage obligé entre la Grande-Terre et la Basse-Terre.
Les
deux îles furent reliées pour la première fois, en 1765, par un bac appelé gabarre, sur l’initiative du gouverneur Nolivos. Une police du bac fut définie en 1842 par un décret : « la
diligence faisant le service postal » avait la priorité sur les autres voitures, ainsi que « la force publique et les autorités en mission ». En revanche, les voitures de maîtres
devaient attendre leur tour. La gabarre ne pouvait accueillir en même temps que « deux voitures à deux places, ou deux chevaux de selle avec une voiture attelée de trois chevaux, ou six
chevaux, ou encore quatre bœufs ». Le poids maximum admis était de quatre tonnes. Les piétons étaient tenus de s’asseoir pendant le trajet
etc…
Mais
hélas ! Les mesures de sécurité n’empêchèrent pas la gabarre de couler plusieurs fois en noyant des passagers… Ce qui lui octroya une sinistre réputation.
Le 6
septembre 1906, un pont flottant et amovible de dix-neuf mètres de long sur quatre de large, appelé le pont de « l’Union », fut ouvert à la circulation au-dessus de la
mangrove.
Le pont amovible, dit de
« l’Union ».
Dans
mon enfance, c’était un petit pont de pierre goudronné, qui reliait la Grande-Terre, et la Basse-Terre. J’ai toujours entendu parler du pont de la
Gabarre, que nous les enfants nous appelions le pont de la « Bagarre ».
Et, chaque fois que nous passions dessus, j’avais une peur bleue de tomber dans l’eau vaseuse de la Rivière Salée (bras de mer entre les
deux îles). Nous ne sommes jamais tombés ! Mais quand on croisait une voiture et surtout les camions qui le faisaient vibrer, il fallait faire attention, et serrer à droite, heureusement, on
ne pouvait aller bien vite sur ce pont, il n’était pas bien long, et nous avions vite fait de le traverser.
Aujourd’hui,
il ne sert qu’aux vélos, aux piétons, et encore ! Je crois qu’il n’est plus emprunté. Un autre pont, grand costaud, avec quatre voies, l’a
remplacé, il s’ouvre aussi pour les grands bateaux ! C’est le progrès…
liviaaugustae