Le cercle des courtisans vertueux. Peint
par Noël Coypel sous la direction de Charles Lebrun. (1680)
(Grand
appartement de la Reine Versailles)
Avant
d’être remonté en 1680 chez la Reine, ce plafond représentant la justice royale au travers du mythe jupitérien, se trouvait dans l’ancien appartement des planètes, dans le salon de
Jupiter.
Lors
de son transfert, il a vraisemblablement subi une légère modification par l’ajout aux quatre angles de curieux courtisans comme peints à la dérobée sous des drapés tenus par des
putti.
Ces
personnages avaient-ils une raison d’être dans ce panégyrique de la tempérance monarchique ? Leur présence signifie nécessairement la gravitation de la cour autour du Monarque. Pourtant,
appuyés lascivement sur le bord d’une balustrade, ce n’est pas lui que les courtisans regarde mais le spectateur.
Le
peintre aurait-il voulu se moquer de la cour ? L’art était trop contrôlé à Versailles pour qu’une telle liberté soit possible. Aussi faut-il plutôt y voir une sorte d’avertissement à
l’adresse des courtisans auxquels était renvoyée leur propre image. Si l’homme de cour devait souvent user d’artifice pour plaire au Roi, celui-ci n’aimait pas être entouré de gens
superficiels. La grâce ne pouvait être vertueuse que lorsqu’elle était habitée par un bel esprit et une certaine moralité. La cour était vouée à être à la fois l’instrument et le reflet du Roi,
la mise en scène des courtisans sur ce plafond montre l’exemple à suivre pour ne plus seulement paraître.
Extrait
de : Versailles secret et insolite.