LE
CHATEAU D’YQUEM.
Sur les
routes du Sauternais, les domaines égrènent leur château et leurs vignobles et, à chaque intersection, des panneaux touristiques ne manquent pas de les situer.
Au-delà
de l’intérêt que les amateurs peuvent porter au vin, de nombreux visiteurs viennent pour l’histoire et la culture, car celles de la région se lisent dans les caves, les registres et la mémoire
collective des différents domaines. Et dans leur architecture aussi. Tel château est une folie dans le plus pur style Trianon, tel autre tient du bâtiment industriel du XIXe siècle… Sur 2000
hectares, délimités par la forêt des Landes, la vallée de la Garonne et la rivière Ciron : onze premiers crus et dix seconds crus. Et une perle. Cachée. Yquem n’est sur aucun panneau touristique […]
Hors
catégorie, le domaine l’est à plus d’un titre […] Disons-le, lors de la visite, il sera beaucoup question d’œnologie… L’ivresse sera celle des belles paroles.
Les
origines d’Yquem se perdent dans les siècles et le terme de « château » se lit au sens médiéval de citadelle. De la ferme fortifiée du XVe siècle, il reste une tour de garde. La
chapelle, elle, date du XVIe siècle… Aujourd’hui patchwork de styles et d’influences… A l’intérieur, on pourra visiter le grand salon, celui des boiseries et la chapelle…
Le
deuxième volet de la visite est à couper le souffle. « Que je me plais sur ces montagnes / Qui s’élevant jusqu’aux cieux / D’un diadème gracieux / Couronnent ces belles campagnes »,
écrivait Racine à propos de Port-Royal. Yquem, lui, domine tout le Sauternais. Du marronnier planté alors que le château était réaménagé en hôpital militaire, lors de la Première Guerre
mondiale ; la vue s’étend sur presque tout le domaine : bois, prés et, bien sûr, 110 hectares de vigne.
Aux
premières heures du jour, un léger brouillard enveloppe la vallée, plongeant le décor dans l’atmosphère éthérée d’une toile impressionniste : l’évanescence d’un Turner, les couleurs d’un
Whistler, que semble démentir la rigueur rectiligne des pieds de vignes. L’après-midi, un petit vent d’est vient assécher le domaine. Le soleil dore la terre, tout semble changer.
Cette
climatologie qui transcende le paysage et ravit les yeux est aussi à l’origine du développement du botrytis, un champignon, que personne n’aimerait retrouver dans sa corbeille de fruits.
Pourtant, cette pourriture noble concentre les arômes et le sucre : sans elle pas de Sauternes [...]
Ce
nectar incomparable exigeant la perfection, il est arrivé neuf fois au cours du XXe siècle que la production ne soit pas jugée au niveau pour mériter son millésime. Pas une goutte d’Yquem n’est
sortie des chais ces années-là […]
Jérôme Hanover : extrait du Figaro Magasine du 15 octobre.
Ancienne ferme fortifiée, le Château d’Yquem est un patchwork d’architectures dont la plus ancienne date du XVe siècle.
Détail d’architecture du
Château…
Les vendanges s’effectuent en six passages,
une partie de grappe après l’autre. Les raisins sont sélectionnés en fonction du développement d’un champignon, le « botrytis ».
C’est un champignon, une pourriture noble, qui
est à l’origine de la haute teneur en sucre qui fait le vin de Sauternes.
Dans les caves, des bouteilles
exceptionnelles.
Le plus
ancien millésime date de 1861.
Il n’en
reste qu’un flacon qui ne sera probablement jamais bu.
Rien qu’en admirant cette robe en or, nos
papilles sont en effervescence…
Intérieurs
somptueux du Château.
Le
grand salon.
Salon des boiseries, datant du XVIIIe
siècle.
(Derrière
ces panneaux pivotants, se cachent des peintures murales : copies de Rubens, de Raphaël…)
Plafond de la Chapelle, datant du XVIe
siècle.