LA LOIRE… VALLEE DES ROIS, VALLEE DES REINES.
CHENONCEAU.
Le château de Chenonceau, où on été redessinés les jardins de Diane de Poitiers et de Catherine de Médicis.
Derrière un pont que garde le donjon remanié du château primitif, la porte d’entrée intègre parfaitement son décor sculpté à l’architecture.
En avancé sur la façade nord-est du château, la chapelle est d’une architecture
sobre et pure.
Après avoir reçut d’Henri II le château de Chenonceau, la favorite Diane de Poitiers engagea une fortune pour aménager le royal cadeau à son goût. Comme il lui était attribué une part d’un impôt institué sur les cloches, Rabelais put écrire férocement : « le roi a pendu toutes les cloches du royaume au cou de sa jument. » On lui doit néanmoins, le grand jardin situé en amont du château et surtout le pont aux cinq arches lancés vers l’autre berge du Cher.
Diane de Poitiers au bain, peinture de François Clouet XVIe siècle.
Doublement jalouse, la reine Catherine de Médicis, rongea son frein jusqu’à la mort accidentelle d’Henri II en 1559 qui lui donne l’occasion d’éloigner la favorite vers Chaumont et Anet.
Chenonceau devient alors l’instrument de l’ambition de la Régente : elle fait édifier la galerie à double étage sur le pont, tracer des jardins propices aux fêtes les plus extravagantes et élever des communs à la mesure des exigences de la cour qu’elle entretien sur place.
Portrait de Catherine de Médicis.
Henri III y aura aussi sa cour et y fera de grandes fêtes.
Portrait d’Henri III.
La reine mère lègue le Château à sa belle-fille, Louise de Lorraine, l’épouse d’Henri III, qui après l’assassinat de ce dernier est plongée dans l’affliction. Désormais habillée de blanc « couleur de deuil des reines », elle fut appelée la « Dame Blanche ». Louise s’enferma pour toujours dans son immense chagrin. Elle fit peindre toutes les pièces du château en noir, avec pour motifs : des larmes des crânes et des ossements, symboles funèbres repris sur les tentures, noires aussi, qui obturaient toutes les fenêtres. Et elle y errera onze années durant à la lueur des cierges.
Pour le décor de deuil de sa chambre, Louise de Lorraine fit exécuter un somptueux plafond peint de noir et d’or conservé depuis l’origine.
Henri IV voulut le Château pour sa favorite Gabrielle d’Estrée. Louise de Lorraine légua son château à sa nièce Françoise de Lorraine âgée de six ans, qui fut fiancée à César de Vendôme fils naturel d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrée qui lui, n’en avait que quatre.
Portrait d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrée, intitulé : Le rendez-vous.
De François-André Vincent 19e siècle
(Château de Fontainebleau)
Très célèbre portrait de Gabrielle d’Estrée au bain, avec une de ses sœurs.
Peinture de l’Ecole de Fontainebleau XVIe siècle
(Château de Fontainebleau)
La chambre de César de Vendôme, propriétaire de Chenonceau en 1624.
(Fils naturel d’Henri IV)
Quand à Louise elle reçut le Bourbonnais en douaire, et s’en alla mourir à Moulin, avec pour seule consolation, d’avoir vu mourir auparavant, celle qui l’avait si astucieusement dépouillée.
La grande galerie, dont le rôle en tant que pont sur le Cher, avait déjà sauvé le château au moment de la révolution, fut de nouveau à l’honneur au vingtième siècle, durant la première guerre mondiale, le propriétaire du château le transforma en hôpital, tandis qu’au cours de l’occupation allemande de 1940 à 1942, elle servit de point de passage vers la zone libre, grâce à sa porte sud située sur la bonne rive du Cher.
Brantôme, qui est passé à la postérité, grâce au recueil d’anecdotes croustillantes qu’il consacra aux Dames de la cour, raconte que Catherine de Médicis, en son château de Chenonceau, fit percer un trou au plafond de la chambre de Diane de Poitiers. Et ce qu’elle vit, un soir d’été est ainsi décrit : « Une femme très belle, blanche, délicate et fraîche, moitié nue, faisant des caresses à son amant, et son amant lui rendre la pareille, de sorte qu’ils sortaient du lit et s’ébattaient sur le tapis velu… »
Alors la reine : « se mit à pleurer, gémir, soupirer, disant que son mari ne lui rendait la semblable et ne faisait les folies qu’elle lui avait vu faire avec l’autre… »
Inutile de chercher l’orifice dans le plafond de bois à caissons carrés, il a été rebouché…