Par Liviaaugustae
C'est la pleine lune ce soir !
Mais nous ne la verrons pas, car le temps est très couvert, la brume a envahi le ciel et enveloppe la ville dans son manteau cotonneux depuis trois jours déjà.
Tous les mois, quand Séléné commence son ascension dans le ciel et jusqu'à son apogée, je reste éveillée de longues heures, car Morphée sans doute attiré par sa clarté préfère rêver d'elle en dormant et oublie de verser aux dormeurs le filtre du sommeil qui leur apporterait le repos...
Je vous offre une belle ode à la lune, signé par Charles Baudelaire.
Livia
Morphée dormant
Jean-Bernard Restout
Séléné rêve sur des coussins de nuages un soir de pleine lune...
( vue de ma fenêtre)
Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;
Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d'une main distraite et légère caresse
Avant de s'endormir le contour de ses seins,
Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l'azur comme des floraisons.
Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,
Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
Et la met dans son cœur loin des yeux du soleil.
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