Le samedi 15 janvier 2022 nous commémorions la naissance du grand dramaturge Molière et cette commémoration m'a remis en mémoire des mésaventures théâtrales à l'époque de ma scolarité, durant laquelle on nous menait pour assister à des pièces de Molière données pour les écoles : Le malade imaginaire, L'école des Femmes, Les Fourberies de Scapin, Les Précieuses ridicules, etc...
Masques romains de théâtre...
Mosaïque de Pompéi IIe siècle
Autrefois, deux compagnies théâtrales venaient tous les ans à la Guadeloupe pour nous apporter la « culture » !
A l'automne, c'était une compagnie de théâtre de boulevard et de pièce classique (réservées pour les matinées des écoles) et une autre compagnie de théâtre lyrique en mai/juin.
A l'époque la télé n'existait pas encore et le cinéma ne nous offrait que des histoires policières, des westerns, des romances sucrées, ou alors des « Peplums » grandes fresques soit-disant historiques, sur l'Antiquité, Moïse, etc... arrangées à la sauce hollywoodienne.
La compagnie de théâtre offrait toujours une, voire deux pièces de Monsieur Molière pour les écoles – c'est toujours lui, que les élèves d'aujourd'hui assassinent encore – que la troupe donnait en matinée, mais las, c'était la foire d'empoigne, on entendait à peine les acteurs – qui jouaient d'ailleurs mollement démotivés par l'ambiance de désordre qui régnait dans la salle – les filles étaient au pare-terre et les garçons au balcon, ces derniers envoyaient toutes sortes de chose, nous avons reçu des papiers de bonbons, des chewing-gum et un jour, une fille a reçu une chaussure sur la tête... c'est là que le vase à débordé !
Les sœurs chez qui j'étais en classe décidèrent donc (l'une d'entre elles avait reçu un chewing-gum sur son voile) d'un commun accord avec toutes les autres écoles, de demander aux dirigeants de la salle de spectacle « La Renaissance » dans laquelle se donnaient les pièces d'inverser le placement des élèves et de permettre que les filles soient au balcon et les garçons en bas, ce qui fut fait dès l'année suivante.
Croyez-vous que le calme revint ? Pas du tout ! Les filles qui avaient subit les imbécillités des garçons durant quelques années, se vengèrent et ce sont les garçons qui reçurent des projectiles.
Je détestais viscéralement ces séances-là ! mais si nous n'y allions pas – à moins de se faire porter pâle, ce que les parents refusaient allez savoir pourquoi ? – les sœurs nous envoyaient en étude avec des devoirs qu'il fallait rendre à leur retour, j'ai donc continué à aller à ces soi-disant représentations que personne n'écoutaient et que nous regardions d'un œil éteint.
Aujourd'hui, cela nous fait de bons souvenirs quand nous nous retrouvons mes amies et moi, (le plus souvent au téléphone) nous en rions en égrenant les souvenirs de ces fameuses matinées !
Je demande pardon à Monsieur Molière pour avoir négligé ses pièces à cette époque-là, - occupée il faut l'avouer à éviter les projectiles – mais s'il y avait été présent dans cette salle, il aurait compris que je ne pouvais faire autrement !
Heureusement que beaucoup plus tard j'ai pu apprécier les pièces de Molière à la Comédie Française interprétées par de grands acteurs comme : Jacques Charon, Jean Piat, Robert Hirsh, etc...
Mes enfants ont assisté à des pièces pour les écoles ici, ils m'ont tous deux affirmé, que c'était aussi la pagaille absolue !
L'homme ne change pas de génération en génération il reproduit les même bêtises, Molière savait cela.
Livia