Par Liviaaugustae
Maurice Carême, est celui qui a le plus écrit pour sa mère.
La mère par Devéria.
SOMMEIL.
De la nuit bruissante de rêves
J’entendais monter le sommeil.
Debout sur mes paupières,
De grands hérons
Lissaient déjà leurs ailes.
Des sources pleines d’anges
Naissaient à chaque mur.
Et le cœur de ma mère
Montait comme une étoile
Au bord d’une berceuse.
MAURICE CARÊME (extrait de : Mère)
AINSI QUE DANS LE TEMPS…
Ainsi que, dans le temps,
Je vécus en toi,
C’est toi qui maintenant
Vis, puissante, en moi.
Et je ne sais plus bien
Lorsque mon cœur parle,
Si ce n’est pas le tien
Qui parle par ma voix.
MAURICE CAREME (extrait de : Mère)
IL PLEUT DOUCEMENT…
Il pleut doucement, ma mère,
Et c’est l’automne
Si doucement
Que c’est la même pluie
Et le même automne
Qu’il y a bien des ans.
Il pleut et il y a encore,
Comme il y a bien des ans,
Combien de cœurs au fil de l’eau
Et combien de petits sabots
Rêvant au coin de l’âtre.
Et c’est le soir, ma mère,
Et tes genoux sont là
Si près du feu
Que c’est le même soir
Et les mêmes genoux
Qu’il y a bien des ans.
Il pleut doucement, ma mère,
Et c’est l’automne
Et c’est le soir, ma mère,
Et tes genoux sont là.
Prends-moi sur tes genoux, ce soir,
Comme il y a bien des ans
Et raconte-moi l’histoire
De la Belle au bois dormant.
MAURICE CAREME (extrait de : Mère)
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