L’autre Lucrèce romain…
Lucrèce le poète latin.
Lucrèce (en latin Lucretius Carus) est un poète latin du 1er siècle avant J.C. (peut-être 98-55), auteur d’un seul livre inachevé, le De rerum natura (De la nature des choses), un long poème passionné qui décrit le monde selon les principes d’Epicure.
C’est essentiellement grâce à lui que nous connaissons l’une des plus importantes écoles philosophiques de l’Antiquité, l’épicurisme, car des ouvrages écrits par Epicure, qui fut beaucoup lu dans toute l’Antiquité tardive, il ne reste pratiquement rien, sauf trois lettres et quelques sentences.
Si Lucrèce expose fidèlement la doctrine de son maître à penser, il met à le défendre une âpreté et une sombre ardeur.
« On entend dans son vers les spectres qui s’appellent. » Dit Hugo.
Son tempérament angoissé et passionné est presque à l’opposé de celui du philosophe grec. Et il vit dans une époque troublée par les guerres civiles et les proscriptions […]
Comme philosophe, Lucrèce est un disciple fidèle et enthousiaste de son maître Epicure. Quatre des six livres du poème s'ouvrent sur l'éloge du maître. Ainsi le début du livre III :
« C'est toi, père, qui découvris la vérité,
Qui guides notre vie; c'est dans ton œuvre, ô maître,
Que nous venons chercher, abeilles butinant
Dans les vallées en fleurs, ces paroles d'or, oui,
D'or, dignes à jamais d'une vie éternelle ! »
Lucrèce, qui a l'ambition de créer une grande œuvre littéraire, s'en explique au début du livre IV par la métaphore du remède amer que les enfants refusent d'absorber si l'on ne met pas du miel sur la coupe :
« L'enfant imprévoyant, tout au plaisir des lèvres,
Avale jusqu'au bout le très amer remède :
Dupé, mais pour son bien, il guérit peu à peu...
Ainsi fais-je à présent. Je sais notre doctrine
Trop triste pour celui qui ne fait qu'y goûter;
La foule horrifiée la fuit. C'est pourquoi, moi
Je vais te l'exposer dans la langue des Muses,
Comme tout imprégnée du doux miel poétique.
J'ai voulu par mon chant séduire ton esprit,
Le temps qu'il ait compris le seul remède utile :
Lucrèce, comme Épicure, pense que l’univers ne se réduit pas à notre système solaire. Il est illimité et d’autres mondes existent :
« L’univers existant n’est limité dans aucune de ses dimensions. »
« On ne saurait tenir pour nullement vraisemblable… que seuls notre terre et notre ciel aient été créés (…)
Aussi, je te le répète encore, il te faut avouer qu’il y a ailleurs d’autres groupements de matière analogues à ce qu’est notre monde. »
Il croit à la génération spontanée des êtres vivants par la terre. Et Darwin, pense comme Lucrèce, car il pense que si les êtres que nous observons sont adaptés à leur mode de vie, c'est parce que ceux qui ne l'étaient pas ont disparu.
Texte et image wikipédia