Je bâille, tu bâilles, il bâille !
Lue dans une revue, le pourquoi et le comment des bâillements, c'est très intéressant.
Liviaaugustae
Prêt à faire dodo avec maman...
(image internet)
« Un bon bâilleur en fait bâiller sept » dit le dicton. Mais pourquoi le bâillement est-il communicatif ?
Les causes du bâillement
Le bâillement est un phénomène naturel qui survient 5 à 10 fois par jour. Il régule la faim, le sommeil, la veille. Sa fonction est de stimuler votre vigilance quand elle est en baisse, de vous reconnecter à votre environnement. C'est pourquoi vous bâillez au réveil, quand vous êtes fatiguée, quand vous vous ennuyez ou pendant la phase de digestion et... quand vous voyez quelqu'un bâiller.
Humains, poissons, reptiles, mammifères... tous les vertébrés bâillent. Toutefois, l'effet communicatif ne concerne pas toutes les espèces. Seuls l'Homme et les grands primates auraient la capacité à faire bâiller leurs congénères.
Pourquoi bâiller est si communicatif ?
Vous l'aurez remarqué, votre voisine de bureau bâille et il vous prend l'envie irrépressible de vous mettre vous aussi à bâiller. Difficile de résister, c'est comme un réflexe, quelque chose d'instinctif et d'inconscient que vous ne contrôlez pas. Les scientifiques parlent d'échokinésie du bâillement. Votre amie vous parle en se touchant le lobe de l'oreille ? Il y a de fortes chances que vous fassiez la même chose sans vous en rendre compte. En cause, les neurones miroirs, des cellules nerveuses qui vous permettent de vous voir agir à la place de l'autre. Ils interviennent dans le phénomène neurologique à l'origine d'un apprentissage par imitation. C'est grâce aux neurones miroirs que vous êtes notamment douée d'empathie : "Seule la capacité de se mettre à la place de l'autre peut provoquer l'envie de bâiller" expliquait le Dr Oliver Walusinski, spécialiste du bâillement, dans une interview à France Info. Des études par IRM ont confirmé le rôle majeur des neurones miroirs dans l'effet communicatif du bâillement. Toutefois, tout le monde n'a pas la même capacité d'empathie et une personne sur 4 resterait insensible à un bâilleur. Une étude américaine réalisée sur 135 étudiants affirmait que les personnes les plus égoïstes et les moins sociables réagissaient très peu aux bâillements d'autrui tout comme les bébés pas encore doués d'empathie dans les premiers mois de leur vie.
Selon les hypothèses, cet effet communicatif aurait pour but de maintenir la vigilance de tout un groupe et plus la proximité avec le bâilleur est proche plus les probabilités d'imitation sont fortes. Toutefois, l'oisiveté et le niveau de vigilance influenceraient cette capacité de mimétisme. En effet, plus vous êtes concentrée sur une tâche et moins vous êtes sensible aux bâillements de vos pairs.
Communicatif oui, contagieux non
Attention à la confusion. Alors que le caractère communicatif du bâillement a bien été identifié chez les primates il n'est pas approprié de parler de contagieux, le terme étant associé aux maladies infectieuses qui se transmettent par contact.
Enfin, en plus de stimuler votre vigilance, bâiller vous aidera à recouvrer l'audition pendant un vol en avion, après de la plongée sous-marine et aide à se relaxer. Veillez toutefois à ne pas bâiller la bouche trop grande ouverte, le bâillement est la cause le plus fréquente de luxation de la mâchoire !