Hier je vous parlais de la blague d'un courageux jeune homme durant une présentation de Haute couture à New-York, dans cette article il était fait allusion à cet âne peintre.
Je vous invite à découvrir aujourd'hui le tableau de Boronali, tableau sorti de l'imagination fertile de Roland Dorgelès afin de mystifier les peintres dits d'avant-garde et pour leur prouver que l'œuvre d'un âne était aussi bien que leurs œuvres.
Mais cela n'a pas arrêté les méfaits dans l'art, nous le voyons aujourd'hui : un poubelle, quelques pelures de bananes, un vieux parapluie, un arrosoir cabossé et hop on obtient une œuvre d'art !
Finalement le tableau de J.R Boronali peint avec sa queue, n'est pas mal comparé à certains tableaux de soi-disant « grands maîtres » d'aujourd'hui !
Livia
Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique
Le tableau est une huile sur toile de 54 centimètres de haut sur 81 centimètres de large. L'œuvre est peinte sur sa moitié haute de couleurs vives orange, jaune et rouge, sur sa moitié basse d'un bleu qui évoque la mer. Le tableau est bordé d'un cadre doré qui le met en valeur. L'œuvre est signée en bas à droite des lettres orange «J R BORONALI ».
Le 8 mars 1910, Roland Dorgelès emprunte Lolo, l'âne de Frédéric Gérard, dit «le père Frédé», tenancier du Lapin agile, un cabaret de Montmartre. En présence d'un huissier de justice, maître Brionne, Dorgelès fait réaliser un tableau par Lolo l'âne à la queue duquel on a attaché un pinceau. Chaque fois que l'on donne à l'âne une carotte celui-ci remue frénétiquement la queue, appliquant ainsi de la peinture sur la toile.
Dans la salle 22 du Salon des indépendants en 1910, le public, les critiques et la presse découvrent l'œuvre intitulée Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique, attribuée à un jeune peintre italien dont personne n'a jamais entendu parler: Joachim-Raphaël Boronali («JR. Boronali, peintre né à Gênes). Les journalistes rebaptisent le tableau Coucher de soleil sur l'Adriatique.
Le directeur du journal L'Illustration reçoit la visite de Dorgelès qui déclare que le tableau Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique est un canular, constat d'huissier à l'appui. Dorgelès révèle que le peintre est un âne dénommé Lolo, et, pour le prouver, montre une photo où l'on voit des plaisantins masqués en train de trinquer derrière un âne à la queue duquel est fixé un pinceau qui applique des couleurs sur la fameuse toile. Dorgelès fait remarquer au directeur que le nom Boronali est l'anagramme d'Aliboron, l'âne de Buridan lequel, hésitant entre la paille et l'eau, finit par mourir. Dorgelès explique sa motivation pour «montrer aux niais, aux incapables et aux vaniteux qui encombrent une grande partie du Salon des indépendants que l'œuvre d'un âne, brossée à grands coups de queue, n'est pas déplacée parmi leurs œuvres.»
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