Par Liviaaugustae
« Un ange parmi ceux qui se tiennent devant la gloire du Seigneur, fut envoyé dire à la Mère de Dieu : Réjouis-toi ! »
Hymne acathiste
L'art syrien chrétien est l'un des plus anciens du monde, avec la peinture des catacombes de Rome et l'art copte en Egypte, dès le IIIe siècle. Les icônes arabes d'Alep sont réputées, et celle-ci a été peinte par Youssef al Musawwir, un iconographe syrien d'Alep, entre 1650 et 1667. Cet iconographe est d'un prêtre melkite, appartenant à une lignée de peintres d'icônes du XVIe au XVIIIe siècle. Il est connu pour certaines innovations iconographiques.
L'icône comporte vingt-quatre scènes correspondant au vingt-quatre stances de l'hymne. Youssef a ajouté au centre, ce qui est original, le roi David (auteur des psaumes) jouant du luth. La partie narrative commence en haut par les trois étapes de l'Annonciation, de l'Incarnation et de la Visitation. Au deuxième registre, l'incertitude de Joseph, l'Annonce aux bergers, la Nativité, l'Adoration et le retour des mages à Babylone. Au troisième, la Fuite en Egypte, la Présentation au Temple, David. Puis vient la partie théologique, qui est une méditation sur la mystère de l'Incarnation.
L'Hymne acathiste à la Mère de Dieu fut composé en 1626 à Constantinople par Romanos de Mélode. Chaque verset commence par « Réjouis-toi ». Acathistos en grec signifie « non assis », car il doit être chanté debout. Très usité dans la liturgie orthodoxe, ce trésor de poésie et de spiritualité a été découvert assez récemment par certaines communautés et sanctuaires catholiques.
Marie et l'Enfant, montés sur la mule blanche et escortés par saint Joseph, entrent à Babylone d'Egypte, appelée aujourd'hui le Caire, où ils vont faire étape avant de partir vers le sud.
La Vierge porte une torche (c'est le Christ), dans la caverne de notre cœur. « Nous contemplons dans la Vierge sainte le flambeau qui a porté la lumière véritable dans les ténèbres. »
Le Christ déchire un parchemin en deux, représentant le péché originel.
« Il a voulu faire grâce des anciennes dettes à tous les hommes, déchirant leur billet de créance. »
Cette icône de l'Hymne acathiste est présentée jusqu'au 14 janvier 2018 à l'institut du monde arabe, à Paris, dans l'exposition « Chrétien deux mille ans d'histoire ».
Elle appartient à une collection particulière de Londres.
Marie-Gabrielle Leblanc
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