Par Liviaaugustae
« Le Seigneur m'a enveloppée du manteau de l'innocence et m'a fait revêtir les vêtements du Salut. »
Isaïe 61, 10
Vêtue d'une robe blanche et d'un manteau bleu sombre, Marie joint les mains avec ferveur. Elle a la lune sous les pieds comme la Femme de l'Apocalypse (chapitre 12). Deux phylactères, en haut proclament, d'après le Cantique des Cantiques : Tota Pluchra es amica mea (Tu est toute belle, mon amie) ; et Et macula non est in te (Et il n'y a aucune tache en toi). Et en bas, Pulchra es ut Luna (Tu est belle comme la Lune)
Autour d'elle sont figurés ses emblèmes, qui se trouvent dans les litanies de Lorette, où on l'invoque comme « Miroir de justice, Rose mystique, Tour de David, Tour d'ivoire, Porte du Ciel, Etoile du matin » ; mais aussi dans l'hymne de la fête de l'Immaculée Conception : « Porte du palais célste, Lis au milieu des ronces, Tour inaccessible au dragon, Etoile de la mer. »
Tous ces emblèmes ont leur source dans la Bible.
Ainsi à gauche, le Soleil qui sert de manteau à la Femme de l'Apocalypse : le Cyprès (Ben Sirac 24) ; la Porte du Ciel (Genèse 28, vision de Jacob) ; La Tige produisant de sa racine le remède à notre blessure (la racine de Jessé, Isaïe 11) ; le Puits d'eau vive (Cantique 4). La Roseraie de Jéricho (Ecclésiastique 24) ; l'Olivier précieux (Ben Sirac 24)
Et à droit, la Citée de Dieu (Apocalypse 21) ; le Miroir sans tache, symbole de pureté et de vérité (Sagesse 7).
Le peintre Juan de Juanes (1507-1579) a, vers 1535, décrit avec tendresse Marie en son Immaculée Conception, thème cher aux peintres espagnols du XVIIe siècle, mais ici couplé d'une façon rare avec celui du Couronnement de la Vierge par la Sainte Trinité. Le tableau appartient à la Fundacion Banco Santander à Madrid.
Le jardin clos, en bas à gauche, vient du Cantique des Cantiques (4,12). Ce thème a été souvent repris dans l'art médiéval comme symbole marial.
La fontaine scellée, en bas à droite, vient aussi du Cantique des Cantiques (4,12), et symbolise la virginité perpétuelle de Marie.
L'Etoile de la mer (Marie Stella maris), en haut à droite, vient de saint Venance Fortunat (VIe s) et de l'Hymne acathiste à la Mère de Dieu (Etoile qui annonce le lever du Soleil).
Marie-Gabrielle Leblanc
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