Le tableau ci-dessous n'est pas un tableau biblique à proprement parler, inspiré un peu (très peu) de la Bible, mais beaucoup de deux textes littéraires bien connus du temps du peintre : « l'Humanité du Christ » de l'Arétin, et de : « La Madeleine lascive et pénitente » de G.B. Andreni
Il s'agit donc ici, de Marie de Magdala, ou Marie-Madeleine, repentie de ses péchés et devenue Apôtre de Jésus, c'est elle qui va répandre du parfum sur les pieds de Jésus, c'est elle encore qui va au tombeau le matin de la Résurrection, elle n'a rien à voir avec Marie de Béthanie sœur de Marthe et de Lazare qui sont tous trois les amis de Jésus.
Se basant sur les deux ouvrages pré-cités il a magnifiquement il faut le reconnaître, artistiquement mélangé les deux Marie.
Madeleine repentante
Guido Canlassi dit Cagnacci, est né le 19 janvier 1601 à Santarcangelo di Roma dans la province de Rimini en Emilie, il est mort en 1663 à Vienne en Autriche, c'est un peintre italien du XVIIe siècle, que l'on peut rattacher à la période tardive du baroque italien. Il appartient à l'école de Bologne.
Madeleine, allongée à demi nue sur le sol carrelé de cette riche demeure patricienne, seulement couverte d'un voile blanc, a les yeux rougis par les pleurs, elle bouleversée par le choc de sa rencontre avec Jésus et rongée de remords.
Marthe la rejoint dans la pénombre de la chambre assise sur un coussin, elle lui indique, d'un geste de la main, protecteur et rassurant la présence de l'ange, situé au second plan, chassant le démon de la vie de Madeleine.
Un ange au corps puissant, les cheveux volants au souffle divin, boute hors de la chambre un démon aux chairs rouges, illustrant le combat auquel se livre l'âme de l'ancienne courtisane.
Renonçant à sa vie de débauche, Madeleine s'est débarrassée de tous ses artifices et a jeté au sol bijoux, parures et luxueux vêtements. Elle se présent dans sa nudité, mais non sans érotisme et volupté, ce qui confère à la scène une certaine ambiguïté. C'est un petit tableau dans le tableau, une véritable nature morte, modeste vanité au sein de cette magistrale composition religieuse.
Les servantes quittent la pièce émues aux larmes par la scène à laquelle elles viennent d'assister. La chambre de Madeleine ouvre sur une large terrasse et sur un ciel bleu qui contraste avec la pénombre intérieur. Le peintre joue aussi sur le registre allégorique (la poterie plantée de fleurs prêtes à éclore, à l'image de la nouvelle Madeleine, repentie et disciple de Jésus.
Cagnacci, fut un peintre talentueux mais très controversé pour son style non conventionnel, voire excentrique lorsqu'il traite des sujets religieux, car il y met une forte dose d'érotisme. C'est le cas de cette Madeleine repentante, dont la composition aux accents théâtraux met en scène la courtisane, étendue presque bue, renonçant à ses richesse pour suivre le Christ...