Allée cavalière dans la forêt du Gâvre
(photo de mon tableau aux couleurs d'automne, peint par un ami de la famille)
C'était un beau dimanche d'automne, une amie m'avait priée à déjeuner et dans l'après midi elle me proposa une balade dans la forêt du Gâvre.
C'est en générale une balade que j'apprécie beaucoup et que nous avons fait bien souvent avec ces mêmes amis quand nos époux vivaient tous deux encore à la recherche de champignons, que nous dégustions ensembles devant la cheminée...
Mais je ne m'attendais pas à ce qui arriva ce jour-là, et bien que la conduite de cette amie m'effrayait toujours un peu, je m'embarquais courageusement avec elle, dès la sortie du garage elle prit un virage un peu serré et la voiture monta sur le trottoir, je commençais déjà à regretter ma légèreté, mais je devais le regretter bien plus encore.
Nous sortîmes sans encombre de la ville, comme c'était dimanche la circulation était pratiquement inexistante, nous roulâmes donc sans encombre (le trottoir mis à part) jusqu'à cette belle forêt.
En pénétrant sur un chemin dans la forêt, voilà qu'un cycliste se pointe en face, je ne sais ce qui se passa car nous bavardions toutes les deux, mais la conductrice fut effrayée et donna un grand coup de volant, ce qui nous envoya dans le fossé.
J'étais complètement coincée contre la portière qui ne s'ouvrait pas à cause des arbustes, heureusement, un groupe de promeneurs venait vers nous et les trois hommes, des hommes de notre âge, donc plus très jeunes, vinrent courageusement à notre aide, ils nous aidèrent à nous extraire tant bien que mal de la voiture par la portière qui s'ouvrait encore, ce ne fut pas une petite affaire, surtout pour moi qui dus escalader pratiquement le siège du conducteur, enfin nous fûmes à l'air libre, mais nous étions quand même à 40km de Nantes et l'après midi était déjà bien entamée, je ne m'imaginais pas passer la nuit dans la voiture gisant dans le fossé...
Très obligeants, les promeneurs nous proposèrent de nous ramener à bon port ce que j'aurai voulu accepter avec enthousiasme, mais...dilemme, mon amie ne voulait pas quitter sa voiture dans la forêt, ce que je pouvais comprendre, après moult parlottes, comme le portable ne passait pas nous fûmes conduites hors de la forêt où ce dernier pouvait capter un signal. Nous trouvâmes donc un garagiste obligeant, qui pour la modique somme de 600€ (taris du dimanche) se proposa de nous dépanner. C'était un peu cher, mais mon amie accepta soulagée, les promeneurs toujours obligeants, nous ramenèrent à la voiture, je ne pouvait pas laisser mon amie seule dans la forêt il fallait que je lui tienne compagnie en priant le ciel que le garagiste et sa dépanneuse nous retrouvent ?
Et l'attente commença !
Une bonne heure passa, le soleil descendait et le froid se faisait sentir, j'étais je dois l'avouer bourrelée de craintes, car j'avais très peur de dormir ce soir dans la forêt où les ombres ne cessaient de s'allonger, un bruit de moteur nous ravigota et ouf ! La dépanneuse apparut !
Le garagiste nous expliqua qu'il s'était un peu perdu dans les allées et qu'il était sur le point de rentrer chez lui, mais heureusement pour nous que la voiture était blanche, c'est ce qui avait attiré son regard.
Il installa son câble et tira la Renaud du fossé, elle était un peu griffée sur le côté renversé, mais d'après le garagiste vérifia tout était en ordre de marche, mon amie le régla (Très prévoyant, il n'avait pas oublié d'apporter son appareil pour CB), il nous accompagna donc jusqu'à l'orée de la forêt.
J'avoue qu'en la quittant (la nuit était complètement tombée), je n'étais pas tout à fait rassurée, car je me demandais si nous arriverions à bon port sans autres incidents ?
Mon amie se confondait en excuses et je tentais de la rassurer, bien que ne l'étant pas du tout moi-même.
Mais, Dieu merci... nous arrivâmes enfin à Nantes.
C'est seulement en entrant chez moi, que je fus soulagée vraiment et que je pus enfin décompresser, ce dimanche fut très riche en couleurs automnales mais...surtout en émotions, alors comme le renard de Monsieur de La Fontaine, « honteuse et confuse, je jurai mais un peu tard, qu'on ne m'y reprendrait plus ! »
Livia