Le pénis de titan
Il n’est pas du genre pudique. Cette semaine, entre 15 000 et 20 000 curieux sont attendus à Villers-lès-Nancy, en Meurthe et Moselle, pour assister à l’éclosion d’un « Pénis de Titan », une fleur extrêmement rare. Et pour cause, c’est seulement la 4ème fois qu’un tel événement botanique se produit en France après une floraison à Brest en 2009, à Nantes en 2014 et à Bordeaux en 2016.
Cette fois, c’est dans l’une des 22 serres tropicales du jardin Jean-Marie-Pelt que cette plante au nom si cocasse va donner naissance à une fleur après une longue période de croissance. Le spectacle est prévu entre le 10 et le 13 juillet, un avant-goût des feux d'artifice de la fête nationale.
Le spécimen qui va enfin faire preuve de générosité a été particulièrement bichonné. Il a été envoyé en 2018 par le jardin botanique de Meise, en Belgique. Il a ensuite été placé dans une serre chauffée à 27 degrés et arrosé par des brumisateurs pour assurer une hygrométrie optimale. Les choses se sont précipitées ces derniers jours durant lesquels la plante a connu une croissance soudaine : 10 centimètres par jour pour atteindre 1m70 au dernier pointage vendredi 7 juillet. Plus largement, cette plante découverte en 1878 sur l’île de Sumatra est connue pour être la plus grande du monde. Le record est de 3,10 m.
Chaque saison, elle ne produit qu’une seule et unique feuille et toutes les décennies, l’arrivée de cette feuille est précédée par la sortie d’une immense fleur violacée. Au-delà de sa rareté, le phénomène attire autant de monde car il est extrêmement bref, à peine 72 heures tout au plus. Mieux vaut ne pas arriver en retard.
3 jours, c’est donc le peu de temps dont dispose le « Pénis de Titan » pour être fécondé et donc attirer des pollinisateurs. Comment les séduire? En dégageant une odeur « attirante ». Mais dans le monde des insectes, il n’y a pas que la rose ou la lavande qui éveillent les sens. Dans le cas de l’Amorphophallus titanum, ce sont plutôt des effluves de cadavre en décomposition, repérables jusqu’à 800 mètres à la ronde, qui émanent de la fleur qui porte également le surnom de « fleur cadavre ». Une essence irrésistible pour les coléoptères et autres mouches qui y élisent domicile lui permettent de se reproduire.
En plus d’avoir le cœur bien accroché, les visiteurs devront s’armer de patience. Le jardin botanique prévient que les files d’attente pour observer la plante pourraient être particulièrement longues. Les horaires d’ouverture ont même été exceptionnellement élargis pour faire face à l’affluence boostée par ce mois de juillet. Le doux parfum des vacances.