Par Liviaaugustae
Tel on fait son lit, on se couche
(Littéralement, ce proverbe signifie que si on ne prépare pas bien son propre lit avant de se coucher, on court le risque de passer une mauvaise nuit dans un lit mal fait. C'est donc une manière figurative de dire qu'il faut assumer les conséquences de ses actes.
Mais les traîtres qui démolissent notre langue, n'assument pas les conséquences.
*cacolalie : Trouble du langage qui fait faire des erreurs de syntaxe et remplacer des mots par d'autres.
« Pervertir une langue, c'est pervertir l'esprit, renier l'âme de la nation dans ce qu'elle a de plus intime et de plus précieux. »
Jean Dutour
Le lit défait...
(image pixabay)
Il ne faut plus dire « ennuyeux » : les parleurs des médias disent « ennuyant ».
C'est ennuyeux, comme toutes ces petites laideurs qui offensent les oreilles, défigurent le français et font du discours public une intarissable cacolalie*.
Le suffixe ant, qui est rude, est à la mode : le superlatif « d'ennuyant » est « malaisant », « intrigant » se dit maintenant d'un film qui intrigue et non plus d'un comploteur ; le superlatif « d'intrigant » en jargon de critique (et même le superlatif absolu), est « inspirant » dispense évidemment de préciser ce qu'il inspire ; le spectateur ou le lecteur se le tiennent pour dit.
« Outillant » est aussi bien vu : une démarche «outillante » est au-dessus de tout soupçon. On pourrait multiplier les exemples ; ces participes présents fâcheux sont bientôt substantivés, et le pionnier en ce domaine fut « enseignant », que le grand Robert date curieusement d'avant 1865. On ne parle plus aujourd'hui de « sachants » et « d'apprenants », et quand, naguère, nous sortions hagards des confinements et autres couvre-feux, décrétés par le directoire des « sachants » sanitaires , M. Macron nous avait souhaité des vacances « apprenantes ». (Un de ses portes voix avait osé une variation courtisane en nous les souhaitant « ressourçantes ».
Nous vivons donc désormais au milieu des «accompagnants » et des « encadrants », soit des accompagnants en chef ; « aidants » et des « écoutants » ( qui sont semble-t-il des aidants à temps partiel), des « accueillants » et bien sûr des « soignants », lesquels furent eux aussi des pionniers (1972). Que dire ?
Les assommants ont pris le pouvoir !
Philippe Barthelet
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