Petite histoire sur fond d’Histoire…
Antoine-Claude Maille
En 1742, Claude-Antoine Maille prend la suite de son père, il élabore dans la tradition familiale des potions thérapeutiques et cosmétiques destinées à une clientèle aristocratiques fortunée. « Vinaigre de Vénus », « de la Reine », « à la Dauphine », ou de « Virginité », vendus dans de jolis pots de grès vernissés.
Armes dorées gravées sur un pot en grès vernissé…
A la fin de sa carrière, la maison compte plus de deux cent de ces élixirs. Des vinaigres d’assaisonnement et des moutardes, qui lui permettent d’accéder au rang de fournisseur officiel de la cour de Louis XV, en 1747, après l’installation d’une boutique parisienne. C’est la clientèle de Mme de Pompadour, favorite du roi qui influence les femmes du royaume, et qui assied sa fortune. Et en 1769, Claude-Antoine Maille n’est plus que « fournisseur de la cour » mais, « distillateur-vinaigrier ordinaire du roy ».
Portrait du roi Louis XV
Carl Van Loo
Et comme la France à cette époque dicte alors le « bon goût » au reste de l’Europe, les grandes cours suivent cette mode.
François Ier et Marie-Thérèse d’Autriche, à Vienne, comme la Grande Catherine II à Saint-Pétersbourg, relèvent leurs plats de viande avec une pointe de moutarde Maille.
Mais quand éclate la Révolution française, le vinaigrier ne perd pas le nord et s’associe à André-Arnoult Acloque, commandant général de la garde nationale et ancien brasseur. La production de vinaigre poursuit donc son ascension avec : « pour la table », aromatisés à l’estragon, au basilic, à la ciboulette ; « de parfum » à la lavande, au benjoin, à la marjolaine ; « de propriété » à la fleur de citron pour soigner les boutons, stypique pour effacer les rides, fondant contre les cors aux pieds, etc…
Les orages de la révolution et l’Empire passés, Louis XVIII, de retour sur le trône de ses ancêtres, rend à la maison Maille son titre de « fournisseur du roi ». Privilège qui se poursuivra sous les règnes de Charles X et Louis-Philippe. En 1830, Maille devient aussi « fournisseur de la cour d’Angleterre », par concession du roi Georges IV.
Les armes gravées sur les pots vernissées garantissent des contrefaçons.
Maille aujourd’hui est tombé hélas, dans le giron d’un colosse anglo-néerlandais, Unilever, fait entrer la marque dans les étals des grandes surfaces. (C’est tant mieux pour nous)
Cependant, des boutiques chics de Maille ont ouvert leurs portes d’abord à Paris en 1996 place de la Madeleine, et les lettres d’or de son enseigne brillent à Londres, Melbourne, Sydney et New-York, elles ressemblent à des échoppes de grands parfumeurs…
Mais après tout, parfumeur, n’était-ce pas un peu son premier métier ?
Qui ne connait cette publicité ? Il n’y a que Maille qui M’aille ?