L’Adoration du bois de la Croix par
la reine de Saba est une des célèbres fresques (3,36 m de haut) de Piero della Francesca (vers 1415-1492). Issue du cycle « L’Histoire de la
Vraie Croix », elle orne l’église San Francesco à Arezzo.
A droite, la reine de Saba à genoux et, les mains jointes, elle prie devant une grosse poutre de bois brun. Elle arrive d’Ethiopie pour rencontrer à Jérusalem le roi Salomon, dont la réputation de sagesse est parvenue jusqu’à elle (2 Chroniques 9).
Selon une histoire très connue au Moyen Age et qui ne se trouve pas dans la Bible, elle traverse le parc du palais de Salomon. Sur le point de franchir un pont de bois, une vision l’avertie de ne pas marcher sur cette poutre qui est sacrée, car « le Sauveur du monde sera crucifié à ce bois » La poutre provenait d’une branche de l’arbre du péché originel, plantée sur la tombe d’Adam et de ses enfants, et devenue un grand cèdre que Salomon fera couper. Plus tard, Jésus sera crucifié dessus. Il s’agit d’une légende, mais celle-ci est pleine d’enseignement et conforme à la théologie de Saint Paul, qui explique que le Christ est le nouvel Adam qui a racheté le péché originel : c’est Lui seul qui sauve !
Les fresques d’Arezzo, achevées en 1458, retracent l’histoire de la croix du Christ, du péché originel jusqu’à l’Exaltation de la Croix. Elles illustrent les deux fêtes de la Croix, réunies par le concile Vatican II en une seule, le 14 septembre : l’Invention et l’Exaltation de la Sainte-Croix.
Entre Adam et la Croix, il
n’y a pas, bien sûr de lien matériel. C’est néanmoins une idée omniprésente dans le christianisme que le bois de Vie (la Croix de Jésus) a racheté le
mal apporté dans le monde par le bois mort
(l’arbre du péché originel)
La reine de Saba en prière devant le
futur bois de la croix du Christ représente toutes les générations de l’Ancienne Alliance, qui ont attendu le Messie rédempteur pendant des millénaires.
A gauche, deux écuyers gardent les
chevaux. Ce détail est une des peintures les plus admirés de la Renaissance italienne. Remarquons la belle composition de l’homme de face, au chapeau blanc, en opposition avec celui de dos, au
chapeau et pourpoint noirs.
Marie-Gabrielle LEBLANC
Extrait de : Famille Chrétienne.