Par Liviaaugustae
Sous bois en Puy de Dôme…
Ce monde végétal qui nous paraît si paisible, si résigné, où tout semble acceptation, silence, obéissance, recueillement, est au contraire celui où la révolte contre la destinée est la plus véhémente, la plus obstinée. L’organe essentiel, l’organe nourricier de la plante, sa racine, l’attache indissolublement au sol.
S’il est difficile de découvrir, parmi les grandes lois qui nous accablent, celle qui pèse le plus lourdement sur nos épaules, pour la plante, il n’y a pas de doute : c’est la loi qui la condamne à l’immobilité depuis sa naissance jusqu’à sa mort (…)
Et l’énergie de son idée fixe qui monte des ténèbres de ses racines pour organiser et s’épanouir dans la lumière de sa fleur est un spectacle incomparable. Elle se tend tout entière dans un même dessein : échapper par le haut à la fatalité d’en bas ; (…) se délivrer, briser l’étroite sphère, inventer ou évoquer des ailes, s’évader le plus loin possible, vaincre l’espace où le destin l’enferme, (…) pénétrer dans un monde mouvant et animé. (…)
Nous verrons que la fleur donne à l’homme un prodigieux exemple (…) de courage, de persévérance et d’ingéniosité.
Si nous avions mis à soulever diverses nécessités qui nous écrasent, celles, par exemple de la douleur, de la vieillesse et de la mort, la moitié de l’énergie qu’a déployée telle petite fleur de nos jardins, il est permis de croire que notre sort serait très différent de ce qu’il est.
Maeterlinck
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