Par Liviaaugustae
Potiche chinoise.
(Image internet)
J'ai sur ma table une potiche
Chinoise, et du goût le plus fin,
Qu'avec l'extase d'un fétiche
Plus d'un contemplerait sans fin.
Le soleil chérit son front pâle,
Car dans son émail lactescent
Toujours un rayon caressant
Sertit quelque perle d'opale.
Sur ses flancs polis et bleutés
Vient s'épanouir une flore,
Belle d'inédites beautés,
Qu'un caprice étrange colore.
L'œil découvre parmi ces fleurs
Qui carminent l'azur des grèves,
Les monstres entrevus en rêves :
Dragons hagards, sphinx persifleurs,
Folles chimères, oiseaux gauches
Et funambulesques magots,
Assistant froids à ces débauches
De cinabres et d'indigos.
Japon ! Terre-Promise rose !
Sonore du chant cristallin
Des tourelles de kaolin
Qu'un fleuve de féerie arrose !
Bercé par les senteurs du thé,
Dans l'oubli qui pleut de grands aunes,
J'envie en ce nouveau Léthé
La jonque des mandarins jaunes.
Oui, dans ce merveilleux séjour,
Plaise au destin sourd que je vive
Aux pieds d'une Chinoise olive,
Grisé d'opium et d'amour !
Théodore Hannon
Un mot sur le poète...
Théodore Hannon
Théodore Hannon, né le 1er octobre 1851 et mort le 7 avril 1916 à Ixelles, était un poète belge.
Ses premiers essais poétiques, et notamment « les Rimes de joie » en 1881, portèrent sur lui l'attention du monde littéraire ? Huysmans, voyant en lui un disciple de Baudelaire, fit de lui un portrait élogieux.
Toutefois, par la suite Hannon sombra dans les parodies faciles, la poésie érotique et les pièces de théâtre boulevardières, son œuvre est rapidement tombée dans l'oubli.
Il était également peintre et dessinateur, il illustra en 1883, La Vie des bêtes de Max Walber […]
Je découvre ce poète qui jusqu'alors m'était totalement inconnu, c'est très dommage qu'il soit tombé dans la facilité et l'érotisme, car je trouve le poème ci-dessus très agréable.
Liviaaugustae
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