SCIENCES ET PHILOSOPHIE.
Nécessaire de
mathématique du Duc de Bourgogne,
Milieu du XVIIIe siècle
(Musée du Louvre)
[…] Les sciences s’intéressent, on le sait, à tout ce qui a trait à la nature des choses et des hommes : leur genèse, leur durée, le foisonnement de leur élément, les lois qui président à leur ordre, et cela jusqu’au infime détail. Et l’on ne peut que féliciter ceux qui à cela consacrent leur vie, et souhaiter que ce soit en toute liberté qu’ils le fassent. Quant à la philosophie, c’est l’homme qu’elle regarde en tant qu’animal raisonnable, sa nature, sa vie individuelle et sociale, sa pensée, ses droits et devoirs, ses éventuelles espérances. Finalement, c’est de son bonheur qu’elle s’inquiète, chaque école ayant là-dessus son idée, quant à sa nature et à la manière d’y atteindre le plus sûrement. [...]
Buste de
Sénèque
(Musée archéologique de Naples)
[…] Pour les Grecs et les Romains, ce que nous distinguons aujourd’hui, les sciences et la philosophie, ne faisaient qu’un. Connaître les lois de la nature, c’était un moyen, le moyen, d’accéder à ce qu’avait décidé de toutes choses, hommes compris, une transcendance idéale qu’on désignait plus ou moins confusément par les mots de Nature de Dieu, de Divin. Ainsi Sénèque : « Deus sive natura » sous-entendu : comme vous voulez. Et je redis que sur ce point, il y avait autant d’avis que de philosophe. De nos jours, en revanche, les sciences et la philosophie n’ont plus guère de rapports, parce chaque science c’est tant approfondie et développée qu’elle se cantonne dans son propre secteur, ce qui suffit à absorber chaque spécialiste. Les scientifiques, centrés sur leur spécialité, ont également en tête son application pratique. Cela étant, il était fatal que se soit peu à peu estomper l’ultime finalité de tout savoir : l’Homme. Mais l’homme selon toutes ses dimensions : sa nature à la fois matérielle et spirituelle, intellectuelle et morale, individuelle et sociale. Il n’est plus guère aujourd’hui qu’un élément parmi d’autres de l’univers, dont il suffit de rendre la vie physique, psychique, sociale, professionnelle aussi normale que possible. Tout juste, donc, un élément parmi l’infinité de ceux dont est fait l’univers. […]
Uranie : Muse de
l’astronomie.
(Galerie des Offices Florence)
(photo personnelle)