Seringue, pour prélever, ce sang, que l’on verse si facilement…
(Image source Wikipédia)
OU ALLONS-NOUS PUISQUE…
Où allons-nous, puisque notre sang ne nous appartient plus, puisqu’il est tombé comme un chef-d’œuvre dans le domaine public, puisqu’il est la proie du jour, des expériences, de la curiosité, puisqu’on l’achète et qu’on le donne, puisqu’il est monnaie d’échange, puisqu’on le verse, qu’on le prélève, qu’on l’altère, qu’on le corrompt et qu’on le croise !
Ce sang si beau, si personnel, si jalousement défendu ; ce charme concédé à la naissance pour n’être restitué qu’à la mort ; ce chaud confident ; ce magicien aux errants sortilèges ; cette résille aux mille chantantes mailles qui nous retenait vivant et prisonniers ; ce vaste piège amoureux du cœur, sa proie et sa raison d’être ; ce circuit sans fin, sans rupture ; ce chant sans pause ; cette chaîne continue et fragmentée ; cette cadence empruntée aux astres ; cette fluidité plus vive que l’eau, plus substantielle que le vin ; ce trésor sans cesse épanché, rubis sur rubis ; ce fourmillements d’atomes ; cette lutte constante et disciplinée ; cette suave paix née d’incessants conflits ; ce sang, le voici découvert, le voici prostitué puisqu’on le prend à un être pour l’incorporer à un autre.
Fleuve qui n’étier point fait pour couler à ciel ouvert, mais dans l’ombre épaisse de l’homme, comment supportez-vous cette intrusion ? Quelles images naissent dans vos souterraines demeures ? Quels hôtes nouveaux vous habitent ? Le singe, le chien, et pis encore, le passant, nagent aveugles dans votre pourpre. Flottent-ils inconscients, mais nutritifs, présents mais annihilés ? Ou bien gardent-ils, lentement mêler aux vôtres, leurs instincts ? Sang malade qu’ils ont guéri à qui appartenez-vous désormais ? Vous carriez attachés ensemble, Hyde et Jekyll, Wilson et Poe. Haine, accord ou complicité, le pire mal n’est-il pas de ne plus savoir de quel cœur étranger jaillissent désormais vos peines et vos amours ?
Faut-il périr ou capituler ? Véritablement libre est celui qui, placé entre le péril et la guérison, opte pour le péril : qui préfère à l’indélicat et profitable partage, une orgueilleuse, une individuelle mort.
Germaine BEAUMONT
Extrait de : Si je devais…
Qu’aurait écrit Germaine Beaumont aujourd’hui ?
Avec les grossesses in-vitro !
Les expériences sur les embryons humains congelés !
Les essais de clonage, qui tentent la création d’un homme !
C’est çà ! le grand rêve de l’homme, créer un être, juste pour prouver qu’il n’y a pas de Dieu !
Ou que se sont eux qui décide sur la terre, et qu’ils ont le pouvoir de créer la vie !
La mort ! Ils connaissent, ils la donnent tous les jours, sous toutes les latitudes, sous toutes les formes et toutes races confondues…
Nous remercieront la science quand même pour les prouesses qu’elle a fait, dans la recherche, dans la technique, (qui me permet d’écrire ce billet).
Alors attendons : Vont-ils la créer cette vie ? Vont-ils abolir la vieillesse ?
Mais je crois, que la mort, les hommes se la donneront toujours : par vengeance, par jalousie, par envie, mais surtout par soif de pouvoir !
Il restera, à mon humble avis, à domestiquer la nature…
Et cela ? Sera-ce possible ? Ne verrons-nous plus jamais ça !
Tempête dans le Midi de la France
(Image internet)
Liviaaugustae