LE GOUT
DES MOTS.
DU PAIN
ET DES JEUX…
Distribution
destinée à s’assurer le soutien d’un peuple apathique ; l’absence d’intérêt des gens pour la politique.
La
satiriste romain Juvénal, écrivant autour de l’année 100, inventa l’expression « du pain et des jeux » comme une indication accablante de l’état des romains de cette
ère.
Tandis
que les citoyens de la République (qui commençait à s’effondrer un siècle et demi avant que Juvénal ne commence à écrire) avaient exercé leur droit de vote avec fierté, choisi solennellement les
magistrats et les généraux qui allaient les gouverner, la population de la Rome moderne élirait quiconque la soudoierait le plus efficacement.
Les
romains, se plaignait Juvénal, ne se souciaient plus que de deux choses : le pain (c’est-à-dire la ration qui était offerte aux pauvres de la cité) et les jeux (les spectacles donnés par les
gladiateurs et d’autres réjouissances qui étaient offertes par tous les candidats politiques sérieux).
Depuis
lors, les élites politiques ont utilisé cette phrase pour exprimer un désespoir prétentieux envers la folie des électeurs ordinaires. D’un autre côté, certains diront que les électeurs ordinaires
qui aiment le pain et les jeux étaient ceux qui avaient tout compris.
Du
temps de Juvénal, la plupart des romains avaient saisi que, qui que soient ceux qu’ils éliraient, l’empereur resterait le seul à décider.
Etait-il
cynique, ou simplement logique, de penser que la meilleur chose qu’ils pourraient obtenir de toute la procédure du vote serait un peu d’amusement gratuit ?
Ferdie
ADDIS
Aujourd’hui,
le pain manque déjà à certain ;
Le
travail fait défaut.
On
avait promis de tout changer,
Et de faire rêver le peuple…
Ce
peuple, n’a plus envie de rire,
L’hiver
qui arrive,
S’annonce
dur, très, très dur…
Pour
ceux qui n’ont pu fuir !
C.F.