François
Mauriac (1885-1970) elle l’une des figures les plus fortes de la littérature française du XXe siècle : admiré, honoré, détesté, moqué… Il faut dire que la personnalité est énigmatique et
très engagée politiquement.
Il
côtoie Barrès, fait une résistance de plume durant la seconde guerre mondiale, rencontre le général de Gaulle en 1944, obtient en 1952 le prix Nobel de littérature.
A la
fin de sa vie il remarquait crânement : « j’ai abouti à l’Académie Française et au Nobel, Nerval a aboutit au bout d’une corde. »
Graphomane,
François Mauriac publie entre un et quatre livres par an, auquel s’ajoutent critiques, articles : plus d’une cinquantaine de volumes… Autant dire qu’il est partout.
Romancier
catholique ? Il préfère se dire catholique qui écrit des romans. On lui reproche une foi traditionnelle. Mais Mauriac s’opposera toujours aux chrétiens de stricte observance, aux
pharisiens. C’est un inquiet, trop chrétien pour être sans révolte, trop chrétien aussi pour se libérer à la façon d’un André Gide.
« Qu’est-ce
d’abord qu’un chrétien ? s’interrogeait-il. « C’est un homme qui existe en tant qu’individu ; un homme qui prend conscience de lui-même ». Ce n’est pas si
simple.
Grand
lecteur de Pascal, Mauriac aime la chrétienté du Grand Siècle, le XVIIe. Sans la grâce la religion est vaine. Deux sujets engendrent le péché : l’argent et la chair. Ainsi le roman
Mauriacien est-il le théâtre du remord, du scrupule envers les pulsions : comment l’homme crée à l’image de Dieu peut-il être capable d’instincts bestiaux ? La sexualité n’est jamais
envisagée comme une harmonie. On parle que pour souffrir…
« Le
romancier est, de tous les hommes, celui qui ressemble le plus à Dieu : il est le singe de Dieu. »
François
Mauriac