Par Liviaaugustae
Pour oublier les inepties de ce temps-ci, je me suis replongée avec délices dans les Métamorphoses d'Ovide et je vous invite à découvrir en sa compagnie comment est née l'ambre.
La chute de Phaéton
Rubens
[…] Alors le père tout puissant, ayant pris à témoin les dieux du ciel, même celui qui avait prêté son char, que le monde, s'il ne venait pas à son secours, allait périr victime d'un cruel destin, monte à ce sommet de l'empyrée d'où il a coutume d'étendre les nuages sur la vaste terre, d'où il agite le tonnerre, d'où il brandit et lance la foudre. Mais alors il ne trouva point de nuages à étendre sur la terre, ni de pluie à répandre du ciel. Il tonne et, balançant la foudre du côté de son oreille droite, il l'envoie contre l'aurige ; il lui enlève à la fois la vie et le char et arrête le progrès du feu sous ses feux terribles...
Les Naïdes de l'Hèspérie déposent dans un tombeaux son corps qui fume, consumé par la flamme au trois dards, et elles inscrivent ces vers sur la pierre : « Ci-gît Phaéton, conducteur du char de son père ; s'il ne réussit pas à le gouverner, du moins il est tombé victime d'une noble audace.»...
Les métamorphoses des Héliades sur le tombeau de Phaéton
Les Héliades ne sont pas moins désolées ; elles offrent à la mort de leur frère le vain tribut de leurs larmes ; elles se frappent la poitrine de leurs mains, et, comme si Phaéton pouvait entendre leurs plaintes lamentables, nuit et jour elles l'appellent, étendues au bord de son tombeau. L'une des sœurs, Phaéthuse, l'aînée, qui voulait se prosterner sur la terre, se plaignit que ses pieds étaient devenus rigides ; en s'efforçant d'aller jusqu'à elle, la blanche Lampétie fut tout à coup retenue par une racine ; la troisième voulait s'arracher les cheveux et ses mains détachent des feuilles de sa tête ; l'une gémit de voir ses jambes immobilisés sous la forme d'un tronc, l'autre de voir ses bras changés en longs rameaux. Tandis qu'elles s'étonnent, l'écorce enveloppe leurs cuisses ; par degrés elle emprisonne leur ventre, leur poitrine, leurs épaules et leurs mains...
De la coulent les larmes que distillent leurs jeunes rameaux, ces gouttes d'ambre, durcies au soleil, que reçoit le fleuve limpide et qu'il envoie aux jeunes femmes du Latium pour qu'elles en fassent leurs parures.
Ovide (Les Métamorphoses)
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