Par Liviaaugustae
« Ses souvenirs le fouaillaient, plus encore que ce vent glacé… »
(Martin du Gard)
L’Ilet Fajou…
(Une photo que j’ai prise lors d’un séjour en Novembre 2008, du bateau de mon frère)
Le samedi 10 mai 2014, en lisant le texte de Quichottine, accompagné du joli tableau d’Amande, cela a soulevé en moi pêle-mêle une brassée de souvenirs…
Je me suis rappelé quand j’ai pris le bateau plusieurs fois, mais ce n'était pour moi qu'un au revoir, je revenais toujours!
Et puis un jour, et par avion cette fois j'ai quitté mon île natale (Guadeloupe), ce n’était pas tout à fait fini, je reviendrais, je reviendrais sans doute, mais en "touriste"! Et dans cet avion qui franchissait l'Atlantique au rythme des vrombissements de ses moteurs, mon cœur pesait lourd, très lourd et tout au fond de moi, il sanglotait.
Alors d’un seul coup tous les souvenirs emmagasinés depuis la petite enfance sont revenus, « pêle-mêle » les uns poussant les autres, ils se pressaient, et cognaient si fort dans ma tête et dans mon cœur, que j’ai été malade.
Pourtant, j’avais à mes côtés mon époux et ma petite fille, mais il me manquait tant ! Mes parents et toute ma fratrie, les odeurs suaves des fruits le soir, qui, chauffés toute la journée, exhalent des parfums lourds, généreux, et puis ces ciels bleu à l’infini, le soleil se couchant et s’enveloppant de grandioses draperies d’or et de sang, englouti très vite au loin par l’océan, d’où les nuits sortent d’un seul coup…
Toujours beaucoup de monde, sur les galeries (vérandas), nous sommes si nombreux, à rires, à parler et à goûter la paix du soir en famille…
Et la nuit tombe doucement sur la montagne violette…
(Gwadloup « en créole » 2008)
Depuis maintenant 46 ans je vis en Métropole.
L’adaptation fut pénible, surtout l’hiver : froid, pluie et grisaille durant tant de mois…
Que faisais-tu mon île, sous ton dais bleu, et ta mer émeraude au bord des plages, cette mer qui passe au bleu roi, quand on s’en va vers le large ?
Le temps a passé, la vie a repris ses droits, mais les souvenirs qui sont remontés ce soir, sont toujours si vivants et si pleins de bonheur que je vais de ce pas ouvrir mes albums et reprendre la main de cette petite fille, pour ; un soir, revivre ces années entre soleil et mer à l’ombre du cocotier, bercé par l’alizé…
Liviaaugustae
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