•  

     

    Les enseignes romaines...

     

    Enseigne d'un coiffeur... (aujourd'hui)

     

    (image internet)

     

     

     

    Dans la Rome Antique, chaque boutique a son enseigne, comme nos commerçants actuels...

     

    Elles sont généralement fixées au-dessus de l'entrée, mais parfois elles sont accrochées telles des banderoles aux poutres des portiques pour que l'on puisse les voir de loin. Ces enseignes sont réalisées a partir de plaque de bois, de marbre ou de terre cuite, et sont le plus souvent sculptées en relief, et à défaut de néons lumineux, affichent des couleurs clinquantes.

     

    Cinq cuissots de porc alignés indiquent une boucherie. L'enseigne d'à côté représente une chèvre : on vend ici des produits laitiers, et au mur il y a de petits paniers remplis de ricotta enveloppés dans des feuilles de vigne.

     

     

    Les enseignes romaines...

    Amphores signalant la taverne

     

    Un peu plus loin, trois amphores signalent une taverne. Puis à l'angle d'une ruelle on peut lire sur un autre panneau : nous vous proposons poulet, poisson, jambon, paon et gibier. Le restaurateur a ajouté un cœur en signe de bon accueil.

     

     

    Les enseignes romaines...

    L'intérieure d'une taverne

     

     

     

    Vient ensuite la boutique d'un marchand de tissus, on le comprend aux coussins qui pendent au-dessus de la tête des clients et aux précieuses étoffes posés telles des serviettes de bain sur des tringles de bronze. Puis juste après vient la bijouterie qui vend des colliers en pâte de verre, et des bracelets en or en forme de serpent... Hilarus aperçoit enfin la boutique d'un parfumeur. L'enseigne nous apprend qu'il se nomme Sextus Apparonius Justinius. Dès le seuil on est enivré de fragrances. La boutique est surtout fréquentée par des femmes, mais quelques hommes sont là aussi. N'allez pas croire que les cosmétiques masculins sont une invention de notre temps. Dans l'Antiquité, bien des hommes usaient de parfums, de crèmes et d'onguents.

     

    (Extrait de : Empire, d'Alberto Angela)

     

     

     

     

     

     


    10 commentaires
  •  

     

     

     

    Comment arrivait le courrier à Rome ? Les tabellarii n'ont pourtant pas de mal à trouver les adresses dans la Rome Antique, bien que les maisons romaines n'aient pas de numéro. Ce tabellarus nommé Primus, tient en main une petite tablette de cire dont les indications lui permettent de se repérer grâce aux monuments qu'il rencontre sur sa route. Ce facteur est donc en possession d'une sorte de GPS de l'Antiquité. Et sur la tablette cet itinéraire est immortalisé par Martial dans l'un de ses Epigrammes.

     

    Les tabellarii de l'époque romaine avaient une connaissance de leur territoire digne de celle des chauffeurs de taxis d'aujourd'hui dans nos villes. En partant du point zéro de Rome à savoir le Forum ils pouvaient très bien se repérer et apporter les courriers à leurs destinataires.

     

     

    Le tabellarus à Rome...

    Reconstitution du Forum de la Rome Antique.

     

    (image wikipédia)

     

     

     

     

     

    Itinéraire d'un tabellarus, immortalisé par le poète Martial

     

    « Pars, mon cher livre, et sans retard.

     

    Cours au bel hôtel de Procule.

     

    Crains-tu de te perdre en chemin ?

     

    Du long trajet que tu dois faire

     

    Ecoute et suis l'itinéraire :

     

    Longe le temple de Castor,

     

    Ensuite celui des Vestales,

     

    Puis, franchissant dans ton essor

     

    Du mont Sacré les hautes dalles,

     

    Tu verras l'auguste palais

     

    Où partout le marbre et l'ivoire

     

    De notre prince offre les traits,

     

    Où tout nous parle de sa gloire.

     

    Admire en passant la grandeur

     

    De cette statue imposante

     

    Dont le soleil, de sa splendeur,

     

    Revêt la tête rayonnante,

     

    Et dont celle qu'à Rhodes on vente

     

    Pourrait envier la hauteur.

     

    Dirige toi vers la chapelle

     

    Où le vin coule pour Bacchus ;

     

    Plus loin est le dôme où Cybèle

     

    Est peinte avec ses attributs

     

    Au milieu de sa cour fidèle.

     

    Enfin, à gauche tu verras

     

    S'élever le noble portique

     

    De l'édifice magnifique

     

    Où doivent s'adresser tes pas. »

     

     

    Le tabellarus à Rome...

    Le poète Martial

     

    (Extrait du passionnant livre : Empire d'Alberto Angela)

     

     


    12 commentaires
  •  

     

     

     

    « Le ciel déchiré, à l'Orient, par une immense blessure, saignait, et le sang teignait de rouge la mer. L'horizon s'écroulait dans un abîme de feu. Secouée par de profonds sursauts, la terre tremblait, les maisons oscillaient sur leurs fondations, et on entendait déjà le bruit sourd des tuiles et des plâtras qui se détachaient des toits et des corniches des terrasses, s'abattaient sur la chaussée, signes précurseurs d'un désastre universel. Un craquement sinistre se répandait dans l'air, un craquement d'os brisés, triturés. Et, dominant le fracas, par-dessus les pleurs, par-dessus les hurlements de terreur poussés par le peuple qui courait çà et là en titubant dans les rues comme un aveugle, un cri terrible s'élevait, qui déchirait le ciel...Le cri rauque du volcan. »

     

    Ce récit, si authentique, n'est pas dû à un auteur antique . Il s'agit du témoignage de Malaparte, qui assista à l'éruption de 1944, qu'il transcrivit en 1979 dans son roman « La Peau ».

     

    Ce ne devait pas être très différent en l'an 79.

     

     

     

    Les derniers jours de Pompéi...

    Dernier jour de Pompéi (1830-1833)

     

    Karl Pavlovich Brioullov

     

     

     

    Le 24 octobre 79, en fin de matinée, l'explosion du Vésuve va surprendre les habitants de Pompéi dans leurs occupations quotidiennes et en quelques heures les figer à tout jamais.

     

    Et pourtant, en 62 Pompéi avait déjà subit un énorme séisme dû au volcan, il y eut beaucoup de dégâts et la ville se remettait doucement, beaucoup de bâtiments publics étaient inutilisables car il n'avaient pas été réparés, ainsi que bon nombre de maisons. En 79, la ville de Pompéi n'est que l'ombre d'elle même.

     

    Soudain, des grondements souterrains se font entendre : « semblables à des mugissements » nous dit Don Cassius et de rajouter « la mer grondait aussi ». Certains habitants on pensé qu'il s'agissait d'une secousse comme ils en avait déjà connues. Mais d'autres mus par la peur commencent à fuir la ville soit par voies terrestres soit par mer. Soudain se fit entendre un immense craquement, comme si la montagne s'écroulait et, d'abord, d'énormes roches furent projetées aussi haut que le montagne ». Car sous la pression magmatique, le bouchon de lave vient d'exploser. La panique alors devient générale et chacun organise sa fuite...

     

    Du 24 au 26 octobre le volcan envoie gaz délétère, pierres ponces, nuages de cendre qui enseveli tout, à Herculanum et Stabies c'est le même triste spectacle, il fait nuit, la fumée à avalé le soleil, le niveau de la mer a changé et la côte s'en trouve redessinée.

     

    A 13 heures c'est l'heure où Pline l'ancien, est avertit par sa sœur de l'existence d'un étrange nuage qui obscurcit le ciel au-dessus de la montagne. Curieux de nature, Pline veut faire mettre à l'eau une embarcation légère pour aller observer ce phénomène. Mais voici qu'arrive le messager de Rectina qui demande de l'aide. Aussitôt il organise des secours et s'embarque pour Herculanum. Il est en vue de la côte mais il doit renoncer à poursuivre son chemin, surpris par le nuage de cendres et par la chute des pierres ponces qui l'empêchent d'avancer... Pline qui a dû se détourner du rivage pompéien, a gagné Stabies où il est accueilli par son ami Pomponianus, qui s'apprête à fuir par la mer. Il le rassure et va dormir chez lui. Dans la nuit : « le Vésuve brillait en plusieurs endroits de flammes très larges et de grandes colonnes de feu, la clarté étaient avivés par les ténèbres. ». La terre tremble. Les murs de la villa vacillent. Les grondements de la terre finissent par recouvrir les ronflements sonores de Pline. Les ponces s'accumulent sur le toit. Il faut partir en hâte, des oreillers sur la tête pour se protéger.

     

    Le corps de Pline est retrouvé sans la moindre lésion. « L'aspect de son cadavre semble plus proche de celui d'un homme endormi que d'un mort. »

     

    Le 27 le soleil reparaît enfin.

     

    Et pour des siècles Pompéi sombre dans l'oubli.

     

     

     

    Les derniers jours de Pompéi...

    L'atrium de la maison de Cuspius Pansa

     

     

     

    Les derniers jours de Pompéi...

    Moulage d'un corps d'homme pétrifié

     

     

     

    Les derniers jours de Pompéi...

    Un pain pétrifié et un bracelet en or.

     

     

     

    Les derniers jours de Pompéi...

     

    Un boulanger de Pompéi et son épouse devant leurs pains

     

    « Car à Pompéi, on mange beaucoup de pain. On ne cuit plus le pain chez soi, mais on va l'acheter chez le boulanger, il n'y a pas moins de 30 boulangerie dans la ville.

     

    Le plus célèbre et le plus riche boulanger est Terentius Neo, sa femme et lui périront dans leur boulangerie lors de l'explosion du Vésuve. »

     

     

     

     

     

     

     


    14 commentaires
  •  

     

     

     

    Dans l'excellent livre d'Alberto Angela, qui nous invite à un extraordinaire voyage chez les romains, j'ai découvert tout ce que nos ancêtres romains nous ont légué, j'ai découvert un fabuleux héritage dont nous nous servons encore beaucoup aujourd'hui !

     

    Tant de choses qui nous paraissent aller de soi de nos jours et que nous pensons être « moderne », datent bien des romains, j'ai lu ce bouquin offert par ma fille avec beaucoup de plaisir allant de découverte en découverte.

     

    Ce bouquin m'a tenu compagnie durant plusieurs jours de mauvais temps et m'a comblé.

     

    Malheureusement nous avons gardé aussi certaines choses qu'il aurait fallut oublier....

     

    Je vous en offre un petit échantillon ci-dessous :

     

    Livia

     

     

     

     

    Legs romains...

     

    « En suivant l'itinéraire d'une pièce de monnaie à l'effigie de l'empereur Trajan, nous sillonnons tout l'Empire romain à l'époque de son extension maximale et découvrons toutes les couches de la société au travers de ses propriétaires successifs : un véritable docufiction sur papier qui rend l'Histoire plus passionnante qu'un roman.

     

     

     

     

     

    Les portes des habitations romaines s'ouvrent toujours vers l'intérieur, jamais vers l'extérieur côté rue.

     

    Pourquoi donc ?

     

    C'est très simple, si elle s'ouvraient vers l'extérieur, les battants empiéteraient sur l'espace collectif. Cette règle a traversé les siècles et s'est perpétuée jusqu'à nos jours.

     

    Vérifiez-le chez vous, c'est vrai que toutes nos portes s'ouvrent vers l'intérieur de l'immeuble ou de l'appartement.

     

     

     

     

     

    L'un des gestes le plus insultant de notre époque, à savoir le doigt d'honneur, n'est pas le fruit de notre vulgarité moderne, mais remonte à des temps ancestraux, puisque les romains y recouraient déjà. Le poète Martial nous le confirme dans ses épigrammes, qui dépeignent la société romaine

     

    Et bien sûr ce geste discourtois à traversé les siècles et se pratique couramment aujourd'hui

     

     

     

     

     

    Les noms des jours de la semaines, qui se réfèrent aux planètes connu dans l'antiquité romaine, sont également issus du système romain :

     

    Le lundi renvoie à la lune

     

    Le mardi à Mars

     

    Le mercredi à Mercure

     

    Le jeudi à Jupiter

     

    Le vendredi à Vénus

     

    Le samedi à Saturne

     

    Et le dimanche au Soleil. Ce jour-là, les empereurs romains avaient décidé que c'était un jour de repos.

     

    Cependant, « Le dimanche jour du Seigneur » découle d'une modification chrétienne quand l'Empire se convertit.

     

     

     

    Nous leur devons encore :

     

    Les ciseaux – On a toujours besoin de ciseaux chez soi !

     

    Le chauffage central – Indispensable en hiver, autrement je m'en retournais chez mois au soleil tropical.

     

    Les affiches électorales – Je vous en avait déjà parlé de ces affiches qui enlaidissent tant les villes au moment d'élections !

     

    La presse à vis – Heureusement, j'aurai été perdue sans livres !

     

    Les beignets de carnaval – Ils sont arrivés jusqu'en Guadeloupe, nous en faisons toujours le mardi gras !

     

    Le béton – De cela aussi nous sommes bien contents aujourd'hui pour construire nos grattes ciel et nos immeubles bon marché !

     

    Les égouts – Si les romains ne nous avaient pas légué lesdits égouts, nous aurions pataugé dans les détritus avec les rats, qui s'y sont réfugiés

     

    Le fer à friser – Les coiffeur et les fabricants de Babylis peuvent les remercier !

     

    La loupe – Indispensable aux Sherlock Holmes, et à ceux qui ne voient pas très bien même avec leur lunettes, c'était le cas de ma mère.

     

    Les verres des lunettes. Les romains furent les premiers à s'en servir pour améliorer la vue. Pline l'ancien, rapporte que Néron recourait à une pierre précieuse concave (probablement une émeraude) pour corriger sa myopie – Merci aux romains, sans eux on ne pourrait pas faire grand chose, l'âge arrivant, lire par exemple !

     

    Le bikini – Les femmes d'aujourd'hui seraient bien marries s'il n'existait pas !

     

    Les chaussettes – Là aussi on les remercie, avec leur invention nous avons chauds aux petons... et si vous rencontrez dans la rue des gens en chaussettes et sandales sachez que les romains pratiquaient cela, ils portaient des chaussettes dans leurs galigae (sandales en latin), ce n'est pas très classe, je leur aurai bien laissé cette pratique là !

     

    Le jambon cru – Le jambon cru, c'est délicieux, nous les remercions là encore !

     

    Le roulement à bille – Bien pratique aussi pour empêcher les tiroirs de grincer.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un mot sur l'auteur

     

     

     

    Legs romains...

    Alberto Angela

     

     

     

    Alberto Angela né le 8 avril 1962 à Paris c'est un paléontologue, écrivain et journaliste italien.

     

    Dès son plus jeune âge, Alberto Angela accompagne son père Piero Angela journaliste à la télévision italienne, dans ses voyages au cours desquels il acquiert la maîtrise de nombreuses langues européennes et une culture cosmopolite. Après avoir étudié en France, il s'inscrit en sciences naturelles à l'Université de Rome « La Sapienza », d'où il sort diplômé avec un prix pour sa thèse. Il a également étudié dans plusieurs universités américaines notamment à Havard, Colombia et à l'UCLA,  avant de se spécialiser en paléontologie et paléoanthrologie. Ses études universitaires achevées, il travaille dans la recherche et participe à des fouilles paléoanthropologiques sur différents sites dans le monde au Zaïre, en Tanzanie et beaucoup d'autres pays.

     

    Il est membre de l'institut italien de Paléontologie Humaine à Rome et du Centro Studi e Ricerche Ligabue de Venise.

     

     


    20 commentaires
  •  

     

     

     

    A l'époque gallo-romaine, le fromage pouvait constituer à lui seul un repas complet avec du pain. IL était sucré avec du miel ou aromatisé avec des herbes condimentaires. Le fromage proposé fait parti du répertoire de la cuisine romaine antique et était connu sous le nom de « moretum « , terme dérivé de mortier. La recette peut être modifiée en fonction des ingrédients dont vous disposez : feuille de laitue, noix, noisettes, amandes.

     

    Les fouilles des fosses à détritus, retrouvées sur différents sites, à l'instar de celles de Bibracte, ont permis de mettre à jour des sédiments et des restes de nourriture. A partir de ces données ont a pu imaginer ce que mangeaient les populations locales.

     

     

     

    Cuisine en Gaulle romaine...

    Fouilles de Bibracte, photo prise s en 2014 lors de vacances en Bourgogne.

     

    Si le ciel est rose, rassurez-vous, il n'est pas du au réchauffement de la planète, c'était l'appareil qui cafouillait et qui a finit par rendre l'âme !

     

     

     

     

     

    J'ai réalisé ce « moretum », qui s'est révélé délicieux.

     

    Si le cœur vous en dit, je vous donne la recette ci-dessous :

     

     

     

    Cuisine en Gaulle romaine...

    Moretum (fromage gallo- romain aux herbes)

     

    Ingrédients pour 4 à 6 personnes.

     

    1 fromage frais de chèvre ou brebis 300grs

     

    1 poignée de pignons de pin

     

    10 feuilles de menthe (j'ai mis à la place de la ciboulette)

     

    1 cuillerée à soupe d'huile d'olive

     

    1 cuillerée à café de vinaigre (balsamique pour moi)

     

    1 bonne pincée de poivre

     

    1 cuillerée à café de miel

     

     

     

    Faites griller les pignons au four chauffé à 160° afin de les dorer. Mettez le fromage dans un saladier (autrefois un mortier) et écrasez-le avec une fourchette jusqu'à obtention d'une pâte lisse. Ajoutez les pignons dorés, l'huile d'olive, le vinaigre, le poivre. Mélangez bien le tout ensemble.

     

    Hachez finement les feuilles de menthe. Ajoutez-les au fromage.

     

    Ajoutez enfin le miel en mélangeant toujours.

     

    Mettez le « moretum » dans un petit moule. Lissez le dessus. Placez au réfrigérateur pendant au moins 2 heures.

     

    Au moment de servir, démoulez le fromage et arrosez-le d'un filet d'huile d'olive et parsemez de pignons dorés.

     

    Accompagnez ce « moretum » tartiné sur une baguette fraîche et d'un petit cabernet rosé (pour nous)

     

    Bon appétit.

     

     

     


    14 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique