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    L'âne du Meunier...

     

    (OpenClipart-Vectors de Pixabay)

     

     

     

    Le meunier, son fils et l'âne.

     

    L'invention des Arts étant un droit d'aînesse,

     

    Nous devons l'Apologue* à l'ancienne Grèce.

     

    Mais ce champs ne se peut tellement moissonner

     

    Que les derniers venus n'y trouvent à glaner.

     

    La feinte est un pays plein de terres désertes.

     

    Tous les jours nos Auteurs y font des découvertes.

     

    Je t'en veut dire un trait assez bien inventé;

     

    Autrefois à Racan Malherbe l'a conté. [...]

     

    Racan commence ainsi: Dites-moi, je vous prie,

     

    Vous qui devez savoir les choses de la vie,

     

    Qui par tous ces degrés avez déjà passé,

     

    Et que rien ne doit fuir en cet âge avancé,

     

    A quoi me résoudrais-je ? Il est temps que j'y pense.

     

    Vous connaissez mon bien, mon talent, ma naissance.

     

    Dois-je dans la Province établir mon séjour,

     

    Prendre emploi dans l'armée, ou bien charge à la Cour ?

     

    Tout au monde est mêler d'amertume et de charmes.

     

    La guerre a ses douceurs, l'Hymen a ses alarmes.

     

    Si je suivais mon goût, je saurai où buter;

     

    Mais j'ai les miens, la cour, le peuple à contenter.

     

    Malherbe là-dessus: Contenter tout le monde ?
    Ecoutez ce récit, avant que je réponde.

     

     

     

    J'ai lu dans quelque endroit qu'un Meunier et son fils,

     

    L'un vieillard, l'autre enfant, non pas des plus petits,

     

    Mais garçon de quinze ans, si j'ai bonne mémoire,

     

    Allaient vendre leur Ane, un certain jour de foire.

     

    Afin qu'il fût plus frais et de meilleur débit,

     

    On lui lia les pieds, on vous le suspendit,

     

    Puis cet homme et son fils le portèrent comme un lustre.

     

    Pauvres gens, idiots, couple ignorant et rustre.

     

    Le premier qui les vit de rire s'éclata.

     

    Quelle farce, dit-il, vont jouer ces gens-là ?

     

    Le plus âne des trois n'est pas celui qu'on pense.

     

    Le Meunier à ces mots connaît son ignorance;

     

    Il met sur pied sa bête, et l'a fait détaler.

     

    L'Ane, qui goûtait fort l'autre façon d'aller,

     

    Se plaint en son patois. Le Meunier n'en a cure.

     

    Il fait monter son fils, il le suit, et d'aventure

     

    Passent trois bons marchands. Cet objet leur déplut.

     

    Le plus vieux au garçon s'écria tant qu'il put;

     

    Oh là ! Oh ! Descendez, que l'on ne vous le dise,

     

    Jeune homme, qui menez Laquais à barbe grise.

     

    C'était à vous de suivre, au vieillard de monter

     

    Messieurs, dit le Meunier, il vous faut contenter.

     

    L'enfant met pied à terre, et puis le vieillard monte,

     

    Quand trois filles passant, l'une dit: C'est grand'honte

     

    Qu'il faille voir ainsi clocher ce jeune fils,

     

    Tandis que ce nigaud, comme Evêque assis,

     

    Fait le veau sur son Ane, et pense être bien sage.

     

    Il n'est, dit le Meunier, plus de Veaux à mon âge:

     

    Passez votre chemin, la fille, et m'en croyez.

     

    Après maints quolibets coup sur coup renvoyés,

     

    L'homme crut avoir tort, et mit son fils en croupe.

     

    Au bout de trente pas, une troisième troupe

     

    Trouve encore à gloser. L'un dit: Ces gens sont fous,

     

    Le Baudet n'en peut plus; il mourra sous leurs coups.

     

    Hé quoi ! Charger ainsi cette pauvre bourrique!

     

    N'ont-ils point de pitié de leur vieux domestique?

     

    Sans doute qu'à la foire il vont vendre sa peau.

     

    Parbieu, dit le Meunier, est bien fou du cerveau

     

    Qui prétend contenter tout le monde et son père.

     

    Essayons toutefois, si par quelque manière

     

    Nous en viendrons à bout. Ils descendent tous deux.

     

    L'Ane, se prélassant, marche suel devant eux.

     

    Un quidam les rencontre, et dit: est-ce la mode?

     

    Qui de l'âne ou du maître est fait pour se lasser ,

     

    Je conseille à ces gens de le faire enchâsser.

     

    Ils usent leurs souliers, et conservent leur Ane.

     

    Nicolas au rebours, car, quand il va voir Jeanne,

     

    Il monte sur sa bête; et la chanson le dit.

     

    Beau trio de Baudets ! Le Meunier repartit:

     

    Je suis Ane, il est vrai, j'en conviens, je l'avoue;

     

    Mais que dorénavant on me blâme, on me loue;

     

    Qu'on dise quelque chose ou qu'on ne dise rien;

     

    J'en veux faire à ma tête. Il le fit, et fit bien.

     

     

     

    Quand à vous, suivez Mars ou l'Amour, ou le Prince;

     

    Allez, venez, courez; demeurez en Province;

     

    Prenez femme, Abbaye, Emploi, Gouvernements:

     

    Les gens parleront, n'en doutez nullement.

     

    Jean de La Fontaine

     

     

     

     

     

    Je m'en vais moi vous dire ce que je fais.

     

    Car en toute occasion, je fais ce qui me plaît.

     

    Je n'écoute pas les conseilleurs,

     

    Ils ne sont jamais les payeurs.

     

    Aujourd'hui, plus encore qu'autrefois,

     

    Ils entendent nous donner des leçons

     

    Je réponds vertement à ceux qui me critiquent :

     

    « Bien faire et laisser braire»

     

    Et mon âne en est tout content !

     

    Il en brait de joie !

     

    Livia

     


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    Ils sèment le vent depuis plus de deux ans déjà et voilà les fêtes de fin d'année gâchées par l'ouragan qu'ils ont provoqué !

     

    Livia

     

     

     

    Goût des mots...

     

    Cyclone

     

    (image pixabay)

     

    «Qui sème le vent récolte la tempête»

     

    Les petites choses peuvent avoir de grandes conséquences et il ne faut pas s’étonner des répercussions quand on provoque le désordre.

     

    C’est ainsi que l’on peut résumer le sens de l’expression «Qui sème le vent récolte la tempête».

     

    Un avertissement simple et plein de bon sens mais qu’il n’est pas inutile de rappeler de temps à autre comme l’illustrent depuis longtemps de nombreux dictons plus ou moins imagés issus de la sagesse populaire !

     

    Citons par exemple :

     

    «Qui crache au ciel, il lui retombe sur le visage» (Moyen Âge)

     

    «Comme on fait son lit, on se couche» (XVIIe siècle),

     

    ou encore «Qui mal veut, mal lui vient» (XVIIe siècle).

     

     



     


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    Les trois Parques

     

    Elihu Vedder

     

    Les destinées

     

    Depuis le premier jour de la création,


    Les pieds lourds et puissants de chaque Destinée


    Pesaient sur chaque tête et sur toute action.

     



    Chaque front se courbait et traçait sa journée,


    Comme le front d'un bœuf creuse un sillon profond


    Sans dépasser la pierre où sa ligne est bornée.

     



    Ces froides déités liaient le joug de plomb


    Sur le crâne et les yeux des Hommes leurs esclaves,


    Tous errant, sans étoile, en un désert sans fond ;

     



    Levant avec effort leurs pieds chargés d'entraves ;


    Suivant le doigt d'airain dans le cercle fatal

    ,
    Le doigt des Volontés inflexibles et graves.

     



    Tristes divinités du monde oriental,


    Femmes au voile blanc, immuables statues,


    Elles nous écrasaient de leur poids colossal.

     



    Comme un vol de vautours sur le sol abattues,


    Dans un ordre éternel, toujours en nombre égal


    Aux têtes des mortels sur la terre épandues,

     

     

    Elles avaient posé leur ongle sans pitié


    Sur les cheveux dressés des races éperdues,


    Traînant la femme en pleurs et l'homme humilié.

     



    Un soir il arriva que l'antique planète


    Secoua sa poussière. - Il se fit un grand cri :


    " Le Sauveur est venu, voici le jeune athlète,



    " Il a le front sanglant et le côté meurtri,


    " Mais la Fatalité meurt au pied du Prophète,


    " La Croix monte et s'étend sur nous comme un abri ! "

     



    Avant l'heure où, jadis, ces choses arrivèrent,


    Tout Homme allait courbé, le front pâle et flétri.


    Quand ce cri fut jeté, tous ils se relevèrent.

     



    Détachant les nœuds lourds du joug de plomb du Sort,


    Toutes les Nations à la fois s'écrièrent :


    " O Seigneur ! est-il vrai ? le Destin est-il mort ? "

     



    Et l'on vit remonter vers le ciel, par volées,


    Les filles du Destin, ouvrant avec effort


    Leurs ongles qui pressaient nos races désolées ;

     



    Sous leur robe aux longs plis voilant leurs pieds d'airain,


    Leur main inexorable et leur face inflexible ;


    Montant avec lenteur en innombrable essaim,

     



    D'un vol inaperçu, sans ailes, insensible,


    Comme apparaît au soir, vers l'horizon lointain,


    D'un nuage orageux l'ascension paisible. […]

     

     

    Alfred de Vigny

     



     



     

    Las Alfred ! Si tu revenais, tu verrai aussitôt

     

    Que rien n'a changé sous le ciel pâle et froid!

     

    L'homme a tué Dieu !

     

    Le veau d'or est debout.

     

    Mais en tuant Dieu,

     

    L'homme s'est tué lui-même !

     

    Livia

     


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    Le 21 novembre, on fêtait la Présentation de Marie au Temple, cette Présentation est un épisode glorieux dont plusieurs grands peintres se sont inspirés pour honorer la Mère de Dieu.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Présentation de la Vierge au Temple

     

    Le Tintoret

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Présentation de la Vierge

     

    Vittore Carpaccio

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    La Présentation de Marie

     

    Giovani Andrea Sirani

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Présentation de Marie au Temple

    Domenico Ghirlandaio

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Autoportrait, vers 1872

     

    James Abbott McNeill Whistler (11 juillet 1834 – 17 juillet 1903) est un peintre et graveur américain, lié aux mouvements symboliste et impressionniste.

     

    En 1855, il part étudier la peinture à Paris, après avoir hérité d'une petite somme d'argent. En 1856, il s'inscrit à l'atelier de Charles Gleyre, alors atelier le plus célèbre après celui de Thomas couture, où il côtoie Georges du Maurier. D'autres élèves préparent le concours d'entrée à l'Ecole des beaux-a rts : Monet, Renoir, Sisley et Bazille. Volontiers plus dandy que bohème, il fait l'objet de caricatures.

     

    En 1859, il arrive à Londres où il passe une longue partie de sa vie. Il se présente comme un aristocrate sudiste ruiné, bien que sa sympathie envers les sudistes pendant la Guerre civile américaine ne soit pas démontrée.

     

     

     

    Nocturne en bleu et or, le vieux pont de Battersea

     

     

     

    Au piano

     

     

     

    L'artiste dans son atelier

     

     

     

    Neige à Chelsea

     

     

     

    Portrait de Lady Meux

     

     

     

     

     

     


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