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    J'ai trouvé ces deux photos amusantes dans mes déambulations sur internet : «une voiture jardinière, et un arbre à l'air étonné», ces photos m'ont inspirées le petit poème ci-dessous...

     

     

     

    Retraite dans un jardin...

    En ce qui me concerne, je n'aimerai pas avoir cette vieille voiture comme jardinière dans mon jardin, c'est insolite mais... pas très esthétique.

     

    (image internet)

     

     

     

    Retraite dans un jardin

     

    Sur toutes les routes j'ai cheminé,

     

    J'ai rendu bien des services.

     

    Je n'étais jamais fatiguée,

     

    Par tous les temps j'ai roulé,

     

    J'ai sillonné beaucoup de routes.

     

    J'ai souffert sous le soleil tropical,

     

    Essuyé aussi des pluies diluviennes.

     

    J'aimais sentir le vent de la course me caresser le capot.

     

    Mon moteur alors, ronronnait avec allégresse,

     

    Comme un gros chat obéissant

     

    Mais un jour ; il hoqueta, tressauta et puis... s'arrêta !

     

    J'étouffais alors, et mourus doucement.

     

    Depuis ce jour, privé de mon moteur et privé de mes roues,

     

    Je sers de jardinière en quelques sorte.

     

    Et gis dans ce jardin, au pied d'un arbre étrange.

     

    Qui semble fixer un point là-haut,

     

    Et pourtant, rien en vue !

     

    Retraite dans un jardin...

     

    C'est une retraite humiliante pour une auto...mobile !

     

    Alors le soir sous la lune, je rêve !

     

    Je rêve que je roule,

     

    Je rêve que la route défile sous mes roues,

     

    Et m'emporte loin, très loin de ce jardin immobile.

     

    Livia

     

     

     

     

     


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    Arc-en-ciel...

    (image internet)

    Arc en Ciel

     

    C’était l’heure où la nuit fait gémir les montagnes,
    Les rochers noirs craquaient du pas des animaux,
    Les oiseaux s’envolaient des sinistres campagnes
    Pour approcher la mer, un meilleur horizon.
    Le diable poursuivait un poète en ce temps.
    Le poète fixait la mer comme une mort
    Car la mer écaillait la peau des rocs immenses.
    Mais Jésus, rayonnant de feu derrière la tête,
    Portant la croix, vint à monter des rochers noirs.
    Le poète a tendu les bras vers le Sauveur
    Alors tout s’effaça : la nuit sombre et les bêtes.
    Le poète a suivi Dieu pour son bonheur.

     

    Max Jacob

     



     



     

    Un mot sur le poète

     

     

     

    Arc-en-ciel...

    Max Jacob (1934)

     



     

    Max Jacob, né le 12 juillet 1876 à Quimper et mort le 5 mars à Drancy, est un poète moderniste et romancier français de la première moitié du XXe siècle, précurseur de Dada puis du surréalisme sans y adhérer. Il bouleverse de son vers libre et burlesque la poésie française dès 1917, après avoir renoncé à sa carrière de journaliste auprès d'Alphonse Allais et s'être intimement lié à Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin et beaucoup d'autres... Artiste vivant de sa peinture, laquelle a été assimilée à l'«école de Paris », il devient à partir de 1934 un épistolier influent, en particulier sur Jean Cocteau, et prolixe dont la théorie esthétique, au-delà du mysticisme qui anime son écriture, sert en 1941 de fondement à l' Ecole de Rochefort.

     

    Né en Basse Bretagne dans une famille juive non pratiquante Max Jacob est un tourmenté, il est suivit par Jean-Martin Charcot. Il se convertit en 1915 au catholicisme après avoir eu plusieurs visions, tout en continuant à animer l'avant-garde montmartroise et montparnassienne. À partir de 1936, il mène à Saint-Benoît-sur-Loire la vie monacale d'un oblat séculier rattaché à l'abbaye de Fleury. Sa poésie témoigne dès lors du quasi quiétisme dans lequel il assume douloureusement sa vie de pécheur comme condition de sa rédemption. Ses origines juives lui valent, six mois avant la Libération de Paris, d'être arrêté par la Gestapo, destin qu'il accepte comme un martyre libérateur. Interné par la gendarmerie française dans le camp de Drancy ,il y meurt en cinq jours, trente heures avant sa déportation programmée pour Auschwittz. [...]

     

     


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    J'ai lu presque tout les livres de Guy de Maupassant, et je n'ai jamais pensé en le lisant qu'il pouvait être mystique, mais je n'avais jamais lu ses recueils de poésies.

     

    Livia

     

     

     

    Dieu au bout du chemin ?

     

    (image internet)

     

     

     

     

     

    "Il a toujours à l'âme un rayon d'espérance"

     

    Seigneur, Dieu tout-puissant, quand je veux te comprendre,
    Ta grandeur m’éblouit et vient me le défendre.
    Quand ma raison s’élève à ton infinité
    Dans le doute et la nuit je suis précipité,
    Et je ne puis saisir, dans l’ombre qui m’enlace
    Qu’un éclair passager qui brille et qui s’efface.
    Mais j’espère pourtant, car là-haut tu souris!
    Car souvent, quand un jour se lève triste et gris,
    Quand on ne voit partout que de sombres images,
    Un rayon de soleil glisse entre deux nuages
    Qui nous montre là-bas un petit coin d’azur;
    Quand l’homme doute et que tout lui paraît obscur,
    Il a toujours à l’âme un rayon d’espérance;
    Car il reste toujours, même dans la souffrance,
    Au plus désespéré, par le temps le plus noir,
    Un peu d’azur au ciel, au cœur un peu d’espoir.

     

    Guy de Maupassant, (Poésie Diverses)

     



     



     

    Un mot sur le poète

     

    Guy de Maupassant

     



     

    Henry-René-Albert-Guy de Maupassant est un écrivain et journaliste littéraire français né le 5 août 1850 au château de Miromesnil à Tourneville-sur-Arques et mort le 6 juillet 1890 à Paris.

     

    Lié à Flaubert et à Zola, Maupassant a marqué la littérature française par ses six romans. Ces œuvres retiennent l’attention par leur force réaliste, la présence importante du fantastique et par le pessimisme qui s’en dégage le plus souvent, mais aussi par la maîtrise stylistique. La carrière littéraire de Maupassant se limite à une décennie — de 1880 à 1890 — avant qu’il ne sombre peu à peu dans la folie et meure peu avant ses quarante-trois ans. Reconnu de son vivant, il conserve un renom de premier plan, renouvelé encore par les nombreuses adaptations filmées de ses œuvres.

     

     


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    Tout le mois d'octobre est dédié à la Vierge c'est «  le mois du Rosaire », je vous offre le très beau poème de Francis Jammes.

     

    Livia

     

     

     

    La Sainte Famille au palmier

     

    Raphaël

     

     

     

    Cette famille est là, qui avec vous chemine

     

     

     

    Au crépuscule, à l’heure où le silence saint

     

    De la chapelle, par un mariage divin,

     

    S’unit aux boiseries qu’orne un chemin de croix,

     

    Enfumées du parfum des encens séculaires …

     

    Quand l’ombre rejoint l’eau dans le bénitier froid …

     

    Quand le vent pleure bas autour du presbytère

     

    Dans les tristes rameaux de peupliers carolins* …

     

    Quand le dernier rayon dore de son mystère

     

    L’althaea* rose auprès duquel lit son bréviaire

     

    Un humble desservant qui va vers son déclin …

     

     

     

    Alors, sortant de la chapelle où l’a mené

     

    Sa rêverie errante, le poète a refermé

     

    La grille. On voit la lune en métal bosselé.

     

    L’âme garde longtemps le parfum du rosaire

     

    Comme la boite verte garde une odeur de feuilles.

     

    Certes il est bon, quand la Terre vous abandonne,

     

    De méditer, et qu’alors le Ciel vous accueille.

     

    Il est bon, quand sur soi l’orage couve et tonne,

     

    De descendre dans la profondeur des Mystères ;

     

    Il est bon lorsque les hommes vous ont trahi,

     

    Quand on est exilé, quand on n’est pas compris,

     

    De retrouver toujours la Famille divine.

     

     

     

    Cette Famille est là, qui avec vous chemine

     

    Ou s’arrête avec vous, matin, midi et soir ;

     

    Il est bon de parler à la Vierge et la voir,

     

    Tantôt enfant, avec son voile dans le Temple,

     

    Pure comme elle-même et remplissant sa lampe ;

     

    Tantôt tranquillement belle, puissamment mère ;

     

    Tantôt vieille, voûtée et saintement amère.

     

    Il est bon d’évoquer son Enfant glorieux

     

    Et, banni par les hommes, d’habiter avec Dieu.

     

     Francis Jammes

     



     

    • *Peuplier carolin : Peuplier à larges feuilles, à croissance rapide, originaires d'Amérique du Nord

    • *Althaea : Variété de guimauve ou espèce, non tropicale de l'hibiscus

     

     


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    Je vous ai présenté samedi dernier les toiles de Jules Breton, qui nous ont fait découvrir les petits métiers d'autrefois et le travail aux champs, des toiles magnifiques, aujourd'hui, je vous offre un poème sur l'automne du même Jules Breton qui était aussi poète !

    Livia

     

     

     

    Les beautés de l'automne...

    Rivière en automne

    (image internet)



    Automne

    La rivière s’écoule avec lenteur. Ses eaux
    Murmurent, près du bord, aux souches des vieux aulnes
    Qui se teignent de sang ; de hauts peupliers jaunes
    Sèment leurs feuilles d’or parmi les blonds roseaux.



    Le vent léger, qui croise en mobiles réseaux
    Ses rides d’argent clair, laisse de sombres zones
    Où les arbres, plongeant leurs dômes et leurs cônes,
    Tremblent, comme agités par des milliers d’oiseaux.



    Par instants se répète un cri grêle de grive,
    Et, lancé brusquement des herbes de la rive,
    Etincelle un joyau dans l’air limpide et bleu ;

    Un chant aigu prolonge une note stridente ;
    C’est le martin-pêcheur qui fuit d’une aile ardente
    Dans un furtif rayon d’émeraude et de feu.

    Jules Breton





    Un mot sur le poète

     

     

     

    Les beautés de l'automne...

    Autoportrait (1895)

    Jules Breton

    Jules Aldolphe Aimé Louis Breton, né à Courrières (Pas-de-Calais) le 1er mai 1827 et mort à Paris le 5 juillet 1906 est un peintre et un poète français.

    C'est un écrivain très connu en son temps. Il publie plusieurs recueils de poèmes et des ouvrages sur la vie des peintres qu'il connaît.

    S'il est la cible de critiques acerbes de la part de Charles Baudelaire et d'Emile Zola. Il est encouragé par Théophile Gautier et par son ami José-Maria de Heredia mais aussi par Victor Hugo, Eugène Fromentin et Anatole France.

    Le peintre Paul Chabas (1869-1937) l'immortalise aux côtés des poètes du Parnasse dans une vaste composition — Chez Alphonse Lemerre à Ville-d'Avray – peinte en 1895 et commandée par l'éditeur parisien.

    Wikipédia


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