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    A la fois irréel et humain, cruel et sentimental, L'Homme à l'Hispano est un conte moderne...

     

     

     

    L'homme à l'Hispano...

     

    Entre Côte Basque, Bassin d'Arcachon et Pays de l'Adour, un triangle amoureux aux pointes acérées sert de décor au spectre menaçant du destin.

     

    Georges Dewalter, est emporté dans la spirale du mensonge pour gagner le cœur de la femme qu'il aime. Mais l'Hispano ne fait pas la fortune... Habituée au luxe et à la magie capiteuse des apparences, Stéphane Oswill, mariée par contrainte à un anglais excentrique et inquiétant, se jette aveuglément dans les feux de la passion. D'enivrant, l'engrenage redoutable ne tarde pas à devenir vertigineux, projetant les amants de Biarritz, vers le désastre annoncé.

     

     

     

     

     

    Extraits :

     

    « Devant la terrasse, au bout du jardin, la calme mer de septembre faisait un bruit d'argent avec les cailloux. Le phare proche l'éclairait et sa lumière sur les eaux semblait faire naître des écailles par millions. Dans une villa voisine, un chien, sans raison, aboyait... L'heure avait la beauté éternelle de l'indifférence et, seule dans la splendeur de la nuit, Stéphane chargée de son amour, semblait éphémère et vivante. » […]

     

     

     

    « C'était une bâtisse vigoureuse, jeune encore, car elle n'avait que deux cent ans. Elle n'avait rien perdu de sa solidité et semblait prête à résister aux assauts des jours et des saisons, pendants des siècles encore. Elle était dorée et un peu lépreuse comme si les caresses de tant soleils s'étaient incrustées dans sa pierre et l'avaient marquée. »

     

     

     

    « Stéphane, la veille avait fait prévenir Antoinette de sa visite. Et la vieille femme n'avait pas dormi. Songeant à toutes les choses qu'il fallait préparer pour faire honneur à lady Oswill... Elles avait des truites vivantes du gave voisin, des foies d'oie qu'elle agrémentait d'herbe subtilement parfumées, une variété de légumes du potager et des fruits remplis jusqu'aux noyaux de la richesse de septembre. »

     

     

     

    « Comme le soir s'annonçait, ils firent halte non loin des dunes, sur le sommet desquelles on avait l'impression du désert. Des nuées accourues du large, s'amoncelaient, si proches de la terre qu'elles semblaient risquer des déchirures à la pointe des arbres. De minute en minute, la lumière devenait plus livide et il n'y eut bientôt plus qu'une teinte de plomb sur tout ce que les yeux pouvaient découvrir : l'immédiate forêt, l'océan dont la fureur naissante jetait là-bas ses poudres d'écume, les lèpres sableuses des passes à l'entrée du bassin et le calme insidieux de sa masse liquide, derrière elles. Une sorte de suaire descendait sur la terre, sur les eaux, et, par instant, comme la respiration d'un dieu, une grande haleine tiède et lente circulait entre les pins, qui en devenaient extraordinaires. »

     

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    A l'amour fou éperdu à chaque page, se joint la poésie de chaque instant : quand on monte à Paris dans l'Hispano, on descend dans le luxe du Ritz, on se promène au bord de la mer ou dans la campagne, on déguste les palombes, les truites et le foie gras sous les lumières des lustres en cristal, dans les salles à manger où la porcelaine et l'argent s'entassent sur les nappes blanches damassées, puis on s'endort sous la pleine lune dans le bruissement de la nuit... ou le murmure de la mer.

     

    On souffre et on aime avec Georges, et Stéphane, et on pleure à la fin de ce beau roman d'amour !

     

    Ce fut une extraordinaire découverte que ce livre, je l'ai absorbé plus que lu...j'ai été désolée d'arriver à la dernière page !

     

    Liviaauguste

     

     


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    Le botaniste inspiré...

     

    Portrait de Jean-Jacques Rousseau (1753)

     

    Quentin de La Tour

     

     

     

    Le 28 juin 1712, Jean-Jacques Rousseau naît à Genève. A 16 ans il rencontre Madame de Warens, il s'installe chez elle aux Charmettes, près de Chambéry.

     

    Elle tente de l'intéresser aux plantes médicinales et aux promenades botaniques. En vain, il s'en détourne, mais plus tard il s'en souviendra dans ses « Confessions ».

     

    En 1762, après la condamnation par le Parlement de Paris de son ouvrage « Emile ou de l'Education », jugés impies et dangereux, il retourne en Suisse et développe où il va développer véritablement in intérêt pour la botanique.

     

    Le 1er août 1765, dans une lettre adressée à Monsieur Devernois, il écrit : « Je raffole de la botanique : cela ne fais qu'empirer tous les jours, je n'ai plus que du foin dans la tête, je vais devenir plante moi-même un de ces matins, et je prends déjà racine... ».

     

     

    Le botaniste inspiré...

    Rousseau herborisant à Ermenonville

     

    Georges Friedrich

     

     

     

    C'est dans le canton de Berne qu'il va constituer son premier herbier.

     

    En 1766, Rousseau quitte la Suisse pour l'Angleterre, où il rencontre la Duchesse de Portland, férue de botanique, qui l'aide à compléter sa collection de plantes et avec qui il entretiendra une longue correspondance botanique.

     

    Il se piqua aussi de composer et surtout de critiquer le pauvre Rameau et à travers lui Versailles et ses occupants dans ce que l'on a appeler « la querelle des bouffons », ce fut un éreintement de Rameau qui en mourut.

     

     

    Le botaniste inspiré...

    Musique de la mélodie « Avril » sur un poème de Rémy Belleau

     

    (Si Rameau a passé à la postérité pour les œuvres musicales qu'il a laissé, Rousseau et Belleau à ma connaissance, ne sont pas reconnu dans le monde musical !)

     

     

     

    De retour en France en 1767, il se voit offrir un herbier composé de plus de 2.000 plantes étrangères et rares. Louis XVI malgré sa condamnation, ne lui en veut point, l'autorise à herboriser dans les jardins de Versailles, de Vincennes et de Saint-Cloud.

     

    De 1771 à 1775 entre la publication de lettres sur la botanique et la rédaction d'une introduction à un dictionnaire sur ce sujet, il réalise des herbiers portatifs qu'il va vendre. S'ensuit une écriture inachevée de ses « Rêveries du promeneur solitaire » entre 1776 et 1778.

     

     

    Le botaniste inspiré...

    La fameuse rêverie !

     

    (Qu'il est de bon ton d'adôôôrer aujourd'hui!, ce livre, je l'avoue m'a rasé !)

     

     

     

    Le 20 mai 1778, quelques semaines avant sa mort, Rousseau s'installe à Ermenonville. Il ramasse en forêt et autour de l'abbaye royale de Chaalis des plantes et des fleurs.

     

    Un de ses derniers herbiers est conservé au Musée de Fontaine-Chaalis.

     

     

     

    (Images wikipédia)

     

     

     

     


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    Cet instant-là...

     

     

     

    Le résumé :

     

    « Ecrivain new-yorkais, Thoma Nesbitt, reçoit à quelques jours d'intervalle deux courriers qui le replongent dans son passé : les papiers de son divorce après vingt ans de mariage, puis le journal de son premier amour.

     

    En 1984, partit à Berlin pour écrire, Thomas arrondit ses fins de mois en travaillant pour Radio Liberty. Il y rencontre Petra, sa traductrice. Entre eux va naître une passion dévorante, et Petra, peu à peu lui confie le récit de son passage à l'Ouest. Thomas est bouleversé et rien désormais ne semble pouvoir séparer les deux amants... »

     

    Extrait :

     

    « L'instant s'est présenté, et il est passé.... »

     

    « Au milieu de de toutes les forces discordantes, il y a aussi l'instant.

     

    L'instant qui peut tout bouleverser ou ne rien changer. L'instant qui nous induit en erreur ou nous révèle qui nous sommes, ce que nous cherchons, ce que nous voulons obstinément approcher et qui restera peut-être à jamais hors d'atteinte.

     

    Peut-on vraiment échapper à l'instant ? »

     

     

     

    Le sujet est une belle histoire d'amour tout près du mur, qui n'est pas encore tombé dans ce Berlin de 1984, ce mur gris lourd de malheur sous la férule des communistes qui cache les drames de la vie de tous les jours des allemands de la RDA, Petra (personnage central du livre) va heureusement pour elle, être échangée contre trois communistes, elle arrive donc à Berlin ouest pleine d'appréhension, mais elle va rencontrer Thomas ...

     

    La « bienpensance » parle aujourd'hui, beaucoup d'Hitler et traite ceux qui ne pensent pas comme elle de « nazis », en passant sous silence les horreurs commises par les communistes.

     

    L'histoire de Petra est épouvantable, non seulement par la grisaille de sa vie de tous les jours derrière ce mur, mais aussi par les atrocités commises sur elle et sur bien d'autres dans les prisons. Et il en fallait peu pour aller en prison, le fait d'écouter de la musique dite « occidentale », de lire des livres venant de l'Ouest, on était accusé de traîtrise envers la patrie et pour remettre dans le droit chemin ceux qui ne gouttaient pas la vie offerte par le Parti , on les enfermait chez les fous ou en prison, peut en réchappaient !

     

    Et sous prétexte de prendre en photos les détenus, on les irradiait pour mieux les « suivre » s'ils sortaient de prison, Petra va mourir de leucémie à 37 ans.

     

    Je trouve pour ma part, que cela vaut les camps d'Hitler !

     

    Comme vous pouvez le voir, ce livre m'a été offert pour l'achat de deux Pocket, je l'ai choisi après avoir lu le résumé au dos du livre et je n'ai pas regretté. Je l'ai littéralement dévoré, c'est passionnant.

     

    Je retiens donc cet auteur découvert en lisant ce livre.

     

    Liviaaugustae

     

     

     

     


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    En préparant mon article pour la fête des anges gardiens j'ai eu envie de relire « Le rapport Gabriel » de Jean D'Ormesson : Dieu furieux contre les hommes qui font tout et n'importe quoi, envoie une fois de plus l'archange Gabriel qui doit lui faire un rapport, afin de l'aider à y voir plus clair...

     

    Comme toujours avec Jean d'Ormesson, c'est écrit avec maestria dans un français impeccable.

     

    Si vous n'avez pas encore lu ce « rapport Gabriel » et que vous êtes en quête d'un bon livre, je vous le conseille !

     

    Liviaaugustae

     

     

     

    Le rapport Gabriel...

     

    Extraits : « Ce n'était pas la première fois que les hommes mettaient Dieu hors de lui. Il leur avait tout donné. Et d'abord l'existence. Il se demandait s'il avait bien fait de les tirer du néant.

     

    Pour leur permettre de se jeter, par les chaudes journées d'été, dans la mer et de se promener quelques printemps parmi les lys et les colombes, au milieu des boutons-d'or et des champs de lavandes, il avait de toutes pièces, et ce n'était pas rien, inventé l'Espace et le Temps, le Soleil et la Terre, la vie, la pensée, les lois immuables d'où ils étaient sortis. Et pour couronner le tout, il les avait laissés libres. Libres de quoi ? Je vous le demande. Du meilleur et du pire. De le chanter... ou de le traîner dans la boue et de le mettre à mort.[...]

     

    Ils en étaient venus à le traiter d'illusion, d'hypothèse de travail inutile dont on pouvait se passer.[...]

     

    La tentation lui venait de les abandonner à eux-mêmes...

     

    « Les hommes m'ont aimé beaucoup moins, comme je l'avais prévu, dès qu'ils sont entrés dans l'ombre lumineuse de l'arbre de la science et qu'ils ont cru deviner, chaque jour un peu d'avantage, les secrets de l'univers. Ils se sont éloignés de moi qui leur servais de père et ils se sont mis à leur compte. Dans l'oubli de l'Eternel et dans l'ingratitude.

     

    Le savoir et la puissance leurs sont montés à la tête. L'orgueil les a étouffés. Il m'ont balancé par dessus bord. […]

     

    J'ai le sentiment d'être en trop. Situation difficile pour le premier venu, cruelle et insupportable pour le Tout-Puissant.

     

    Que peut devenir un Dieu en qui les hommes ne croient plus ? [...]

     

     


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    « La lecture est à l'esprit ce que l'exercice est au corps. »

     

     

     

    Joseph Addison

     

     

    Le livre un ami qui nous veut du bien...

     

     

    Jennifer a juré à sa mère sur son lit de mort : jamais elle n'abandonnera Père et s'occupera toujours de lui.Pendant douze ans elle tient bon. Elle a trente-trois ans et ce long face à face pèse aux deux, Père décide à soixante cinq ans de se remarier avec une toute jeune femme. Jennifer va en profiter pour s'en aller et vivre sa vie de son côté... oui mais !

     

    C'est une chronique ironique et triste de la chute d'un tyran !

     

     

     

    Extraits :

     

    « Jen ne put en croire ses yeux quand, pour la première fois, elle aperçut le cottage des Roses ; et vraiment, au regard de quiconque aurait passé devant sans entrer, il serait apparut plein d'attraits. D'abord on le voyait à peine sous les roses, d'où son nom. Puis, il avait un toit de chaume et des fenêtres treillissées, un petit jardin avec un sentier dallé qui allait jusqu'au portail, et un verger qui montait le long du versant de la dune de Barton : il était vraiment comme les charmants cottages que peignaient les artistes

     

    Serrer dans un vallon, le jardin se terminait du côté du cimetière qui, en ce jour chaud, suggérait des impressions de fraîcheur délicieuse. Un immense if croissait près du mur bas de séparation... »

     

     

     

    « Elle demeura là, une minute, la main au-dessus des yeux, à regarder l'enfant qui ouvrait le portail et qui une fois de l'autre côté, se dressait sur la pointe des pieds et passait avec une conscience minutieuse la main par -dessus la grille pour refermer la serrure avec soin. « Les enfants ! Que c'est charmant, pensait Jen. Quels êtres précieux et exquis. Et ils durent. Ils ne sont pas comme les roses, qu'on ne voit que l'été ; ils n'ornent pas seulement le printemps comme les jacinthes... Les bulbes, c'est très jolis, mais les enfants... »

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un mot sur l'auteur

     

     

    Le livre un ami qui nous veut du bien...

    Elysabeth Von Arnim (son nom de naissance est Mary Beauchamp) est un écrivain anglais née en Australie dans une famille d'origine anglaise.

     

     

     

    Lors d'un « Grand Tour » en Europe avec son père, elle rencontre le comte Von Arnim, aristocrate allemand nettement plus âgé. Sur un coup de tête déguisé en coup de foudre, elle l'épouse. August Von Arnim, lui fait 5 enfants, mais se révèle d'un caractère épouvantable : elle l'appellera « l'homme de colère ».

     

    La tentative d'écrasement d'une jeune femme par un homme mûr à la fois puissant et faible, sera le thème de plusieurs de ses œuvres .

     

    Nous pouvons remercier le comte Von Arnim d'avoir été un si mauvais mari, il a inspirer à son épouse un personnage d'homme oppressif, il rendra sa femme très malheureuse, il fait des dettes, et se retrouve en prison pour fraude...

     

     

     

     

     

    Je me suis attaché au personnage de cette jeune femme qui commence sa vraie vie  en dehors de la maison paternelle, heureuse de pouvoir fuir ce père dur et égoïste.

     

    Il y a de belles envolées lyriques sur les jardins, les petits oiseaux, la campagne anglaise et il y a le style impeccable d'Elysabeth Von Arnin .

     

    Le personnage de Père est impressionnant, et attire aussitôt l'antipathie du lecteur, Jennifer va connaître un bonheur très court car abandonné par son épouse, (on la comprend) Père revient la chercher !

     

    Mais le roman d'Elysabetn Von Arnim que j'ai préféré est : « Avril enchanté », les anglais en ont tiré un film splendide que je ne me lasse pas de regarder, car il est « enchanteur » !

     

    Liviaaugustae

     

     


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