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    Ce sont des expressions que nous employons machinalement presque tous les jours.

     

    J'ai découvert que même le « moule à gaufres » , injure préférée du Capitaine Haddock a une origine historique !

     

    Livia

     

     

     

    Le goût des mots...

    (image internet)

     

    « Moule à Gaufres

     

    Si le capitaine Haddock emploie cette expression dans Tintin, elle trouve son origine à l’époque où la variole sévissait.

     

    Les personnes qui en réchappaient avaient le corps couvert de cicatrices, notamment le visage, avec des creux qui pouvaient évoquer le moule à gaufre. En 1893, il est inscrit dans "Les archives wallones de jadis, de naguerre et d’à présent" : "et l’on dit volontiers d’un grêlé qu’il a passé par le « moule à gaufre". Un grêlé désignait alors un visage marqué par la variole.

     

     

     

    Le goût des mots...

    (image internet)

     

    Dur d'oreille

     

    La conque est un coquillage mais c’est aussi le nom anatomique du pavillon de l’oreille. En argot, la portugaise, (l’huître) désigne d’ailleurs l’oreille.

     

    Quel rapport avec le Portugal ? En 1950, les huîtres portugaises sont à leur apogée en France. On comprend mieux alors l’analogie entre une "portugaise" qui se remplit de sable et une oreille qui n’entend plus très bien.

     

     

     

    Le goût des mots...

    (image internet)

     

    Gonflé à bloc

     

    Cette expression qui signifie avoir une assurance à toute épreuve remonte au début de la bicyclette. Pour éviter de crever et montrer tout son talent, mieux vaut avoir les pneus gonflés à bloc. En réduisant la zone de contact entre le pneu et le sol, le vélo peut ainsi aller plus vite.

     

     

    Le goût des mots...

     

    (image internet)

     

    La chair de poule

     

    La chair de poule, ou horripilation ou piloérection, est un réflexe pilomoteur. Lorsqu’il fait un froid de canard, les thermorécepteurs répartis sur la peau envoient le message à l’hypothalamus, dans le cerveau, qui transmet l’information au système nerveux via les neurones. C'est lui qui se charge d'activer des muscles redresseurs des poils, les "horripilateurs", situés sous la peau.

     

    La chair de poule, ou bosses d’oie, en anglais (To get goose bumps), n’est pas exclusive aux êtres humains. Les animaux peuvent aussi gonfler leur fourrure pour paraître plus gros (chat, hérisson….). 

     

     

     

     

     

     

     


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    Le sexe des mots...

     

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    Epicène : du grec epikoinos (possédé en commun), ce drôle d'adjectif sert à qualifier les mots dont la forme ne varie pas selon le genre (un, une enfant – un, une élève – un, une camarade...), mais aussi, et c'est là où cela se complique, un substantif qui désigne aussi bien le mâle que la femelle d'une espèce, et comme ce substantif peut être masculin ou féminin, les choses ne sont pas simples. Par exemple un couple de papillons n'est pas composé d'un papillon et d'une papillonne, mais de deux papillons... idem pour les fourmis, mot qui est toujours au féminin quel que soit le genre de l'insecte dont on parle.

     

    Ainsi : la baleine, la belette, la carpe, la chouette, la grenouille et tant d'autres... sont des mots féminins.

     

    Bref, les noms de centaines d'espèces animales n'ont qu'un genre, et si, pour le kangourou, on peut toujours aller vérifier dans la poche, dans le cas du rhinocéros, c'est beaucoup plus risqué !

     

    Certains noms qui changent de genre changent de sens...

     

    Exemple : le nom de la galette que vous dégustez en Bretagne et celui du tissus de votre robe viennent tous deux de l'ancien adjectif creps qui signifiait frisé, mais vous devez commander « une crêpe au sucre » et dire que « le crêpe de cette robe est ravissant »...

     

    Quand au mot « auteur » le voilà devenu « auteure » alors qu'acteur est devenu « actrice » et « chanteur » étant « chanteuse » on peut vraiment se demander pourquoi on n'a pas choisi « auteuse » ou « autrice » ?

     

    Ces mots, qui ne signifient plus du tout la même chose lorsqu'il passent du masculin au féminin sont très nombreux.

     

    Ainsi vous ne devez pas confondre la carpe qui nage dans un étang et le carpe, rangée d'os de votre poignet. Ni le cartouche égyptien avec la cartouche que le chasseur met dans le canon de son fusil. Quand à la barbe qui orne le menton de certain, elle n'a rien à voir avec le barbe qui est un cheval de selle, comme une enseigne de commerce n'a rien à voir avec un enseigne de vaisseau qui est un officier de marine... Les mélomanes qui apprécient une aria de Bach doivent être attentifs et ne pas dire un aria, car le masculin un peu vieilli de ce mot signifie embarras, tracas ou ennui... Nous ne parlerons pas de la greffe d'une plante, et le greffe du tribunal, le geste de la main et la geste de Roland..

     

    Alors il s'agit de ne pas se laisser prendre par ces noms qui se féminisent mais n'ont aucun rapport avec le masculin :

     

    • le carabin n'est pas le conjoint de la carabine

    • ni le capucin celui de la capucine

    • pas plus que le pèlerin celui de la pèlerine

    • et encore moins le camelot celui de la camelote

    • Sans oublier le chevalier et la chevalière

    • le jardinier et la jardinière

    • et le colombin et la colombine

    • ni le loup celui de la loupe...

     

    Car

     

    • Le jour ou le carabin épousera sa carabine

    • Le mandarin sa mandarine

    • Le capucin sa capucine

    • Le pèlerin sa pèlerine et le camelot sa camelote

      On sera sérieusement en droit de se poser des questions sur l'évolution des mœurs de notre pauvre pays !

     

    Jean-Loup Chifflet

     

     

     

    Je me pose des questions depuis un certain moment déjà, car voilà des décennies qu'on laisse filer toutes les absurdités que réclament les groupes de ceci ou de cela au détriment de la langue.

     

    Et la fine équipe qui est au pouvoir aujourd'hui, n'a aucunement l'intention de remettre la voiture France sur ses rails, encore moins sa langue, nous avons donc du souci à nous faire pour la sauvegarde de cette dernière !

     

    Livia

     


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    Comme vous l'avez sûrement deviné, Jean-Loup Chifflet est un auteur que j'apprécie énormément, j'aime ses textes .

     

    Celui-ci en particulier qui souligne les travers linguistiques des journalistes, avec beaucoup d'humour et d'esprit.

     

    Je vous offre ci-dessous un petit bijou de texte signé par lui.

     

    Liviaaugustae

     

     

     

    La Cigale

     

     

     

    et

     

     

     

    La fourmi

     

    (images internet)

     

     

     

    Certains de nos amis journalistes, sans doute un peu frustrés de création littéraire, ont tendance à ériger la métaphore en dogme. Pour leur rendre amicalement hommage nous avons sollicité la complicité de Jean de La Fontaine.

     

     

     

    La Cigale et la Fourmi.

     

    De source généralement bien informée, nous apprenons qu'un insecte de type cigale aurait, sous réserve, été fortement fragilisé par les rigueurs conjugués de la baisse du mercure et de la chute du thermomètre qui ont, comme chacun le sait, franchi ces jours derniers la ligne jaune de l'inacceptable.

     

    Il semblerait que ledit homoptère, que l'on pourrait taxer d'une certaine insouciance, voire d'une insouciance certaine, n'aurait pas su gérer, au dam de ses congénères qui vivent également en milieu arboré, le stockage d'un précieux viatique qui lui aurait permit de faire face à l'offensive inopiné du général Hiver. Fragilisé, je cite, par une légère atavique qui serait, selon certains, son talon d'Achille, et par une propension à chanter pendant la trêve estivale, c'était donc, pour la cigale, la rentrée de tous les dangers.

     

    Clouée au pilori et peu encline à passer sous les fourches caudines de certaines Cassandre qui la voyait déjà sacrifiée sur l'autel de son incroyable insouciance, elle se risqua à solliciter dame Fourmi sa voisine dont la réputation de sérieux n'est plus à faire. On se souviens en effet à quel point ce noyau dur de la courageuse famille des hyménoptères a toujours su se tailler la part du lion après avoir mangé tant de vaches maigres. Donc un parcours sans faute malgré les zones de fluctuations et autres turbulences.

     

    C'est ainsi qu'on ne s'étonnera pas d'apprendre que la fourmi, non contente de sortir immédiatement le carton rouge et de renvoyer la cigale dans ses buts, s'empressa de fustiger les thuriféraires d'une politique économique cigalienne rétrograde et dépassé.

     

    Devant cette partie de bras de fer et ce tir de barrage, la cigale, refusant de baisser la garde, proposa en désespoir de cause de revoir ses prétentions à la baisse pour donner encore un peu de grain à moudre à un débat qui risquait de tourner court. Elle prétendit même être victime d'un lynchage médiatico-judiciare. Réponse sans appel de la représentante hyménoptérienne bien décidée à porter l'estocade : « Vous qui avez si bien pratiquer l'art du bel canto, pourquoi ne pas tenter un nouveau challenge en vous essayant à la chorégraphie sous les ors lambrissés du Palais Garnier ? »

     

    Jean-Loup Chifflet

     

     

     

     

     


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    « Passer l'arme à gauche »

     

    Métaphore qui signifie « mourir », une réalité déplaisante qu'aujourd'hui on répugne à désigner par le terme propre.

     

    Cette métaphore vient du langage militaire. L'arme en question est un fleuret que les duellistes, souvent droitier, lâchaient sous l'assaut vers la gauche, avant d'être transpercés.

     

     

     

     

     

    Et tandis que notre époque tue à qui mieux mieux, (même dans certains hôpitaux, bébés et vieux), et que la mort fait des ravages dans beaucoup de pays aujourd'hui, nous avons éradiqué le mot « mort » lui préférant « décès », ou l'expression ci-dessus.

     

    Je me souviens, lorsque j'ai annoncé la mort de mon mari à quelqu'un, il m'a été répondu assez sottement : « pourquoi employer mort, ce mot est dur, décédé c'est plus doux » cependant comme dirait Raymond Devos : le mot comme ci, ou le mot comme çà, ne change en rien. » Il était bel et bien « mort  !

     

    Liviaaugustae

     


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    Une librairie comme je les aime...

     

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    Quelques belles perles entendues en librairies et relevées par Jean-Loup Chifflet :

     

     

     

    • La Cousine bête (Bette), d'honoré de Balzac

    • Le Grand Môme (Meaulne) d'Alain Fournier

    • Le Zoo de Hurlevent (Les Hauts de Hurlevent)d'Emily Brontë

    • Le Procès de Kafka, de qui est-ce ?

    • L'Immigré (L'Etranger) d'Albert Camus

    • Les Fourberies d'escarpins (de Scapin) de Molière

    • Les Rougons Macabres (Macquart) de Zola

    • Thérèse Ramequin (Raquin) de Zola

    • Le Che est Homo (Ecce homo) de Frédéric Nietzsche

    • Les oiseaux se cachent pour dormir (mourir) Colleen Mac Cullough

    • Neuf-trois (l'An neuf) de Victor Hugo

    •  Je cherche « J'attends un enfant » mais je ne sais pas de qui . (J'aime beaucoup celle-là!)

     

     

     

    Dans le même esprit, ma belle-mère qui changeait systématiquement les titres des films ou les noms des acteurs nous a fait beaucoup rire autrefois avec ses perles.

     

    • Par exemple connaissez-vous : Omer Pacha ? C'est le nom dont elle avait affublé Omar Sharif.

     

    • « L'horloger de Saint Paul », titre du film de Tavernier, était devenu « Le boulanger de Saint Pierre ».

    • Quand elle parlait de la « Grande poupée », il fallait entendre « Grandeur Nature », film franco- italo-espagnol de Luis Garcia Berlanga sorti en 1974.

    • Les « Galettes de Pont-Aven », quand à elles étaient devenues « les Galettes de Saint Michel », délicieuses petites galettes bretonnes par ailleurs, qui existent réellement et qu'elle achetait souvent.

     

    Mais la liste serait trop longue à énumérer et je crains de vous lasser.

     

    Liviaaugustae

     


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