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    Avez-vous remarqué comment aujourd'hui, tout le monde tacle... dès qu'il y a divergences de point de vue, sur le comment et le pourquoi des choses, dès que l'on ne rentre pas dans le rang, on se fait « tacler » sévèrement, ce tic de langage nous arrive de l'anglais, il est resté longtemps dans les stades où l'on jouait au football, et puis « les politiquement-corrects » s'en sont emparés, pour disqualifier ceux qui ne leur plaisent pas tout simplement parce qu'ils ne pensent pas comme eux.

     

    Livia

     

     

     

    Goût des mots...

    Ballon de foot...

     

    (image internet)

     

     

     

     

     

    Tacle : nom masculin, vient de l'anglais « to tackle » qui veut dire empoigner

     

    Au football, action de bloquer, avec le pied, l'action de l'adversaire et, plus spécialement, glissade (tacle glissé), un ou deux pieds en avant, destinée à le déposséder du ballon.

     

    Aujourd'hui, au figuré : Prise de contrôle subite aux dépens de quelqu'un

     

    Dictionnaire Larousse

     

    Si demain quelqu'un vous tacle, vous saurez que c'est comme si on vous flanquait un coup de pied quelque part !

     

     


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    â – ê – î – ô – û

     

     

    Les mots circonflexes...

     

    De jolis toits en accent circonflexe...

     

    (image internet)

     

     

     

     

     

    Au XVIe siècle, quand on souhaitait que le C se prononce S on plaçait au-dessus du C un petit S. Plus tard on le mit en dessous. C'est l'origine de la cédille.

     

    Il en est de même pour l'accent circonflexe.

     

    D'où vient cette habitude de mettre un chapeau en forme de toit sur une voyelle ?

     

    Passe encore qu'existent l'accent aigu et l'accent grave qui en changent la sonorité, mais l'accent circonflexe semble bien inutile : du se prononce de la même façon que . En fait ce petit chapeau remplace une lettre supprimée : ainsi, roole est devenu rôle, avant nous montions des costes et maintenant des côtes.

     

    Ce sont des typographes qui en 1680 ont imaginé cet accent pour économiser une lettre, son rôle étant d'indiquer, entre autres, la présence d'une voyelle longue.

     

    Jean-Loup Chifflet

     

     

     


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    Bras droit de Colbert, il est chargé de la politique artistique et littéraire de Louis XIV en 1663 en tant que secrétaire de séance de la Petite Académie, puis en 1672 en tant que contrôleur général de la Surintendance des bâtiments du roi. Dès lors, Perrault use de la faveur du ministre au profit des lettres, des sciences et des arts. Il n'est pas étranger au projet d’après lequel des pensions sont distribuées aux écrivains et aux savants de France et d’Europe.

     

    Perrault contribue également à la fondation de l'Académie des sciences et à la reconstitution de l'Académie de peinture. Il fait partie, dès l’origine, de la commission des devises et inscriptions qui devint l'Académie des inscriptions et belles-lettres, mais à la mort de Colbert en 1683, il perd sa charge de contrôleur général et est exclu de cette Académie. Entré à l'Académie française en 1671, il y donne l’idée des jetons de présence, de rendre publiques les séances de réception et de faire les élections « par scrutin et par billets, afin que chacun soit dans une pleine liberté de nommer qui il lui plairait. » C’est lui encore qui rédige la préface du Dictionnaire de l'Académie en 1694. (Les académiciens y travaillent encore aujourd'hui)

     

    La postérité a préféré ne garder que ce que Perrault appelait le « conte tout sec », c’est-à-dire le conte de fée, en oubliant les moralités. Or, les moralités de Perrault sont tout aussi essentielles à ses contes que ne le sont les moralités des Fables de La Fontaine.

     

     

     

    Charles Perrault cet inconnu...

    Charles Perrault

     

    (Portrait par Philippe Lallemand en 1671 dans sa bibliothèque entouré des symboles des Arts et de la Musique)

     

     

     

     

     

    Perrault amoureux de sa femme.

     

    La gloire nous ravi par sa beauté suprême,

     

    L'or nous rend tout puissant et nous charme de même ;

     

    Mais malgré tout l'éclat dont il frappe nos yeux,

     

    Des biens le plus solide et le plus précieux

     

    Est de voir pour jamais unir sa destiné

     

    Avec une moitié sage, douce et bien née,

     

    Qui couronne sa dot d'une chaste pudeur,

     

    D'une vertu sincère et d'une tendre ardeur. (…)

     

    Il n'est rien ici-bas de plus digne d'envie,

     

    Qui mêle tant d'or au tissus d'une vie.

     

    Les malheurs les plus grands n'ont rien d'âpres, d'affreux,

     

    Quand deux cœurs bien unis les partagent entre eux,

     

    Et le moindre bonheur que le ciel leur envoie,

     

    Les inondent à l'envie d'un océan de joie. […)

     

    Charles Perrault

     

    (L'apologie des femmes 1694)

     

     


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    Le goût des mots...

     

    (image internet)



    Ce sont de vieux mots français, qui ne sont plus usités de nos jours, des mots tombés en désuétude et restés au fond des dictionnaires.

    J'en ai retenus quelques uns, nous allons les découvrir ensemble avec « sémillance » (vivacité de l'esprit), pour notre plaisir.



    Commençons par ces deux jurons d'autrefois que je trouve charmants : « Tudieu » : Ancien juron familier aux XVIe et XVIIe siècles, et aussi « Saperlotte ou saperlipopette » : Jurons familiers et vieillis. Ces jurons ne sont-ils pas plus jolis et plus amusants que ceux que l'on entend de nos jours et qui sont plus ou moins grossiers ?



    Quand à « Pardieu » : Il renforce l'affirmation.



    Aujourd'hui, malheureusement, il n'y a plus de « Gandin » ni de « dandy » : Jeune homme qui a un soin excessif de son élégance. Ce serait plutôt jean déchiré, pans de chemise dépassants, pull en accordéon, barbe et cheveux plus ou moins propre et tennis défraîchies, (même pour se rendre à un mariage)...c'est un bien triste spectacle !



    Que diriez-vous d'aller « croustiller » ? : Manger légèrement, grignoter...



    Mais il ne faut pas « avoir la tête à l'évent » : être très étourdi. Cela peut parfois être grave.



    Ne vous laisser jamais refiler une « Happelourde » : fausse pierre qui a l'apparence et l'éclat d'une pierre précieuse. Aujourd'hui on dit « toc », mais avouons-le , c'est moins rigolo que « l'happelourde ».



      « Emberlucoter : c'est séduire par la ruse . . . çà c'est à la portée de tout le monde et beaucoup de personnes se font « emberlucoter » !



    Nous sommes tous aussi plus ou moins « ébaubis » : grandement étonnés, stupéfaits. Nous le sommes souvent quand il s'agit des discours politiques qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes !



    Etes-vous « Éplapourdi », il veut dire à peu près la même chose que le précédent : étonné, et stupéfier. Sans doute toujours pour les mêmes raisons !



    Quand au « Croque-lardon », je pensait qu'il s'agissait d'un ogre dévorant les enfants et bien non ! : C'est tout simplement un pique-assiette, une personne qui cherche des invitations à dîner ou qui remplit ses poches de petits fours dans tous les cocktails mondains.



    La « Remembrance » : il s'agit ici de souvenir !



    « S’acagnarder » : ne signifie pas se tirer dessus à coup de fusil comme je le supposais : mais paresser, mener une vie fainéante.



    Avec le « Margouillis » : nous y sommes tous passés et nous y repasserons peut-être un jour ou l'autre, car cela veut dire : Être dans la m****



    Mais on va préférer (s')ébaudir : il vaut mieux (s')amuser, (se) réjouir ; de l'ancien français bald, baud (origine francique bald = hardi > anglais bold) = joyeux, fier, plein d'ardeur. D'où aussi baudet, qui est un dérivé plaisant et ironique de bald, baud ; utilisé comme nom propre par Rabelais. L'emploi de Baudouin au XIIIème et au XVIème encore pour désigner l'âne a pu favoriser la formation de baudet. J'avoue que j'aime beaucoup m'ébaudir !



    On va aimer aussi celui-ci (se) gaudir : se moquer ; de gaudere (= se réjouir) ; des gaudisseries sont des mots plaisants, émis par un gaudisseur ou une gaudisseuse. D'où aussi la gaudriole, croisement de gaudir et cabriole. Par contre il vaut mieux éviter la gaudriole, qui parfois peu être lourde et pesante !

     

     

    Et puis on peut aussi jober certaines personnes qui parfois le méritent bien : railler, moquer. Du nom de Job, qui fut raillé par sa femme (personnage biblique qui perd sa fortune et finit sur son fumier). D'où jobard = naïf, qui donne barjo en verlan. Mais jobard est peut-être aussi une altération de gobard, celui qui «gobe tout».

     

     

    On a aussi très souvent envie d'accagner certaines personnes qui nous gonflent sévèrement : de ad = contre + canis = chien ; poursuivre quelqu'un en l'injuriant, aboyer après lui comme font les chiens. Une cagne est un mauvais chien ; cagnard (nom ou adjectif) = qui a la fainéantise du chien couché ; cagnarder = faire le nonchalant, le paresseux ; acagnarder = rendre mou, lâche.

     

    Et voilà nous avons fait le tour des ces quelques mots oubliés, ces mots que je trouve charmants et que je vais essayer d'utiliser, mais il va falloir en expliquer le sens, car l'autre jour chez mon kiné, j'ai dit être « marrie » d'avoir cassé mon épaule, à ma grande surprise, deux personnes m'ont demandé ce que cela voulais dire !

    J'en ai été un peu «éplapourdie, et ébaubie » je dois l'avouer ! Mais je n'ai pas oser me « gaudir ni « jober » ces deux personnes, elles n'auraient pas été contentes et je les retrouve deux fois par semaine dans la piscine... donc pas de vagues !

    Livia


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    Je viens de terminer « L'île des oubliés » un bouquin prêté par ma belle-fille lors de mon petit séjour chez eux début juin.

     

    L'auteur fait vivre ses personnages dans un cadre historique : l'île de spinalonga c'est elle « l'île des oubliés », qui durant des décennies, fut l'île de la honte, de la maladie et de la mort.

     

    Un livre rempli de passions ce qui le rend passionnant, je l'ai littéralement dévoré.

     

     

    L'île des oubliés...

    Résumé :

     

    L’été s’achève à Plaka, un village sur la côte nord de la Crète. Alexis, une jeune Anglaise diplômée d’archéologie, a choisi de s’y rendre parce que c’est là que sa mère est née et a vécu jusqu’à ses dix-huit ans. Une terrible découverte attend Alexis qui ignore tout de l’histoire de sa famille : de 1903 à 1957, Spinalonga, l’île qui fait face à Plaka et ressemble tant à un animal alangui allongé sur le dos, était une colonie de lépreux... et son arrière-grand-mère y aurait péri. Quels mystères effrayants recèle cette île que surplombent les ruines d’une forteresse vénitienne ? Pourquoi, Sophia, la mère d'Alexis, a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets...

     

     

     

     

     

    J'ai découvert dans ce livre, l'île de Spinalonga qui a abrité une colonie de lépreux venus de toute la Grèce. Ne connaissant pas cette île, j'ai fait des recherches sur internet, pour voir à quoi elle ressemblait.

     

    La voilà ci-dessous, on aperçoit les maisons dans lesquelles logeaient ces pauvres malades.

     

     

     

    L'île des oubliés...

    L'île de Spinalonga

     

    (Crète)

     

     

     

    L'île des oubliés...

    Après avoir débarquer sur le quai, il fallait traverser ce tunnel pour atteindre le village.

     

    Il paraît que l'hiver c'était terrible le vent s'y engouffrait et glaçait ceux qui s'y trouvaient engagés

     

     

     

    Spinalonga a servi de lieu d'enfermement des lépreux de 1904 à 1957. Auparavant, ceux-ci vivaient dans des meskiniès ou leprochoria, des quartiers misérables, en dehors des villes crétoises. Le 9 juillet 1901, le parlement crétois adopte la loi 375 qui prévoit l'arrestation de tous les lépreux de Crète et leur déportation vers Spinalonga. L'île était alors encore habitée par près de 1 200 habitants turco-crétois, qui sont forcés de quitter les lieux. « Aux avantages pécuniaires d’un lieu qui ne nécessitait aucun aménagement – les lépreux occuperaient les habitations des anciens propriétaires –, s’ajoute un choix politique. Même si le fort ne présente plus aucun intérêt militaire, le gouvernement crétois ne voit pas d’un bon œil cette concentration ottomane dans Spinalonga. Jouant sur le sentiment nationaliste, il va, par sa décision, réussir une double opération : expulser ces intrus pour le plus grand profit de la population régionale et loger à bon compte les lépreux des meskiniès »

     

    L'enfermement des lépreux est vu essentiellement comme une mesure sanitaire pour protéger les gens sains. Il n'y a en effet aucun traitement disponible au début du XXe siècle et le mode de transmission est encore inconnu. La maladie était considérée à tort comme très contagieuse et les lépreux comme des victimes d'une malédiction, qu'il fallait cacher. Pendant plus de cinquante ans, il y a eu à Spinalonga de 300 à 500 personnes enfermées, privées de citoyenneté et rayées des registres de naissance. Parmi les lépreux, vivaient également des épouses non-atteintes, qui avaient suivi leur mari, une trentaine d'enfants nés de ces unions, dont la plupart n'ont pas été atteint par la lèpre. Lors de l'évacuation de l'île dans les années cinquante, il s'est avéré que plusieurs prétendus lépreux, n'étaient pas atteints de la lèpre, mais notamment de maladies de peau.

     

    L'île a servi de lieu d'enfermement des lépreux, mais on ne peut parler de léproserie, car ils ne bénéficiaient d'aucun soin digne de ce nom. La situation sanitaire y était dramatique. Dans un courrier adressé au ministère de la Santé en 1926, le nomarque (maire) de l'époque, K. Anagnostakis décrit les taudis et la misère dans lesquels vivent quelque 250 individus. « Les citernes sont extrêmement sales et non seulement impropres à fournir un liquide potable, mais même l'eau nécessaire à la lessive des vêtements »

     

    Contre cet abandon, les habitants de Spinalonga s'organisent. Ils recréent une vie de village, avec école, épicerie, boulangerie, cafés, barbier, etc. Ils exigent de l'administration des aménagements sanitaires et des soins médicaux. Mais ils reçoivent davantage de l'aide de fondations privées que de l'administration grecque. [...]

     



     

    Aujourd'hui ce sont les touristes qui vont la visiter. Curiosité maladive ? Ou alors vont-ils là pour se faire peur ?

     

    Si un jour je vais en Crète, je n'irai pas visiter cette île qui a connue trop de souffrance !

     

     

     

     

     

     


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